@yoananda2
Ce n’est pas parce que c’est moi, que je suis un con, que tu n’aimes pas ma manière de te parler,
Mais...qu’est-ce qui te prend de t’auto-flageller comme ça ??? Laisse-moi donc m’en charger, je serai bien plus efficace 
T’as essayé ou pas ?
1/ de t’adresser à Dieu sans le fatras religieux, directement, comme un grand
2/ de lui demander SANS A PRIORI sur la réponse (en mode steuplé confirme ce que je pense) ce qu’il pensait de la Bible
La réponse est un grand ’oui’ aux deux questions !
Depuis le temps, je pense que tu commences un peu à me connaître : je suis un mec entier (même si c’est sans doute un peu excessif parfois, j’en conviens ;)) et donc sache que c’est pas trop mon truc le "fatras religieux" et que je m’adresse à Dieu avec mon coeur et mes tripes y compris pour me révolter quand je l’estime nécessaire.
Contrairement à Robin et à Ezechiel, moi je ne me "soumets" pas à Dieu (ni à personne d’ailleurs), la foi chrétienne n’est pas une relation de ’maître à esclave’ mais plutôt de ’père à fils’. Et c’est d’ailleurs aussi une différence essentielle avec toi et ton père (même si toi tu es intégralement soumis à ton père, contrairement à moi
) dans la mesure où la foi chrétienne place l’homme non pas comme une créature parmi d’autres mais comme le centre de la création (oui je sais ça te gonfle mais c’est vraiment ce que je pense). Toi par exemple tu te définis comme un antithéiste, quant à moi je me définis comme un ’antidéiste’ dans le sens que je ne divinise pas la nature car c’est pour moi adopter une vision essentialiste intégrale que je rejette de toutes mes forces. Et ça fait effectivement une différence majeure entre nous. Moi je postule que la vie humaine est un savant équilibre entre "l’essence" et "l’existence" et que c’est grâce au christianisme que l’homme s’est progressivement émancipé d’une vision holistique purement essentialiste.
Le christianisme nous a appris qu’il y a effectivement "l’être" mais qu’il y a aussi le "deviens".
Alors partant de ce postulat existentialiste oui tu n’as pas tort : le christianisme est, en quelque sorte, le premier "anarchisme" de l’Histoire. Et même si Jésus répugnait à la violence, il est vrai qu’il nous a effectivement enseigné l’esprit de révolte. Alors pourquoi j’aime autant le bible ? Précisément parce qu’elle nous enseigne ça : l’esprit de révolte ! Qu’il s’agisse de l’AT ou du NT, Dieu privilégie en permanence les esprits révoltés. A commencer par son "peuple élu", ce "peuple à la nuque raide" considéré comme le plus dur et le plus rebelle d’entre tous et c’est pourtant avec celui-ci qu’il décide de faire alliance. Il choisit Jacob (Israël) qui a lutté contre lui et avec lequel il a fait précisément alliance. Il choisit Jonas pour aller prêcher à Ninive alors que ce dernier ne fait que lui désobéir. Enfin Jésus s’est révolté contre le pouvoir du Sanhédrin. Et je pourrais multiplier les exemples. Tiens prenons également l’histoire de Job qui m’a tant révolté au début : ce pauvre Job qui en prend plein la gueule en servant de rat de laboratoire suite à un pari entre Dieu et le diable. Cette histoire est digne des expériences de Mengele tant elle paraît révoltante pour tout être "normalement constitué". Et c’est en lisant cette histoire encore et encore que la lumière s’est faite : la seule explication plausible à cet acharnement divin sadique c’est que Dieu n’aime pas les gens "trop obéissants" comme l’était Job. Dieu ne veut pas des "croyants-parfaits" qui adoptent une mentalité d’esclave vis-à-vis de lui, il veut des gens authentiques qui s’assument tels qu’ils sont et qui s’adressent à lui avec leur coeur. Quitte même à le défier ! Comme a fait Job lorsqu’il était à bout. Et c’est seulement à partir de là qu’il a été guéri et qu’il a pu entamer une vraie relation avec Dieu.
Enfin dernière chose : contrairement à Robin qui pense que la Genèse explique que c’est la "chute d’Adam et Eve" qui a mis fin au libre arbitre humain, moi je prétends que ce récit explique exactement l’inverse : c’est en se révoltant contre Dieu que l’homme a acquis son libre arbitre en faisant ses propres choix et notamment celui de la désobéissance.