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Commentaire de Étirév

sur Le dessous des cartes de la Révolution française


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Étirév 5 mars 12:50

De la Révolution lumineuse et spirituelle à la révolution ténébreuse et marchande
C’est, de tout temps, l’esprit de la femme qui a guidé le monde. Quand la femme pense et agit, le monde marche ; quand elle tombe dans l’apathie intellectuelle, quand elle se laisse réduire en esclavage et abdique son pouvoir, le monde tombe dans l’obscurité.
Tous les grands mouvements de l’esprit sont dus à l’initiative féminine. La femme donne l’impulsion, l’homme la suit.
Le grand mouvement philosophique qui au XVIIIème siècle a remis tous les problèmes de la Nature en discussion a été, tout entier, fait par des femmes.
C’est ce grand réveil de la pensée féminine, se dégageant subitement des entraves du Christianisme, qui prépare la Révolution. Mais cette première révolte de l’esprit de la femme en face des erreurs du vieux monde n’est pas bien comprise par l’homme, elle est défigurée, mal interprétée, mal rendue, elle est traduite en idées masculines.
La femme esclave demandait son affranchissement : l’homme traduit ce cri de révolte par la demande des « Droits de l’Homme ». La femme veut l’affranchissement des entraves mises à la liberté des FONCTIONS de son sexe : l’homme traduit cette aspiration par un nouveau déchaînement dans ses vices à lui et ne continue pas moins à opprimer la femme dans sa sexualité ; ce déchaînement de l’homme amène même une recrudescence de jalousie sexuelle.
Tout ce que la femme demande pour elle, l’homme, dans la traduction qu’il fait des idées de la femme, le demande pour lui.
C’est ainsi que la Révolution préparée par la femme pour être l’avènement de la justice ne fut que l’avènement d’un système bâtard qui vint détruire l’ancien régime, mais ne le remplaça pas par ce que la femme avait rêvé.
Pour avoir refusé la révolution de « Dieu », les institutions traditionnelles sont balayées, en quelques heures, par celle des hommes.
« On sait avec quel acharnement, dès après 1789, la République s’empressa de détruire toutes traces de cet ancien régime si abhorré des « Beaux Esprits ». Aussi, l’un de ses premiers soins, fut-il d’abolir l’existense de nos vieilles provinces, entités vivantes, pour leur substituer une création toute artificielle... jusqu’à ce que ce siècle, dit « des Lumières », mais qui fut bien en réalité le début de ces temps de la Ténèbre où nous baignons entièrement aujourd’hui, ait fait disparaître toutes ces notions traditionnelles. En cela d’ailleurs, on peut mesurer, pondérablement nous semble-t-il, la dégradation constante et irréversible qui ne cesse de se manifester dans l’âme d’une société, eu égard à l’« Esprit » qui présida, dès l’origine, à sa manifestation sur le plan visible. » (G. Béatrice & S. Batfroi, Terre du Dauphin et Grand Œuvre Solaire)
Rappelons également qu’à la suite de la Révolution, l’abbaye de Cluny, devenue « bien national », sera vendue et démontée au profit de marchands de biens. il ne subsiste aujourd’hui que 10 % de l’église abbatiale Cluny III. L’abbaye de Cluny fut fondée en 909 ou 910 par le duc d’Aquitaine et comte d’Auvergne Guillaume Ier. Cluny était alors le symbole du renouveau monastique en Occident.
NB : La Révolution française est due à la résurrection de la Femme.
C’est son esprit émancipé qui jeta dans le monde les grandes idées de Liberté et de Justice. C’est elle qui fit un retour vers la Nature, inspira à l’homme l’idée d’en étudier les lois et l’aida dans cette étude. C’est elle qui jeta la première le cri de liberté, l’amour de la liberté étant le plus fort de tous ses instincts : pour elle il renferme tout, il signifie : Bonheur, Justice, Progrès, Lumière, Amour. Dès que les Femmes s’aperçurent qu’une issue était possible pour sortir de leur servitude, elles travaillèrent avec ardeur à conquérir ce bienfait immense. Il y eut des héroïnes et des martyrs.
C’est alors que Condorcet, dans son admirable aperçu des Progrès de l’Esprit humain, déclara nettement l’égalité des deux sexes et affirma que de la reconnaissance de cette égalité dépend le perfectionnement social.
Donc, les femmes entraînaient les hommes. Chaque pas que l’on faisait pour sortir de la domination de l’Église était un pas fait vers l’avènement de la Femme.
Les prêtres eux-mêmes élevaient la Femme symbolique parmi eux, et Clément XI, en 1708, fit de la fête de l’Immaculée Conception une fête obligatoire. Saint Alphonse de Liguori, dans son livre Les Gloires de Marie, chanta la Femme et contribua beaucoup à gagner des partisans à la doctrine de l’Immaculée Conception, doctrine qui semble absurde dans la forme d’exception que lui donnent les Catholiques, et qui a cependant un sens profond caché sous le symbole, et s’appliquant à toutes les femmes.
La Nature reprenait ses droits, et saint François de Sales apprenait à Mme de Chantal que par des amourettes même on peut s’élever jusqu’à la vie dévote. Donc ce prêtre, qui condamnait l’amour, y revenait cependant sans savoir pourquoi et en faisait le fond même de la religion. Le besoin d’adorer le Principe féminin est si fort chez l’homme que les révolutionnaires qui voulaient renverser la Religion n’ont trouvé à lui substituer que la Raison représentée par une Femme. Ce fut Melle Maillard qui joua ce rôle, dans lequel on ne sut pas mettre toute la grandeur que cette idée comportait.
Le mouvement féminin du XVIIIème siècle fut représenté sur les trônes, dans les salons, dans la bourgeoisie, dans le peuple.
La Femme s’éveilla partout à la fois.
Depuis la Renaissance, ne voyons-nous pas la grande Elisabeth d’Angleterre, de qui date la prospérité de l’Angleterre ?
- En Espagne, la Reine Isabelle, qui protégea Christophe Colomb.
- En Autriche, Marie-Thérèse, qui savait entraîner les Margraves de Hongrie.
- L’Empire de Russie doit sa civilisation à quatre femmes qui y règnent avec éclat.
La France ne voulut pas de Reine. Elle paya cette impiété par la Révolution qui, elle, ne voulut plus de rois.
Descendant des trônes, le mouvement se propagea dans la haute société, et c’est dans les salons que vont naître les idées d’indépendance et de progrès. Les femmes de cette époque brillent dans les sciences ; à côté des étoiles de première grandeur auxquelles il faut consacrer des pages spéciales, que de satellites oubliés !
C’est la marquise de Fonseca, une naturaliste qui travaillait avec Spallanzani, et qui fut pendue a 30 ans à Naples en 1799.
Elle était du parti français à la suite de la République parthénopéenne, et fut condamnée à mort malgré un traité formel.
C’est Lady Montagu, femme d’un ambassadeur anglais, qui vécut longtemps sur les rives du Bosphore et profita de sa situation privilégiée de femme de diplomate pour étudier les mœurs et nous les décrire dans une relation traduite en 1805.
C’est elle qui rapporta en France le vaccin, dont les hommes firent gloire à Jenner qui sut exploiter à son profit l’Idée d’une femme.
En même temps, un mouvement populaire se produisit. Le 5 octobre 1789, les femmes se massèrent sur la place Louis XV ; elles ne réclamaient ni émancipation, ni droits politiques, elles demandaient du pain. Théroigne de Méricourt, l’illustre Liégeoise, les entraînait, Maillard les conduisait.
Le 25 octobre, les femmes de Paris adressèrent à l’Assemblée Nationale une motion dans laquelle elles demandaient l’égalité des deux sexes, l’accès aux places et emplois qui sont à leur portée.
Une autre, Marie Wollstonecraft, publia, en 1791, un ouvrage intitulé Revendication des droits de la femme.
C’était une réfutation des doctrines de Rousseau, un livre à tendances religieuses, comme le sont souvent les œuvres féminines, c’est-à-dire qu’elle envisageait la question des devoirs et des responsabilités de la vie familiale. Ce n’est pas sur l’homme que l’auteur conseille aux femmes de prendre du pouvoir, c’est sur elles-mêmes ; elle veut qu’elles soient « un pouvoir bienfaisant ». Bravo, Madame, voilà la vraie formule du rôle de la femme.
Dans un autre de ses livres, intitulé : Le Legs du Docteur Gregory à ses filles et le Sermon du docteur James F..., elle donne aux femmes des conseils qui semblent bizarres ; elle dit que la dissimulation est la plus indispensable des vertus féminines. « Si les femmes possèdent quelque intelligence, qu’elles se gardent de la faire paraître, surtout aux yeux des hommes, qui, généralement, n’ont que des regards malveillants et jaloux pour toute femme bien douée et d’esprit cultivé. »
Elle dit encore :
« Un esprit cultivé et un cœur sensible pourront toujours se passer des règles empesées du décorum... Ayez le cœur pur, donnez de la pâture au cerveau, et je me permets d’affirmer qu’il n’y aura rien à reprendre dans votre conduite. »
« Un droit comprend toujours un devoir », telle est sa devise. Elle réclame pour les femmes une plus grande liberté, une plus complète éducation de leurs facultés, afin qu’elles puissent mieux accomplir leurs fonctions naturelles. Elle demande aussi pour les femmes l’exercice de la profession médicale.
Cette dame prit part aux mêmes luttes que Mme Roland, Théroigne de Méricourt, Olympe de Gouges, Rose Lacombe, la comtesse de Lamotte-Valois, Mlle d’Orbe, Sophie Lapierre, la marquise de Fontenoy et la Hollandaise Palm-Aelder, pendant les premières manifestations de la tourmente révolutionnaire.

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