@tous
Je vais faire un tir groupé par rapport à l’ensemble des messages.
Pour en revenir à la dyade monisme/dualisme, on va repréciser les termes. Mais il faut redire ici qu’on les définit d’un point de vue métaphysique et/ou religieux et que cela s’inscrit dans un cadre ontologique. Sinon on risque de parler de tout à fait autre chose.
1 ) Le monisme est un postulat qui affirme que "matière et esprit ne sont qu’une seule et même substance à l’origine". Autrement dit, matière et esprit sont confondues et t reliées à ce qu’il est convenu d’appeler un "principe premier". Le paradigme moniste est propre au panthéisme. Certains philosophes, dont Spinoza s’y inscrivent.
Bien entendu, la substance première n’exclut pas que celle-ci puisse prendre des "formes" ou des "attributs" différents elles restent attachées à la substance première qui, elle, est unique. Ainsi pour reprendre l’analogie de la pièce de monnaie, celle-ci possède effectivement 2 faces mais il n’en demeure pas moins que ces deux faces se rapportent à une seule et même pièce.
2) Le dualisme lui postule que "matière et esprit sont nettement séparées depuis l’origine". Le grand théoricien de cette approche dualiste est Platon qui a défini deux mondes : le monde matériel jugé "imparfait" et le monde "idéel" (= monde des idées) considéré comme parfait. Le "gnosticisme" (qui n’est sans doute pas à assimiler à toutes les gnoses, ça demanderait tout un développement) qui est un mouvement multiformes issu du christianisme et qui a été jugé comme une hérésie par ce dernier, a poussé ce dualisme jusqu’à définir 2 divinités dont l’une serait la créatrice du monde matériel (= le démiurge assimilé souvent à Yahvé, Dieu de l’AT) intrinsèquement mauvais et le "vrai Dieu" qui se situe "au-dessus" du démiurge et dont Jésus serait issu. En résumé, pour la vision dualiste, la "matière" est jugée comme mauvaise et les humains sont appelés à se séparer au plus vite de leur enveloppe matérielle afin de retourner à la source divine. Mais seule une poignée "d’élus" y parviennent.
Bref, dualisme et monisme sont deux conceptions du monde radicalement différentes si on se rattache à ces définitions (qui sont les définitions officielles, n’en déplaisent à certains)
3) Et puis il y a l’Eglise qui défend une troisième conception et qui, au-travers du Concile de Chalcédoine a acté une profession de foi que j’appelle "par-delà la vision moniste et/ou dualiste et qui stipule, à travers cette nature christique que "matière et esprit sont deux substances distinctes mais unies". Donc pour l’Eglise et pour l’ensemble de la chrétienté (ou presque car certains courants à l’époque ont rejeté ce concile) : il n’y a ni fusion ou mélange (comme dans le monisme) ni séparation (comme dans le dualisme) mais union entre matière et esprit.
Maintenant, il me faut répondre aux critiques liées aux soi-disant incohérences de ce postulat puisque c’est vrai qu’il constitue un paradoxe. On pourrait même affirmer que l’incarnation du Christ "100% homme et 100% Dieu" représente le paradoxe des paradoxes. Et du point de vue matérialiste et/ou littéraliste, il s’agit bel et bien d’une incohérence. Mais il en est de même pour la mécanique quantique à partir du moment où on cherche à l’étudier en partant des outils de la mécanique dite "classique". On aboutit aussi à une incohérence totale puisque dans l’infiniment petit, notre savoir classique ne fonctionne plus. Ainsi le photon en MQ devient à la fois un corpuscule et une onde alors qu’en physique classique nous dit : "c’est l’un OU l’autre, il faut choisir". Il en va exactement de la même manière lorsqu’on cherche à étudier la Bible, il faut accepter les approches paradoxales et oublier les approches littéralistes binaires sans quoi tout ceci n’a effectivement aucun sens.