@yoananda2
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Mais oui,
vous avez mis le doigt dessus :
Heureux ceux
qui croient sans voir.
C’est une
sentence absurde, qui n’a pas de sens. Au mieux, si elle en a un, elle veut
dire : "Soyez cons, croyez en ce qu’on vous dit". Aaaaaaaaaaaaahaha ! Je me tiens le
ventre. C’est comme cela qu’on fabrique de la chaire à zombies : "Mes chers
zombies, soyez cons, je tire grâce à vous grande efficacité matérielle".
En plus
c’est en réponse à Saint Thomas, qui ne croit qu’en ce qu’il voit. Il devrait
justement être le saint patron des scientifiques. Mais Jésus rejette sa
démarche : "Heureux les cons".
En les plus dociles à croire sont les plus hargneux à défendre ce
qu’ils croient puisqu’ils ne peuvent rien vérifier par eux-mêmes : c’est
du double couches.
C’est pour
ça que la caverne platonicienne est une métaphore mal faite, piégeante que je
rejette : "Ne croyez pas vos sens, ils vous trompent". Au contraire, seuls
nos sens nous permettent de transcrire le réel, de faire expérience de la vérité. Ce sont nos
sens qui permettent de comprendre, ce sont nos outils irremplaçables, c’est ce qu’il faut apprendre en premier, sinon, il n’y a pas d’édifice de la
connaissance qui vaille. Ensuite, mais seulement ensuite, on peut utiliser des
instruments physiques ou conceptuels pour étendre la limite de nos sens. Sinon,
si on est instrumentés sans comprendre, alors c’est bon : on peut
phagocyter notre cerveau, on est zombifié, on croit tout ce qui nous
impressionne le plus. Il faut apprendre Saint Thomas absolument, la caverne est juste une option, quelqu’un de
sagace pour croire en ce qu’il voit saura de lui-même utiliser les instruments
pour encore mieux voir.
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Il confond science et scientisme.
Là, je dirais que c’est le versant matérialiste
de ce que sont les théocrates.
Je vais dire une tautologie :on ne peut pas
comprendre, mais réellement, soi-même les choses, avoir expérimenté et faire
confiance à ses expériences, si l’on n’admet pas qu’il y a des choses qu’on ne
comprend pas. Apprendre, c’est admette qu’on ne sait pas, sinon, on n’apprend
rien, on remplit pour ânonner, c’est tout. Et avec l’expérience de nos
expériences, on sait que ce qu’on comprend n’est pas absolu, un aspect du réel,
pas faux, mais pas complet, mais que c’est le mieux qu’on tient. Or le
théocrate, comme le scientiste matérialiste, s’il pense aussi qu’il ne comprend
pas tout, il croit que tout est déjà expliqué, les uns par la religion, les
autres par la science. Et que ces explications sont des absolus. C’est le piège
qui guette le scientiste : les sens ne mesurent plus rien : la fausse
lumière de celui qui se croit sorti de la caverne platonicienne, alors qu’il
est devenu aveugle, sourd et ne sent rien, n’a pas appris Saint Thomas.
Tout le monde a déjà fait l’expérience d’une incertitude
sur un sujet devant quelqu’un qui affiche une certitude idiote, d’instruit
aveugle. L’incertain ne peut démonter le certain car il n’a pas d’autre
certitude à lui mettre à sa place. Et les idiots certains, théocrates ou scientistes,
c’est grégaire et ça recouvre facilement les incertitudes, au concert de
bouches folles, au compacteur.