@JPAGO
Déjà, c’est à la fin de la guerre que l’on sait qui a gagné.
Pour l’instant, elle n’est pas finie, elle peut aussi s’étendre
territorialement, ou avec d’autres vecteurs (nucléaire, bactériologique…).
Ensuite, quand des militaires interviennent, avec du métal,
des morts et destructions : cela s’appelle une guerre. « Opération
Spéciale » est un élément de langage du Kremlin, le reprendre c’est dire
son parti pris, pas essayer une analyse la plus neutre possible.
Poutine espérait une
guerre courte. D’une part, il voulait rattacher le Donbass, après les
référendums de 2014 (qu’il avait alors refusés à l’époque car il avait d’autres
calculs), ce qui n’a surpris personne. D’autre part, il avait commencé le siège
de Kiev pour provoquer un changement régime, à la surprise de tout le monde,
moi dedans. Il n’a réussi ni l’un, ni l’autre. Deux ans après, il n’a conquis
qu’une partie du Donbass. Le peuple Ukrainien ne s’est pas soulevé contre le
régime de Kiev, il a au contraire renforcé son nationalisme contre l’occupant Russe.
C’est même étonnant de la part de Poutine, qui nous a
habitué à être bien plus stratège et tacticien que ça. Il espérait par exemple
prendre le ciel Ukrainien, sans savoir (?) que tout le pays était déjà sous
observation des satellites Starlink, pour le Pentagone, l’OTAN et rapidement
pour Zelensky. Peut-être a-t-il paniqué, avec ses raisons, et improvisé. Il
était en tout cas mal renseigné de la situation en Ukraine pour son offensive.
En plus des pertes habituelles d’une guerre, il a perdu la Mer Baltique,
tombée dans l’escarcelle otanique (qu’il voulait justement repousser), et ses
gazoducs Nord Stream. A défaut de négociations, refusées par le monde
atlantiste, ses conquêtes des oblasts du Sud de l’Ukraine ne sont que du pis-aller
(là-dessus, Conférençovore et moi, nous sommes en désaccord).
Maintenant, la guerre dure, même évolue, d’autres facteurs
agissent. L’économie Russe ne s’est pas effondrée. En plus de l’économie de
guerre, elle a au contraire renforcé ses capacités résilientes de production.
Voir ici par exemple : https://www.iris-france.org/156539-la-russie-nouvel-eldorado-du-bio/ Autre exemple : Renault a abandonné ses
usines en Russie, juste pour un rouble, alors que c’était le deuxième marché
mondial de la marque qui pesait 28% du chiffre d’affaires. Associé avec la
Chine, les anciennes chaînes de production Françaises sont maintenant celles
qui fournissent le plus de voitures aux Russes. Et ce sont au contraire les
économies des pays de l’UE qui s’effondrent, au profit des Etats-Unis.
La guerre a tracé une nouvelle ligne géopolitique, qui a basculé
la ligne Est-Ouest creusée depuis Yalta en nouvel échiquier mondial entre pays
occidentaux (+ Japon, + Australie + N.Z.) et ce qu’on appelle maintenant le
Grand Sud, largement favorable à la Russie.
D’autres rebondissements et développements à cette guerre
sont possibles. Le nationalisme montant des pays d’Afrique l’Ouest contre
Macron et ses sbires qui se servent des djihadistes est un effet collatéral. Le
soutient sans faille de Washington à Israël pour bombarder Gaza et s’y
installer est un moyen de reprendre la main ailleurs sur la scène
internationale, pouvant fragiliser les nouveaux partenariats du BRICS (entre
les Emirats Arabes Unis et l’Iran en première évidence).