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maQiavel maQiavel 23 janvier 12:18

Les auteurs de fictions ne sont jamais neutres, comme tout le monde ils sont situés socialement et leurs œuvres diffusent consciemment ou non les codes, les valeurs, les croyances, les convictions de leurs milieux sociaux. Et en ce qui me concerne, j’ai toujours trouvé très intéressant l’exercice qui consiste à déconstruire ces œuvres de cette perspective, pas pour conclure qu’elles sont à rejeter ou à conserver, mais pour comprendre l’imaginaire qu’elles véhiculent. Il y’a quelques années, j’ai fait découvrir Le roi lion à mes enfants et en revoyant le film, il y’a des choses qui m’ont sauté aux yeux que je n’avais pas vu lorsque j’étais enfant et que j’avais gobé sans me poser de questions, et je me suis demandé si cette œuvre que j’avais adoré et que je matais en boucle avait eu une influence sur ma vision de l’ordre social …

Pour ce qui est de Babar ( que je n’ai pas revu depuis l’enfance), je me demande s’il s’agit bien d’une apologie du colonialisme. En effet, ce ne sont pas les humains qui sont allé « civiliser » les éléphants mais l’un des leurs. J’ai plutôt l’impression qu’on a là quelque chose qui ressemble à une modernisation de rattrapage au lieu d’une colonisation. Et l’imaginaire qu’il y’a derrière me semble facile à décrypter, c’est celui du culte du « progrès », une sorte de messianisme suprématiste qui distingue le « sauvage » (dont le mode de vie est synonyme d’immobilisme et de stérilité) du « civilisé » ( dont le dynamisme transforme la nature et façonne le monde ) et fait du second le modèle à suivre du premier. Certes, le colonialisme s’est appuyé sur ce paradigme ( le devoir des races supérieures de civiliser les races inférieures)  mais pas seulement, c’est également le cas de la modernisation de la France au XIX siècle au cours de laquelle les paysans provinciaux étaient considérés comme des arriérés par les élites bourgeoises parisiennes et locales, à ce sujet je recommande la lecture de cet excellent article « Le paysan, « ébauche grossière et incomplète de l’homme réellement civilisé ( par Eugen Weber) »

 




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