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Retrait de Washington du Traité INF : Moscou dénonce le danger d’escalade nucléaire et la servilité suicidaire de l’Europe

Déclaration du Président de la Russie sur le retrait unilatéral des États-Unis du Traité sur l’élimination des missiles à portée intermédiaire et à courte portée.

Le 5 août 2019

Source : http://en.kremlin.ru/events/president/news/61271

Traduction : lecridespeuples.fr

Le 1er février 2019, les États-Unis d’Amérique ont lancé une procédure visant à se retirer du Traité sur l’élimination des missiles à portée intermédiaire et à courte portée. Le délai de six mois prévu dans la clause de retrait du Traité a expiré. Lorsque l’une des parties se retire du Traité, celui-ci devient automatiquement caduc. Par conséquent, à compter du 2 août 2019, le Traité INF n’existe plus. Nos collègues américains l’ont envoyé aux archives, ce qui en fait une chose du passé.

C’est avec regret que la Russie déclare que le retrait unilatéral du Traité sur l’élimination des missiles à portée intermédiaire et à courte portée par les États-Unis, sous un prétexte farfelu, et le démantèlement de l’un des derniers Traités fondamentaux sur le contrôle des armements, créent des complications majeures pour les affaires mondiales et des risques sérieux pour tout le monde.

Permettez-moi de souligner que toute la responsabilité de ce qui s’est passé incombe aux États-Unis. Au lieu d’engager un débat sérieux et constructif sur les questions de sécurité internationale, les États-Unis ont simplement choisi de saper les efforts qu’ils avaient déployés pendant de nombreuses années pour réduire la probabilité d’un conflit armé à grande échelle, y compris l’utilisation d’armes nucléaires.

La Russie ne peut ignorer la situation actuelle ou se contenter de déclarations d’amour à la paix creuses de la part de ses collègues américains ou de leurs alliés.

Dans ce contexte, compte tenu de la situation actuelle, je charge le ministère de la Défense, le ministère des Affaires étrangères et le Service de renseignement extérieur de contrôler de la manière la plus minutieuse les futures mesures prises par les États-Unis pour mettre au point, produire et déployer des systèmes de missiles à portée intermédiaire.

Si la Russie obtient des informations fiables établissant que les États-Unis ont achevé le développement de ces systèmes et commencé à les produire, la Russie n’aura d’autre choix que de s’engager dans un effort à grande échelle pour développer des missiles similaires. Bien sûr, cela prendra du temps. En attendant que l’armée russe déploie ces armes, la Russie parera de manière fiable aux menaces liées au retrait des États-Unis du Traité sur l’élimination des missiles à portée intermédiaire et à courte portée en s’appuyant sur les moyens dont nous disposons déjà : les missiles aériens X-101 et Kinzhal, le missile naval Kalibr, ainsi que les futurs systèmes d’armes, y compris les systèmes hypersoniques de la classe Tsirkon. Dans le même temps, la Russie maintient les engagements unilatéraux qu’elle a pris et n’agira que lorsqu’elle aura à répondre. Cela concerne le développement, la production et le déploiement de missiles terrestres à portée intermédiaire et à courte portée. Nous ne les déploierons pas dans une région donnée tant que des missiles à portée intermédiaire et à portée plus courte fabriqués par les États-Unis n’y seront déployés.

Malgré les récents développements, la Russie espère toujours que le bon sens prévaudra et que nos collègues des États-Unis et leurs alliés auront un sens des responsabilités envers leur peuple et la communauté internationale tout entière. Nous sommes convaincus que les mesures prises par les États-Unis, qui sont à l’origine du démantèlement du Traité sur l’élimination des missiles à portée intermédiaire et à courte portée, déprécieront inévitablement et briseront les fondements de l’architecture de sécurité mondiale, y compris la stratégie de réduction des armements stratégiques et le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

Ce scénario pourrait marquer un nouveau départ pour une course aux armements sans entraves. Afin d’éviter un chaos sans règles, restrictions ou lois, nous devons une fois encore peser toutes les conséquences dangereuses et engager un dialogue sérieux et constructif, dénué de toute ambiguïté.

La Russie estime qu’il est nécessaire de relancer sans délai des négociations constructives sur la garantie de la stabilité et de la sécurité stratégiques. Nous sommes prêts à nous engager dans ces efforts.

Vladimir Poutine

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***

Déclaration du chargé d’affaires de la Fédération de Russie, Dmitry Polyanskiy, lors de la réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies sur le point de l’ordre du jour, « Menaces à la paix et à la sécurité internationales »

New York, le 22 août 2019

Source : http://russiaun.ru/en/news/unsc220819

Traduction : lecridespeuples.fr

 

 

Transcription :

Madame la Présidente,

Nous remercions la Secrétaire générale adjointe et Haute Représentante pour les affaires de désarmement, Mme Izumi Nakamitsu, pour son exposé très instructif et utile.

Chers collègues,

Le 2 août, un événement extrêmement regrettable et significatif s’est produit : les États-Unis se sont retirés du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (Traité INF), qui, dans une grande mesure, a joué un rôle essentiel dans la mise en place d’une architecture de sécurité régionale et mondiale. Les discussions sur le Traité se sont déroulées pendant la Guerre froide, dans le contexte d’une situation complexe des relations internationales. Cependant, à l’époque, les dirigeants de l’URSS et des États-Unis ont réussi à parvenir à un accord. Le Traité INF était essentiel pour la détente internationale. Parallèlement aux autres mesures prises à l’époque, il a grandement contribué à créer un climat de confiance qui a conduit au changement mondial que la communauté internationale considère désormais très important. Pour la première fois depuis des décennies, l’humanité a eu la possibilité de s’abstenir de toute confrontation et de se consacrer aux problèmes de développement, dont la résolution améliorerait la vie de chacun d’entre nous.

La Russie et les États-Unis ont tous deux respecté scrupuleusement leurs obligations au titre du Traité pendant un certain temps. Mais par la suite, il est devenu évident que le Traité INF, ainsi que d’autres accords sur le désarmement et le contrôle des armements, se sont avérés gênants pour nos partenaires américains, qui croyaient en leur exceptionnalisme et étaient de plus en plus déterminés à imposer des schémas unilatéraux inéquitables de relations internationales aux autres pays. En 2003, le Traité ABM, que la Russie cherchait activement à conserver depuis la fin des années 90, devint la première « victime » de ces ambitions de Washington. Immédiatement après cela, les autorités américaines ont annoncé leur intention de déployer des lanceurs ABM en Europe de l’Est, prétendument pour contrer la menace iranienne. En réponse à nos préoccupations, ils nous ont dit que ces lanceurs ne pourraient jamais être utilisés contre la Russie. Cependant, lorsque le premier lanceur a été déployé en Roumanie, il est devenu évident qu’ils pourraient être facilement convertis en lanceurs de missiles Tomahawk, ce qui est contraire au Traité INF. Nous l’avons remarqué immédiatement. Maintenant, il est clair que nous avions raison : le 18 août, à peine deux semaines après le retrait du Traité, Washington a testé son missile à moyenne portée à l’aide d’un lanceur MK 41.

Depuis ce mois d’août, les limitations en matière de développement et de déploiement de tels systèmes n’existent plus. Ainsi, la dénonciation du Traité ABM par Washington a détruit un autre pilier de l’architecture de la maîtrise des armements qui a permis de rédiger et de signer le Traité sur la réduction des armes offensives à l’époque. Je signale en passant qu’il expire en février 2021 et est également menacé, les principaux acteurs de l’administration américaine ayant déclaré à plusieurs reprises publiquement et en privé qu’ils ne souhaitaient pas préserver le traité START sous sa forme actuelle.

En même temps, presque dès le premier jour du retrait du Traité INF, nous avons commencé à entendre des menaces et des déclarations de responsables américains. Celles-ci ne laissaient aucun doute sur le fait que c’était exactement ce que Washington essayait de faire, et que les Etats-Unis violaient de manière persistante et délibérée le Traité INF depuis longtemps. Sinon, comment auraient-ils pu annoncer (comme l’a fait le Secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, dans les premiers jours d’août) la possibilité de déployer des missiles au sol à portée intermédiaire et à courte portée dans quelques mois ? Il est impossible de créer de telles armes en si peu de temps.

Madame la Présidente,

Nous n’avons pas convoqué cette réunion pour accuser nos collègues américains de duplicité. Aujourd’hui, tout expert en désarmement plus ou moins impartial sait que ce sont des faits indéniables. Vous pouvez répéter autant qu’il vous plaira votre refrain éculé selon lequel ce sont les actions de la Russie qui ont conduit à la fin du Traité INF, mais les dernières initiatives de Washington suggèrent le contraire avec éloquence. Mais ce n’est plus le problème. Pour être honnête, aujourd’hui, nous ne faisons pas appel principalement à nos partenaires américains, car leur point de vue est clair. Ce qui nous surprend, c’est la position de nos collègues européens qu’ils maintiennent avec une obstination qui serait beaucoup plus utile lors d’autres discussions.

Permettez-moi de vous rappeler qu’en décembre dernier, la Russie avait proposé à l’Assemblée générale un projet de résolution en soutien au Traité INF. Il ne contenait aucune critique des États-Unis, mais exhortait seulement à soutenir les efforts diplomatiques pour faire face aux défis qui affectent la sécurité et les intérêts nationaux de tous les États membres de l’ONU sans aucune exception. Nous avons alors averti sans équivoque que l’effondrement du Traité INF ne compromettrait pas seulement la mise en œuvre de l’article VI du Traité, de Non-Prolifération Nucléaire mais conduirait également à une nouvelle course aux armements nucléaires. Beaucoup de partenaires nous ont écoutés attentivement, mais pas les alliés européens de Washington. J’ai une question pour vous : êtes-vous heureux aujourd’hui d’avoir choisi d’appuyer sur le « bouton rouge » (de réinitialisation) en décembre ? Ne comprenez-vous pas que votre soumission aux Américains, étape par étape, ramène à l’époque révolue où les missiles pouvaient pleuvoir sur les villes européennes de tous les côtés ?

Nous ne serons pas les premiers à le faire. Cependant, étant donné que nos collègues américains sont clairement « chauds » et veulent « montrer leurs muscles », la situation que je viens de décrire est peut-être proche. Vous rendez-vous qu’en raison des ambitions géopolitiques des États-Unis, nous sommes tous à deux doigts d’une course aux armements incontrôlée et non réglementée ? Quant à nous, nous sommes profondément préoccupés par cette situation, contrairement à nos collègues américains. En tout état de cause, selon le Président Trump, les États-Unis sont prêts pour une course aux armements, car ils sont prétendument capables de surpasser tous leurs rivaux potentiels en termes financiers et technologiques.

Cette logique, inspirée des meilleurs westerns américains, est étayée par des chiffres : selon des données publiques, le budget militaire américain est d’environ 700 milliards de dollars. Le budget de l’OTAN s’élève à 1 400 milliards de dollars. Ce ne sont que des chiffres approximatifs. À titre de référence, le budget militaire de la Russie, qui menacerait tout le monde à en croire certains, s’élève à environ 60 milliards de dollars, soit plus de 20 fois moins que celui de l’OTAN.

Maintenant, après les entreprises risquées des États-Unis, tous ces chiffres peuvent évidemment augmenter – le Président américain a déjà soulevé ce point. Soit dit en passant, les dépenses consacrées à la mise au point des armes interdites par le Traité INF avaient été incluses dans le budget militaire américain bien avant que ce Traité ne soit condamné à mort. Et, comme toujours, il faudrait en blâmer la Russie.

Madame la Présidente,

Imaginez ce que nous pourrions faire si l’argent alloué par nos collègues occidentaux à des fins militaires était utilisé pour atteindre des objectifs de développement durable et aider les pays moins développés et en développement. En outre, nos partenaires américains continuent de négocier le budget des opérations de maintien de la paix et suivent la pratique établie de reporter au dernier moment le versement de leur contributions au budget des Nations Unies, dont le montant total est inférieur à 10 milliards de dollars cette année. Tout cela semble non seulement mesquin, mais également irrespectueux envers tous les membres de notre organisation mondiale. Nous n’avons pas peur de le dire devant eux. Et vous ? Allez-vous nier que vous êtes en partie responsable de ce qui se passe, en répétant comme des perroquets ce que vous dicte Washington et en soulignant une menace alléguée de la Russie et de la Chine ? Les générations futures vont-elles vous pardonner ?

Malgré tout ce que j’ai dit, nous croyons toujours que le bon sens et l’instinct de conservation finiront par l’emporter chez nos partenaires occidentaux. Après tout, l’existence même de l’humanité est en jeu. La seule question est de savoir combien d’argent et d’efforts auront été gaspillés jusque-là et combien de possibilités de progrès et de coopération nous aurons manqué.

Pour notre part, nous avons toujours été prêts à tout dialogue sérieux visant à assurer la stabilité et la sécurité stratégiques. Et si cela ne tenait qu’à nous, nous ne serions jamais arrivés à une ligne si dangereuse que celle de laquelle le monde approche maintenant.

Cependant, nous sommes toujours réalistes. Il est plus facile de détruire les choses que de les construire. Comme l’histoire l’a montré, il faut parfois des années, voire des décennies, pour lancer un nouveau format plus ou moins durable et efficace pour débattre des questions de stabilité stratégique et de maîtrise des armements. Cependant, certains problèmes, y compris ceux résultant d’actions irresponsables de Washington, doivent être résolus aujourd’hui.

Je vous remercie.

Après une déclaration du représentant des États-Unis :

Merci, Madame la Présidente.

Nous ne voulions pas parler de détails spécifiques, mais puisque nos collègues américains et leurs partenaires ont mentionné certains points précis, je me vois obligé de reprendre la parole pour les aborder brièvement .

En ce qui concerne le missile 9M729, qui a été évoqué, je dois expliquer qu’au cours de nombreuses années de discussions, les États-Unis ont toujours refusé de dialoguer avec nous non seulement au sujet des tests qui, comme nous l’avons compris, ont soulevé des questions à Washington, mais également de toute information permettant d’identifier ce produit de manière générale. Nous ne savions absolument pas ce qui inquiétait Washington.

L’année dernière, après que nous ayons enfin compris ce qui les préoccupait tant, nous avons proposé aux États-Unis d’examiner le missile 9M729 qui les intéresse « à huis clos » et de leur fournir toutes les informations exhaustives à ce sujet, afin de les assurer que ces armes ne violent pas le Traité. En réponse, nous avons également reçu un refus.

Ensuite, nous avons fait une autre tentative. En guise de mesure de transparence sans précédent allant bien au-delà des exigences du Traité, nous avons ouvertement exposé le missile en présence de délégations étrangères, mais les représentants américains n’ont pas participé à l’événement et ont recommandé à leurs partenaires de l’OTAN de retirer également leur participation – et bien sûr, ils l’ont fait.

À cet égard, nous ne comprenons pas les arguments de notre collègue américain – nous avons offert de vous fournir toutes les informations qui vous intéressaient pour sauver le Traité INF. Et maintenant, quand vous avez déjà conduit le Traité à l’effondrement, vous faites mine de requérir cette information.

Permettez-moi de me concentrer un instant sur les nouveaux systèmes d’armement russes qui ont également été mentionnés plus tôt au sein de ce Conseil. Mon collègue américain ne peut s’empêcher de savoir qu’ils ont tous la même particularité : ils visent à surmonter les systèmes de défense antimissile. Nous avons été obligés de développer ce type de produit précisément à cause du retrait des États-Unis du Traité ABM, auquel j’ai fait référence dans ma déclaration, ainsi que du déploiement de tels systèmes près de nos frontières. C’est un autre problème créé artificiellement par Washington, que, comme je l’ai dit, nous essayons sans succès de prévenir depuis longtemps. Et ce sont les pays de l’OTAN qui sont impliqués dans cette situation – je voudrais le souligner afin que personne ne se fasse d’illusions à cet égard.

Madame la Présidente,

Pour terminer, je voudrais dire que la réunion d’aujourd’hui s’est malheureusement révélée tellement prévisible qu’elle en est même ennuyeuse. Comme nous nous y attendions, les États-Unis et les pays « maugréant à l’unisson » confondent les innocents avec les coupables, accusant la Russie de tous les péchés capitaux, malgré les faits et le bon sens. Il n’y a rien de nouveau ni de surprenant à ce sujet. Dans la réalité parallèle créée par nos partenaires occidentaux, lorsque aucune preuve n’est requise et que des allégations dans l’esprit de « hautement probable » [formule britannique officielle ayant accusé la Russie de l’empoisonnement allégué de Salisbury, sans élément de preuve] suffisent à prouver quelque chose, un tel comportement est considéré comme normal. Le fait est que nous ne vivons pas dans un monde virtuel, mais dans le monde réel, et notre monde a encore une chance tant qu’il existe des pays et des experts qui remettent en question tous ces récits occidentaux homogènes, mais vides.

J’aimerais croire que notre initiative avec la Chine augmentera le nombre de ceux qui n’auront pas peur d’appeler les choses par leur vrai nom et d’exiger des actions et des mesures concrètes de la part de ceux qui violent les accords importants pour le monde entier et ne tiennent pas compte des normes du droit international pour satisfaire leurs ambitions.

Je vous remercie.

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***

Briefing de Vladimir Poutine avec les membres permanents du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie le 23 août 2019.

Source : http://fr.kremlin.ru/events/president/news/61359

Traduction : lecridespeuples.fr

Le Premier ministre Dimitri Medvedev, le Président du Conseil de la Fédération, Valentina Matviyenko, le Président de la Douma, le président de la Douma, Vyacheslav Volodin, le Direvteur de cabinet du bureau de la présidence, Anton Vaino, le Secrétaire du Conseil de sécurité, Nikolai Patrushev, le ministre de l’Intérieur, Vladimir Kolokoltsev, le ministre des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, le ministre de la Défense, Sergei Shoigu, et le directeur du Service de renseignement extérieur, Sergei Naryshkin, ont participé à cette réunion.

Le vice-Premier ministre Yury Borisov a également été invité à la réunion.

 

 

Transcription :

Vladimir Poutine : Bonjour, chers collègues.

Je voudrais commencer par ce que vous savez dans les grandes lignes : le 18 août, les États-Unis ont effectué un test de lancement d’un missile de croisière au sol, qui, selon l’armée américaine, a atteint sa cible à une distance de plus de 500 km.

Le Traité de 1987 sur l’élimination des missiles à portée intermédiaire et à courte portée interdit l’utilisation de telles armes. En outre, l’utilisation du lanceur universel MK-41 au cours de l’essai confirme pleinement la validité des allégations formulées par la Russie aux États-Unis pendant la période de validité de l’accord.

Nous avons souligné à plusieurs reprises que le déploiement de tels systèmes de lancement au sol, sur la base de défense antimissile américaine en Roumanie, et leur déploiement prochain en Pologne, constituaient une violation directe, substantielle et flagrante du Traité INF.

Les Américains ont obstinément rejeté cette affirmation, affirmant que le MK-41 basé au sol n’aurait prétendument pas été en mesure de lancer des missiles de croisière basés en mer, les Tomahawk. Maintenant, la réalité de la violation est évidente et impossible à contester – ils en ont eux-mêmes parlé.

Et bien sûr, la question se pose : comment sautons-nous maintenant ce qu’ils vont déployer exactement en Roumanie et en Pologne ? Des systèmes de défense antimissile ou des systèmes de frappe de longue portée ?

Ce qui est remarquable, c’est que l’essai d’un missile présentant des caractéristiques interdites par ce Traité n’a eu lieu que 16 jours après la dénonciation du Traité par Washington. De toute évidence, le test n’était pas une improvisation, mais un autre maillon de la chaîne de mesures planifiées de longue date et prises dans le passé.

Cela ne fait que prouver la validité de nos préoccupations exprimées précédemment. Même les années précédentes, nous savions que les États-Unis développaient depuis longtemps des armes interdites par le Traité INF. Nous avons à plusieurs reprises informé nos partenaires à ce sujet.

Mais au lieu de remédier à cette situation inacceptable et de revenir à l’observation du Traité, les Américains ont orchestré une campagne de propagande affirmant que la Russie violait le Traité. Comme nous le voyons tous à présent, le seul but de cette campagne était de couvrir les actions de Washington qui violaient le Traité et son plan initial de s’en retirer.

Tout cela ne laisse aucun doute sur les véritables intentions des États-Unis, à savoir que, une fois les restrictions précédentes supprimées, ils seront libres de déployer des missiles précédemment interdits dans diverses régions du monde. Des politiciens américains haut placés affirment que le déploiement de nouveaux systèmes d’armes pourrait commencer dans la région Asie-Pacifique, ce qui affecte également nos intérêts vitaux, car ils seront proches de la frontière russe.

Comme vous le savez, nous n’avons jamais voulu, nous ne voulons toujours pas et nous ne serons pas entraînés dans une course aux armements coûteuse qui serait destructrice pour notre économie. Permettez-moi de vous rappeler que la Russie a une place plutôt modeste dans le classement des dépenses de défense : nous sommes au septième rang mondial après les États-Unis, la Chine, l’Arabie Saoudite, la Grande-Bretagne, la France et le Japon.

La mise au point de nos nouvelles armes avancées, véritablement uniques, a été déclenchée et, en quelque sorte, provoquée par le retrait unilatéral des États-Unis du Traité sur les missiles antimissiles balistiques en 2003. Nous étions simplement tenus, voire obligés, de renforcer la sécurité de notre nation. Nous le faisons maintenant et continuerons à le faire à l’avenir. Cela ne fait aucun doute.

Dans le même temps, compte tenu de la nouvelle situation, je charge le ministère de la Défense, le ministère des Affaires étrangères et d’autres agences compétentes d’analyser le niveau de menace que représentent les actions susmentionnées des États-Unis pour notre pays et de prendre des mesures exhaustives en vue d’une réponse réciproque.

Entre-temps, la Russie reste ouverte à un dialogue égal et constructif avec les États-Unis en vue de rétablir la confiance et de renforcer la sécurité internationale.

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Tags : Etats-Unis Nucléaire Russie






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