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O Scugnizzo (---.---.230.238) 30 mai 2013 18:58
O Scugnizzo

Je ne peux être que d’accord avec votre intervention qui est tout de suite plus nuancée que la première, et qui me parle. Dieu ne nous donne pas le pain et l’eau, cela me parait clair. Je ne milite pas pour une des trois religions monothéiste, mon propos était de souligner l’importance de la transcendance dans la vie humaine, de garder des formes de sacré (je dirais simplement que sans sacré il n’y a pas de profane). Pour autant, il convient de souligner qu’il y a jusqu’à peu il n’était peut être techniquement et technologiquement (ça demanderait à être vérifié) pas possible d’assurer une bonne vie à tous. Ainsi, religion ou pas, cela ne semble rien changer. Ce que je constate, c’est que depuis qu’il est possible d’éradiquer la faim dans le monde, rien n’est fait (alors que les rapports de l’ONU précisent qu’à hauteur de 30 mia d’investissement de dollars par année pendant 10 ans, il serait possible de nourrir une dizaine de mia de personnes à 2’700 calories par jour). Ce phénomène se place pourtant dans un contexte idéologique individualiste, c’est-à-dire mettant l’individu au centre, sans rien au-dessus de lui. Or, comme l’avait prévu Proudhon, cet individualisme n’a fait qu’éclater le lien social favorisant l’égoïsme de tous, d’où par ailleurs l’union du libéral et du libertaire comme nous l’apprend Clouscard. Le socialisme que vous décrivez nécessite alors, puisqu’il ne peut passer par l’individualisme, une coopération de collectivité. Ceci rejoint tout à fait mon idéal. La question est alors la suivante : comment reformer des collectivités relocalisées qui se soucieraient du bien de toutes les collectivités ?

Je suis fasciné par la théorie de Mauss et du don (engendrant l’obligation de réciprocité) comme fondement du lien social. Mais certains anthropologues comme Godelier, montrent bien que pour que ce don ait un sens, il faut d’un autre côté garder. Il y a des choses qui ne se donnent pas, c’est ce qui crée notre identité. C’est doté les choses et les services d’une âme supérieure. C’est ce qui donne la puissance à la réciprocité. Je voulais donc simplement dire par là que la métaphysique me semble inhérente non pas à l’émancipation de l’homme, mais au lien collectif (chacun sa métaphysique est par ailleurs quelque chose de très libéral). Et si elle n’a pas sa place dans le calcul de redistribution, elle a pour moi pleinement sa place dans le processus amenant au calcul de redistribution, autrement dit dans la structure sociale nécessaire à un tel calcul. Sinon, à part un idéal que l’on considère comme sacré (c’est-à-dire pour lequel on est prêt à sacrifier quelque chose, noyau dur de la religion pour Mauss), je verrai pas au nom de quoi il y aurait une telle redistribution.

Bon ceci dit ça fait plaisir d’avoir un échange qui (pour moins tout du moins) est constructif.




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