@yoananda2
Systémique.
Durant les années 80, je n’arrivais pas à lire ce qui se passait. J’ai compris la fracture naissante entre mondialisme et localisme (nationalisme, au sens westphalien), durant les années 90.
L’inversion du rapport entre l’homme et la machine (technologie...), je ne sais même plus quand je l’ai compris ça.
Il y a des continuum qui nous dépassent, anthropologiques. Et il y a les ruptures.
Prenons le climat. Le principe est l’homéostasie (les sociétés humaines aussi). Il y a oscillation permanente entre équilibre et mouvement. Il y a stress, alors décompensation, souvent catastrophique, pas toujours, redistributif vers un autre rééquilibrage d’ensemble. Et le résultat est inattendu. On pensait que ça allait vers... Ben non, c’est l’inverse. C’est pour cela que la prévision climatique est si difficile, car c’est tellement complexe. Après coup, on peut expliquer, trouver la logique, c’est évident, bon sang mais c’est bien sûr. Mais on ne peut pas prévoir.
On vit une époque de stress montant, donc devant des inattendus, imprévisibles.
Le referendum de 2005 est un moment fort, qui a divisé les partis politiques. Peut-être avez vous cette expérience de divisions en famille, avec les amis, qui nous surprenaient : c’était inattendu. Ça n’a pas pris, on le sait, mais cela a actualisé les enjeux, déplacé la ligne gauche/droite vers celle local/mondial (en tout cas, ça l’a ajoutée).
C’est en ce sens que je parle des discours de Poutine sur la fracture entre tradition et modernité (wokisme, maintenant), qui marche très fort, qui contrarie le continuum du progrès et de la mondialisation. C’est un inattendu qui arrive aussi qui peut redistribuer les discours, redéplacer des modes de pensées sur d’autres antagonismes. Après coup, oui, bah, le débat tradition et modernité, c’est vieux comme le monde.
Donc bon, vous me parlez des continuum, je vous parle des ruptures. Après ,on verra.
La normalité des uns est la dystopie ou le passé barbare des autres.
Cépafo, je n’avais pas pensé comme ça. J’y réfléchirai.
Pour ma part, j’ai développé une lunette qui regarde les gains immédiats et les coûts induits qui présentent la facture à plus long terme. Et je ne prends pas un progrès comme un absolu, mais comme une balance : on y gagne ceci, et on perd cela, au choix.
Exemple facile : la révolution industrielle : l’éclairage nocturne, l’eau chez soi, le cinoche, le déplacement mécanique, le téléphone... L’époque était fabuleuse au début du siècle dernier avec un âge d’or devant et des temps heureux pour tous. Ma vieille grand mère m’en parlait beaucoup quand j’étais petit et le charleston résumait pour elle toute cette époque.
Puis une guerre étrange avec des bombes partout, ah oui... La vie dans des cases urbaines, le consumérisme, les pollutions...
Je vais ajouter ce que vous dites, pour voir ce que ce ça donne. Mais le projet mondialiste de contrôle numérique ne me semble pas soulever le même enthousiasme général que ma grand mère a connu avec les premiers effets que la révolution industrielle.