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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Babar, ou l’apologie du colonialisme ?

Babar, ou l’apologie du colonialisme ?

Toujours élégant et bienveillant, à 90 ans, Babar est la bonhomie incarnée. Mais derrière l'éléphant tiré à quatre épingles, faut-il lire une apologie du colonialisme ?

 

Tags : Colonialisme Bande dessinée




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17 réactions à cet article    


  • vote
    sls0 sls0 23 janvier 10:15

    Une vision du monde de l’époque vue à travers le prisme de la vision actuelle.

    On décrit ou on interprète ?

    Chez ma soeur un dictionnaire date de 1952, c’est celui qu’on employait étant jeune. Au mot nègre la première définition c’est habitant de l’Afrique sub saharienne. Est-ce raciste ? C’est la définition de l’époque. Pendant 9 ans j’ai résidé dans un endroit "colored" sur place on employait le mot négro, une voisine tous l’appelaient la negra, je devais un des rares à l’appeler parfois Alexandra parce que je lui avait demandé son prénom.

    Si on interviewe une personne de groupe identitaire, je ne crois pas qu’il dira que son racisme est dû à la lecture de Babar étant jeune.


    • 2 votes
      Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 23 janvier 10:57

      Il est dit à un moment de la vidéo que Babar semble évoquer un jeune Africain qui aurait étudié en Europe pour ensuite retourner civiliser la population des "éléphants" africains, sous-entendu la population africaine. Oui, c’est vrai. Et non seulement cela n’a rien de scandaleux, mais cela exprime la réalité de la situation de l’Afrique de l’époque... et aussi celle de l’Afrique contemporaine.

      Comment les hommes d’affaire, les professeurs et les présidents africains s’habillent-ils actuellement sinon avec un costume à l’occidental, donc comme Babar ? Plus profondément, d’où viennent l’ingénierie, la médecine, la mécanique, les industries, les services de télécommunications, l’informatique africaines ? Tout cela vient des Babars qui sont venus étudier en Europe et qui ont rapporté chez eux les cadeaux de la "vieille dame".

      Alors, certes, il n’y a pas en Europe que des dames bienveillantes avec les petits éléphants. De même, il est évident que les richesses culturelles du continent africain ne sont pas mises en valeur dans les aventures de Babar. Cette série d’aventures fantaisistes pour enfants ne dit pas toute la vérité historique et géopolitique. Mais peut-on lui reprocher tout ce qu’elle ne dit pas, alors que le peu qu’elle dit n’est pas faux ?  


      • 2 votes
        yoananda2 23 janvier 11:20

        @Qaspard Delanuit
        si un noir ou un adorateur des noirs te dit que Babar est méchant, tu ploies un genou au sol et tu te tais, épicétou. D’ou tu as vu que la vérité intéressait quiconque de nos jours ?
        Je t’invite à relire 1984 pour que tu ne trompes plus d’époque.


      • vote
        maQiavel maQiavel 23 janvier 12:18

        Les auteurs de fictions ne sont jamais neutres, comme tout le monde ils sont situés socialement et leurs œuvres diffusent consciemment ou non les codes, les valeurs, les croyances, les convictions de leurs milieux sociaux. Et en ce qui me concerne, j’ai toujours trouvé très intéressant l’exercice qui consiste à déconstruire ces œuvres de cette perspective, pas pour conclure qu’elles sont à rejeter ou à conserver, mais pour comprendre l’imaginaire qu’elles véhiculent. Il y’a quelques années, j’ai fait découvrir Le roi lion à mes enfants et en revoyant le film, il y’a des choses qui m’ont sauté aux yeux que je n’avais pas vu lorsque j’étais enfant et que j’avais gobé sans me poser de questions, et je me suis demandé si cette œuvre que j’avais adoré et que je matais en boucle avait eu une influence sur ma vision de l’ordre social …

        Pour ce qui est de Babar ( que je n’ai pas revu depuis l’enfance), je me demande s’il s’agit bien d’une apologie du colonialisme. En effet, ce ne sont pas les humains qui sont allé « civiliser » les éléphants mais l’un des leurs. J’ai plutôt l’impression qu’on a là quelque chose qui ressemble à une modernisation de rattrapage au lieu d’une colonisation. Et l’imaginaire qu’il y’a derrière me semble facile à décrypter, c’est celui du culte du « progrès », une sorte de messianisme suprématiste qui distingue le « sauvage » (dont le mode de vie est synonyme d’immobilisme et de stérilité) du « civilisé » ( dont le dynamisme transforme la nature et façonne le monde ) et fait du second le modèle à suivre du premier. Certes, le colonialisme s’est appuyé sur ce paradigme ( le devoir des races supérieures de civiliser les races inférieures)  mais pas seulement, c’est également le cas de la modernisation de la France au XIX siècle au cours de laquelle les paysans provinciaux étaient considérés comme des arriérés par les élites bourgeoises parisiennes et locales, à ce sujet je recommande la lecture de cet excellent article « Le paysan, « ébauche grossière et incomplète de l’homme réellement civilisé ( par Eugen Weber) »

         


        • vote
          yoananda2 23 janvier 12:53

          @maQiavel

          Certes, le colonialisme s’est appuyé sur ce paradigme ( le devoir des races supérieures de civiliser les races inférieures)

          c’était le progrès de l’époque. Aujourd’hui le progrès c’est de civiliser les "racistes, islamophobes, homophobes, sexistes". C’est la contre-colonisation. L’état à besoin d’un discours fédérateur légitimant et ça aboutit toujours à des boucheries.

           mais pas seulement, c’est également le cas de la modernisation de la France au XIX siècle au cours de laquelle les paysans provinciaux étaient considérés comme des arriérés par les élites bourgeoises parisiennes et locales

          Ca n’a pas changé.


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          maQiavel maQiavel 23 janvier 13:13

          @yoananda2

          "Ca n’a pas changé".

          La forme change, l’intensité aussi mais le fond est le même, je suis d’accord sur ce point. C’est pour ça qu’il est intéressant de décrypter les imaginaires que véhiculent ce type d’œuvre.


        • vote
          Septimanie24 Septimanie24 23 janvier 17:54

          Attention à la chasse aux sorcières. Autodafés en prévision. La cancel culture va faire rage. Le colonialisme correspond à une époque donnée, dans un contexte socio culturel et historique précis. Depuis le décolonialisme est passé par là, les mentalités ont évolué, les représentations du monde avec.

          Faut-il tout jeter de ce que fut notre passé ? Si nous le devons le faire alors chaque peuple, chaque nation ou chaque État colonisateur doit le faire, et la liste est très longue et elle ne concerne pas que les européens. Cela n’enlève en rien la responsabilité des européens sur ce qu’ils firent subir aux autres peuples mais se construire une représentation du méchant blanc colonisateur seul et unique responsable de tous les maux de l’humanité c’est faire une impasse sur les très nombreux méfaits qu’accomplirent d’autres peuples non européens. A titre d’exemple, il ne faut jamais oublier l’invasion du sous continent indien durant 8 siècles qui provoqua la mort de dizaines de millions de morts (à l’arme blanche) et la disparition de nombreuses civilisations.


          • vote
            yoananda2 23 janvier 18:19

            @Septimanie24

            Faut-il tout jeter de ce que fut notre passé ? Si nous le devons le faire alors chaque peuple, chaque nation ou chaque État colonisateur doit le faire, et la liste est très longue et elle ne concerne pas que les européens.

            Ca ne concerne que les blancs.


          • 1 vote
            maQiavel maQiavel 23 janvier 18:21

            @Septimanie24

            Il n’est pas ici question de « cancel culture », de méchant blanc colonisateur seul et unique responsable de tous les maux de l’humanité ou de jeter le passé, Gilles Boetsch explique dès les premières secondes de la vidéo qu’il n’est pas pour bruler les livres. Il dit simplement que les œuvres naissent dans un cadre historique et qu’on doit s’interroger sur ce qu’elles véhiculent.


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            Septimanie24 Septimanie24 23 janvier 21:56

            @yoananda2
            Blancs, noirs, basanés, jaunes, rouges, que de couleurs pour tant de massacres. La colonisation de la péninsule hispanique au 8° siècle est le fruit des berbères et des arabes, celle de l’Inde, des arabes, des turcs et des turcos mongoles. Celle du Tibet par les chinois, celle de la Palestine par les israéliens. La liste est longue et elle est parsemée de massacres de populations. Donc, mise à part pour les incultes et les ignorants, cela concerne tout le monde.


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            yoananda2 23 janvier 22:18

            @Septimanie24

            La colonisation de la péninsule hispanique au 8° siècle est le fruit des berbères et des arabes, celle de l’Inde, des arabes, des turcs et des turcos mongoles. Celle du Tibet par les chinois, celle de la Palestine par les israéliens. La liste est longue et elle est parsemée de massacres de populations.

            oui, tu peux rajouter la traite des noirs par les noirs et les arabes et bien d’autres encore.

            Donc, mise à part pour les incultes et les ignorants, cela concerne tout le monde.

            tu n’as pas bien compris le principe de la cancel culture, tu n’es pas woke.


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            Septimanie24 Septimanie24 24 janvier 00:50

            @yoananda2
            Non, je ne suis pas woke et bien heureux ne pas l’être, du moins selon l’orientation définie par le woke movement. Je suis plutôt partisan du cancel bullshit.


          • 1 vote
            Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 24 janvier 16:21

            @Roberval

            Il faut carrément raser ce château de Versailles, qui n’est qu’un endroit construit par des Blancs pour y loger des Blancs !! 


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            yoananda2 23 janvier 18:08

            Playmobil renomme ses “Indiens” en “Autochtones” et ferait disparaître les affrontements avec les cow-boys par antiracisme, la chasse du bison par antispécisme

            La cancel culture se déchaîne avec le bidet au pouvoir.


            • vote
              Septimanie24 Septimanie24 24 janvier 00:53

              @yoananda2
              Ce n’est que le début maintenant qu’ils ont le pouvoir aux US. Dire que cette niaiserie se répand comme de la m... en Europe aussi. Ça promet en terme de débilité à tous les étages.





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