@micnet
C’est la question elle-même du libre arbitre, si on est soit libre, soit déterminé, qui n’est pas pertinente. Un trajet en voiture est toujours plus long que sa distance à vol d’oiseau, car il faut enchainer entre des routes : le réel impose ses contraintes. Et la contrainte à nos actions ne vient pas que du réel, mais aussi de nos capacités organiques et sensorielles et encore de notre programmation psychique formée au début de notre existence.
Avec l’univers bloc, cela va bien plus loin.
En relativité générale et encore plus en MQ, le temps, l’espace, la causalité qui conditionnent notre conscience soit obéissent à d’autres règles qui n’ont rien à voir, soit n’existent pas. Parce que nous sommes à une certaine échelle nous permettant de percevoir une partie de la réalité, différente en macro comme en nano. Percevoir : non seulement ce que l’on peut voir ou capter, mais aussi la façon dont on peut comprendre.
La non localité, par exemple, n’est pas appréhendable avec notre conscience qui n’est pas faite pour ça. Ou la réversibilité de deux événements dans l’Univers entre passé et futur par un troisième observateur selon sa vitesse relative et sa masse embarquée en mouvement entre les trois positions.
Il nous "manque des cases" pour comprendre l’univers.
Donc le libre arbitre… Pour le moins, ce n’est pas une option entre deux absolus (libre/déterminé), mais une relativité. Il semble que le temps, l’espace et la causalité qui font l’existence à notre échelle sont des aspects décorrélés d’une réalité, ou bien d’une activité, à laquelle nous n’avons pas accès.
Vous manipulez votre ordinateur, comme moi sur mon bureau et mon siège. Nous étions tous, matériel compris, dans la singularité, - minuscule, dit-on- qui a fait le Big Bang. De même, dans cette singularité avant le Big Bang, il y avait déjà micnet, TchakTchak et tous nos meubles. Cela semble abscons, dit comme ça, mais ça n’est pas moins vrai.
Le gland n’est pas le chêne mais contient pourtant son imago, ou sa mémoire laissée par l’arbre (substantifique moelle de Rabelais, essence d’Aristote, esprit…). Il n’existe pas deux chênes semblables, même si aucun ne fera un hêtre. De même, une femme ne fera jamais un raton laveur ni un pélican. Donc pas de mémoire sans imago et vice et versa (un programme informatique pourrait être compris comme un imago, puisqu’il contient une mémoire).
J’en suis même à me dire que la singularité qui a fait Big Bang et notre Univers contenait l’imago d’autres univers, ou du multivers.
Comme sur un fil tendu à ses extrémités, notre trajectoire de vie ne peut bouger la naissance ni la mort, mais le pincement présent du fil peut changer son parcours. Dans un tableau de fil, les parcours s’entrecroisent les uns et les autres, même dans un sens ou dans l’autre (ou vers un passé ou futur autre depuis notre réalité), avec des mouvements qui ont des effets les uns relativement aux autres, même si le motif général de l’Univers ne change pas.
Bref, largement de quoi spéculer, même flotter dans un océan d’incertitudes.
Mais il semble que non seulement le patrimoine philosophique occidental est bien faible pour répondre à cette question du « libre arbitre », mais en plus, ce concept n’a pas été créé par rapport à l’Univers à interroger mais par rapport à l’existence d’un dieu abrahamique à expliquer …