@Gollum
Je ne connais pas Ke Wen, mais sachant les mots ne désignent pas forcément des mêmes choses selon les langues, il faudrait voir comment elle s’est débrouillée dans la mesure où le Français d’aujourd’hui utilise les mots "âme" et "esprit" de façon indifférenciée, avec une préférence pour ce dernier. (Les chrétiens pratiquants les distinguent, mais selon leur théologie).
Or Catherine Despeux prend bien le temps d’examiner ce que disent les mots (signifiant/signifié de Saussure, si vous connaissez) en laissant les zones de flou du fait que les productions occidentale/taoïste de pensées ne sont pas de mêmes fondamentaux. Dans son texte :
On trouve sans peine à corps/âme/esprit les équivalents de xing pour le corps, shen pour l’âme, et xing pour coeur/esprit.
Sachant que l’âme est dans le coeur en taoïsme (penser au vieux "sonder les coeurs et les reins) et encore que cette âme est une conjonction avec différentes expressions du corps, y compris l’aspect végétatif (qui a un équivalent en grec ancien, d’ailleurs, j’ai oublié le mot).
Et on mélange aujourd’hui le Grec et le Latin. Esprit vient de respirer, latin, une énergie externe dont on a besoin pour vivre. Et anima est plutôt l’énergie interne, à rapprocher du métabolisme. Chez les Grecs c’est le pneuma pour l’énergie (de façon générale ?) et le psyché pour l’âme, qu’on a réduit aujourd’hui en psychisme et psychologie.
Dans le neidan, ou l’alchimie interne taoïste, le san bao décompose ainsi : jing = essence vitale, qi = respiration subtile, shen = esprit (l’âme selon Despeux). Donc c’est le qi de l’énergie générale pris pour respirer.
Bref, pas encore de certitude non plus de mon côté.
Je n’ai jamais rien compris à la sainte trinité. Sans doute que la trichonomie était une évidence partagée dans les mondes pré-chrétiens du M.O. et de la Grèce. Moi je vois dans le mot [ex-prit] et d’après son étymologie, le souffle du vent, l’air pour respirer et par extension la totalité des forces et phénomènes à comprendre de la nature comme je l’expliquais à yoananda au dessus. Une notion très large, donc, l’en dehors.
Peut-être que le christianisme a récupéré cette notion pour en faire une essence divine générale, le Saint Esprit, et l’Ether en passant, pour le punaiser dans la Sainte Trinité.
A remarquer aussi que la Trimurti est un 3 qui dit autre chose, le cycle, naissance/vie/mort, alors que les trilogies qu’on vient d’examiner considèrent plutôt les 3 états, ou éléments nécessaires de fonctionnement simultané.