@Jean Keim
si vous voulez faire de la philosophie, ce que vous semblez vouloir faire, il vous faut absolument être plus précis et nuancé à la fois. Sinon, ce que vous dites peut être interprété de 1000 manières différentes.
Essayons ensemble (je prétends pas être meilleur que vous dans ce domaine).
Voici ce que ça donne :
p. ex. quand dans un texte vous rencontrez un mot nouveau, vous n’êtes
pas confronté à l’inconnu – vous avez des repères – mais à du connu
ignoré pas encore dans vos savoirs.
C’est un exemple de ce que vous affirmez avant, MAIS, il y a des contre-exemples aussi.
Quand on rencontre un mot nouveau, il est forcément "connus par d’autres". C’est exact.
Quand les explorateurs découvrent l’amérique, ils savent déjà ce qu’est une rivière, un arbre, etc... même s’ils découvrent de nouvelles espèces animales ou végétales, ils peuvent se raccrocher à ce qu’ils connaissent déjà.
MAIS, revenons à votre phrase initiale que vous avez voulu exemplifier.
la pensée ne peut se manifester que dans du connu et quand elle aborde
un nouveau savoir elle le reconnaît comme du nouveau connu
Ben la, il faut préciser, améliorer.
Alors 1/ la pensée ne se "manifeste" pas, pas au sens qu’on donne au mot manifester du moins. Elle s’exprime, ou s’articule avec du "connu". C’est exact. Mais non, on ne peut pas en déduire qu’elle aborde du "nouveau savoir" comme étant du "nouveau connu", en tout cas, pas tout le temps.
Il y a du nouveau qui est nouveau et reconnu comme tel, même s’il est exprimé dans des termes anciens.
Le premier gus qui a conceptualisé l’opération de multiplication a eu une idée nouvelle, qu’il n’avait jamais eu, ni lui ni personne avant. C’est une combinaison de plusieurs concepts : "j’additionne de manière répétée". Disons pour simplifier "multiplication = addition répété", c’est donc 2 concepts combinés en un.
La multiplication, pour le premier gus qui a eu l’idée (sûrement un blanc vu que les blancs sont à l’origine de 97% des inventions en philo-science) est donc "nouveau" même s’il le ratache à du "déjà connu".
Vous semblez ne pas piger cette articulation, je me trompe ? c’est pas parce que c’est à base de "déjà connu" que ce n’est pas nouveau.
L’eau ... c’est à base d’hydrogène et d’oxygène. Vous voyez bien que les propriétés de l’eau sont très différentes de celles de l’hydrogène et de l’oxygène, non ? c’est vraiment nouveau, même si c’est à base de déjà connu.
Ce n’est pas spécifique aux pensées humaines. La vie est à base de "déjà connu", mais c’est quand même "nouveau" (c’est pas inerte). Vous pigez le truc non ?
Donc NON, la pensée ne reconnait pas le "nouveau savoir" comme du "nouveau connu", elle reconnait juste que le nouveau est basé sur du connu.
Quand on parle de l’inconnu, il n’y a pas de repère, pas de balise, et
si qq’un en revient, il ne peut le traduire qu’en faisant appel à des
termes connus exprimés par sa pensée.
Oui, c’est un passage obligé en effet. On fait ça depuis la nuit des temps. Songez par exemple au mot "subjectif". Vous connaissez ce mot je suppose. Mais connaissez vous son etymologie ? c’est "jetter, sous" "jactare" "sub". Ca se rapport donc a l’action de jetter, et à l’endroit "dessous".
Le mot subjectif fût nouveau à une époque. Et comme tous les mots, il a été composé à base de mots déja connus à l’époque.
Les philosophes composent sans arrêt de nouveaux mots pour exprimer des idées "réellement" nouvelles. Le dasein de Heidegger, le noumène de Kant, etc...
Si on remonte à la racine, tous les mots ont étés inventés ainsi, sur la base d’autres mots, et les mots premiers, comme le mot "rouge", font référence à des percep/actions. En tout cas, je pense, faudrait demander à un linguiste pour être sûr que je ne dis pas de la merde.