@yoananda2
Quand vous parlez sécularisation de l’Islam, c’est complètement spéculatif, vous en parlez même à l’échelle de plusieurs générations. Toutes sortes de choses peuvent se passer entretemps, qu’on ne peut pas prévoir. En cours, c’est la montée des tensions qui continue de s’accumuler annonçant des horreurs qui vont nous dépasser.
La sécularisation avait déjà commencé avec l’effondrement de l’empire ottoman, et même avant, voir le mouvement des Jeunes Turcs. Le mouvement nationaliste était émancipateur, y compris de la religion qui n’était plus la colle nécessaire à la vie en communauté. Le droit de vote des femmes a été obtenu en Afghanistan en 1919, bien avant la France.
Mais cela n’a pas tenu. A cause notamment de la coercition des anciens pays colonisateurs + les Etats-Unis qui ne lâchaient pas la grappe après la IIème guerre mondiale. Et aussi parce que l’islam est résilient, il a cette force reconstitutive, cette capacité à réempoigner vers le fondamentalisme, le retour au mode de vie à la Mahomet (les moeurs). Le judaïsme est la religion de la loi (mosaïsme), la chrétienté, celle de la foi (messianisme), l’islam, celle de la voie (loi + foi) : il faut vivre comme le prophète, la pratique et la coercition amenant la foi.
Mahomet est un faux prophète : il a créé sa religion par les armes, depuis le Hedjaz jusqu’à la Syrie et l’entrée de Jérusalem au cours de sa vie (en tout cas sa narration religieuse). L’extension de la religion de Jésus s’est faite par le logos, en tout cas les trois premiers siècles, avant Constantin, avec les communautés qui ont avancé dans tout le M.O., la Grèce antique, le Sud de l’Europe, hésitant encore entre mosaïsme et messianisme. Si le coran est un fatras de contradictions il permet justement le libre choix entre les armes et le logos pour son prosélytisme, selon circonstances. Hindou Kouch, veut dire : "massacre Hindou".
Et aujourd’hui, c’est le triangle de Karpman entre ces trois religions sœurs qui agit comme une broyeuse parmi les peuples. J’avais lu un texte d’un prêtre libanais, chrétien d’Orient. Il expliquait comment l’islam a mangé le Liban chrétien, annonçant que la même chose allait se passer en Europe. Ce sont les palestiniens, de fait musulmans, chassés par les juifs d’Israël qui ont causé le déclenchement de la guerre civile au Liban, les chrétiens devant choisir s’il fallait soutenir la lutte contre ce pays voisin ou ne pas être concerné. Et ce sont bien les musulmans qui ont repoussé les agressions israéliennes en 1978, 1982, 2006, on va voir ce que donne celle actuelle. En France, le seul qui dénonce explicitement le danger de l’Islam, c’est Zemmour. Il est juif, parti soutenir Israël dès l’attaque du 7 octobre. Lutter contre l’Islam, c’est soutenir le sionisme (territorial autant qu’apatride), dénoncer l’antisémitisme et les heures sombres, y compris en se ridiculisant (hooligans en Hollande, par exemple). Il ne reste que des mauvais choix, malchoisir.
Il faudrait en effet un nouveau paradigme qui puisse éteindre, ou dépasser les trois monothéismes. Mais il n’existe pas. La laïcité n’est qu’une attitude par défaut, qui n’est pas suffisant. En période de vaches maigres, il faut compter sur ses stocks, garder ce qu’on a. Je sais très bien que les Français, et moi non plus, ne peuvent pas s’imaginer vivre en pays islamique, théocratique, ansar al-islam et toutes les moeurs qui vont avec. Et ils se contentent de nier le danger pour croire pouvoir l’éviter. Avec les moeurs chrétiennes on peut au moins vivre sans bâcher les femmes ni devoir respecter des rituels irrationnels avec le haram/hallal.