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Jean-Léon Beauvois : « Nous n’avons pas de prétention au pouvoir »

Un entretien très intéressant de Jean-Léon Beauvois, réalisé par le site "Lazarus Mirages". En liant libéralisme, consumérisme, individualisme et manipulation des masses, cet enseignant-chercheur en psychologie sociale livre une analyse qui recoupe celle d'un Jean-Claude Michéa. Merci à Enquête & Débat d'avoir relayé cette vidéo.

 

Cette analyse, qui pousse Jean-Léon Beauvois à utiliser un oxymore ("démocratie totalitaire") pour caractériser les sociétés contemporaines de soumission généralisée, ne doit-elle pas nous conforter dans l’idée qu’il n’y a justement aucun sens à parler de démocratie aujourd’hui, puisque ce mot est tout de même censé signifier "pouvoir du peuple" ? Si un régime dans lequel les individus se refusent à l’exercice du pouvoir, s’organise autour de la seule procédure élective, celle-ci ne doit-elle pas être considérée comme un profond leurre et le moyen même de nous tenir à l’écart du pouvoir ?

 

Nous avons là affaire à une ingénierie sociale qui est certes poussée à son paroxysme depuis la mutation du capitalisme au cours des années 1970-80, mais qui était en germe depuis le début dans les institutions politiques du gouvernement représentatif (régime conçu comme radicalement opposé à la démocratie, avant que la confusion ne s’opère au cours du XIXème siècle). C’est ce qu’explique très bien cet article de Pascale Pasquino sur la théorie de l’abbé Sieyès, penseur majeur de notre système politique durant la Révolution, qui voyait l’institution de la représentation politique comme le meilleur moyen de garantir le simple rang de producteurs-consommateurs aux individus, et de les garder éloignés de l’exercice du pouvoir, réservé à une caste bien précise. On entrevoit alors que gouvernement représentatif et capitalisme forment un bloc cohérent, pensés pour se nourrir mutuellement.

 

Voici la première partie de l’entretien de Jean-Léon Beauvois :

 

Tags : Société Consommation Démocratie



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15 réactions à cet article    


  • 2 votes
    Latigeur Latigeur 28 mars 2012 18:31

    Encore un qui veut faire le bonheur des gens malgré eux, qui sait mieux qu’eux ce qu’ils devraient vouloir.


    Le vrai totalitarisme c’est ça et c’est un marxiste qui l’a dit avec le plus de concision :


    "Si le peuple pense mal,

    changeons le peuple"


    Bertold BRECHT 


    • 8 votes
      Mr.Kout 28 mars 2012 18:53

      Latigeur ne faites vous pas la même chose en sous-entendant que ce n’est pas ce que le peuple veut ou ne veut pas ?
      J’aimerais tant que tout nos concitoyens soient démocrates et veulent exercer leur pouvoir mais ce n’est pas le cas et c’est loin de l’être.Le peuple n’en veut pas du pouvoir il veut du confort et le pouvoir,contrairement à l’idée répandue,n’est pas du tout confortable.
      Faire ce constat ne signifie pas obligatoirement que l’on veuille contrôler le bonheur des gens.


    • 1 vote
      franck2012* 28 mars 2012 20:46

      J’ai rien compris ... smiley


    • 2 votes
      Latigeur Latigeur 28 mars 2012 22:04

      Moi je regarde simplement ce que fait la majorité du peuple : il vote Hollande ou Sarkozy, vous le croyez assez imbécile pour ne pas voir les propositions alternatives ?

      Pour en être de ce peuple, je peux vous dire qu’il les connaît mais ne souhaite pas y adhérer, il a la mémoire des grands échecs de l’histoire voire de ses catastrophes, le communisme, le fascisme mis en pratique ont été des tragédies pour des millions de personnes.
      L’expression Démocratie totalitaire est vide de sens, ce monsieur se paye de mot, des milliers d’individus vivent en marge du système,aucun autre système ne l’a autant permis, toute les critiques sont admises, y compris celle de ce monsieur. Il faut aussi qu’il accepte que ces idées, son point de vue est pour l’instant minoritaire.
      Il cherche à nous persuader que nous serions manipulés, c’est son droit puisque nous sommes effectivement en démocratie mais il ne peut penser pour nous.

      • 7 votes
        Erca 28 mars 2012 22:11

        Nous sommes en démocratie ? Démontrez s’il vous plaît.


      • 4 votes
        Mr.Kout 28 mars 2012 23:25

        "...des milliers d’individus vivent en marge du système,aucun autre système ne l’a autant permis, toute les critiques sont admises,"

        De moins en moins de gens vivent en marge de ce système marchand qui tend vers le totalitaire,des lois récentes,des directives comme ils disent interdisent de s’installer dans un endroit sauvage,de vivre dans une yourte ;de refuser le système éducatif pour ses enfants,de se soigner autrement que par la médecine.Je ne sais d’où vous tirez vos conclusion je fréquente beaucoup de gens qui tente de s’émanciper depuis un certains nombres d’année,en croise un grand nombre dans des événements liés à l’émancipation et le constat est le même : c’est de plus en plus dur.

        Quand à la liberté de critique la loi gayssot ou l’arrestation des jeunes de Tarnac nous montre quelle est loin d’être totale et puis je trouve facile pour un pouvoir de prétendre la critique libre quand celui monopolise à son usage unique les moyens de communication (ne me parlez pas d’internet,ce n’est un volonté du système mais un accident regrettable pour le pouvoir selon un de ses idéologue).


        • vote
          maQiavel machiavel1983 29 mars 2012 15:53

          + 10000 Mr kout, très pertinent comme d’ habitude !


        • 3 votes
          Walid Haïdar 29 mars 2012 00:24

          Merci Erca.


          Il est incontestable que le système purement électif forme une caste de gens qui disposent institutionnellement du pouvoir politique.

          Le peuple dans cette configuration n’a que le pouvoir de choisir parmi cette caste. Ceci étant dit, je trouve que les analyses qui ne tiennent pas compte d’une part de la particularité de l’époque présente et de ses opportunité, d’autre part de la vitalité particulière de l’offre politique à un moment donné, ces analyses sont carencées, pauvres en éclairage pour l’action concrète.

          Il est clair et net que les gens qui se plaignent de l’incapacité du politique à répondre à leurs attentes et aux défis de la société se contentent souvent de ce constat, et quad ils vont "plus loin" c’est pour se vautrer dans l’illusion de la privatisation des décisions et orientations politiques, bref, se vautrer dans l’abandon de la politique aux mains de ceux qui veulent bien s’en occuper directement : les puissants.

          Or donc le peuple effectivement ne doit plus laisser quiconque gouverner à sa place, mais concrètement, par quel processus va-t-il reprendre les choses en main ?

          1/ En prenant conscience de sa responsabilité vis à vis de lui-même, qui l’oblige à s’insérer profondément dans le système décisionnel de son monde, à chaque échelle des institutions : prendre conscience que le vote est un outil superficielle bien que non inutile dans l’absolu, voire capital en certaines circonstances (comme Vénézuela avec Chavez par exemple).
          2/ En investissant un débat national et local sur la question des institutions et des modalités techniques qui permettent au peuple de véritablement gouverner. Dans cette optique, et là je fais de la politique partisane aux yeux de certains, il faut donner le plus de poifs possible à la force politique qui propose de refonder les institutions en profondeur par le biais d’une constituante : le Front de Gauche.

          J’ai évoqué l’exemple Vénézuelien, et il est très fort car il illustre que les théories qui essentialisent le bien et le mal, le bon et le mauvais (ne pas voter ou voter...), ne peuvent qu’être à côté de la plaque. Au Vénézuela, Chavez a été élu, puis c’est par la force de la rue, du peuple mobilisé, que Chavez a renversé le coup d’état fomenté par l’opposition et encadré par la CIA, qui avait été tenté contre et qui a bien failli réussir.

          Je pense qu’il est toujours très dangereux d’avoir une approche autiste de la réalité, sur la base de belles théories qui ne tiennent pas compte du frémissement présent, des forces particulières en présence.

          Je radote un peu...


          • 1 vote
            Erca 29 mars 2012 01:02

            Mais je suis d’accord avec cette analyse, je ne me sens pas concerné par l’autisme ici décrit. smiley Tout ce que j’ai dit (sur un autre fil de discussion), c’est qu’il fallait être lucide et qu’en l’état actuel des choses, les conditions ne sont pas réunies pour qu’un parti autre que l’UMPS accède au pouvoir. Sans parler des sondages, chacun peut s’en apercevoir en constatant les tendances autour de lui. Pour ma part, je compte bien utiliser mon bulletin de vote pour minimiser ce mouvement et renforcer le Front de Gauche dans les épreuves à venir, mais sans grande illusion. Les cartes seront sans doute rebattues demain !


          • vote
            Walid Haïdar 29 mars 2012 12:19

            Je ne faisais pas allusion à ce que tu écris en particulier !


            La force qui va gagner n’est pas forcément celle qui arrivera en première position. Le front de gauche sera le grand gagnant s’il arrive en troisième position (en admettant qu’il ne puisse pas passer devant). Car comme nous l’oublions parfois un peu bêtement, la politique est affaire de processus et de dynamiques.

            Un FdG fort aujourd’hui (les législatives c’est aujourd’hui), c’est la moitié du boulot de préparé pour l’avenir (c’est à dire le moment où les gens vont comprendre l’alternative, entre les libéraux et ceux qui veulent sortir du cadre).

            Mais c’est d’une difficulté énorme, à tous points de vue, y compris du fait que le PC a énormément de mal à résister à la tentation de la compromission. Il faut pousser pour contenir tout cela, et je suis certain que la base militante du PC, avec cette campagne, va avoir une influence très positive sur sa tête et ses élus, vis à vis des stratégies aux législatives.

            Bref, j’arrête de polluer ce sujet intéressant.

          • 2 votes
            alia alia 29 mars 2012 02:34

            Intéressant comme analyse !! IL est clair que l on éssaye au mieux de nous manipuler, il n y a qu’a voir la campagne électoral actuel.

            Et quoi que l on dise, les jeux sont fait !! Faut pas se leurrer, ces les parties qui ont le plus d’argents et donc les plus aptes a influencer l ’opinion public. Pour être en tête, faut propager avec les meilleurs stratèges et les meilleurs réseaux , et tout ça , ça coûte !!!


            • 3 votes
              lsga lsga 29 mars 2012 08:47

              Merci à Merci à Enquête & Déba de payer à Jean Pierre Petit les sommes qu’ils lui ont volé.


              • vote
                maQiavel machiavel1983 29 mars 2012 15:51

                On deviens critique du système quand on en sors . 

                R / Exactement ! Le survivalisme est une option pour sortir à petite échelle du système !

              • vote
                Caracole AgeNu 29 mars 2012 17:00

                ce que tu prones s’appelle le chacun pour soi, la loi de la jungle... donc machiavel désolé de te confirmer : tu es de droite ;)


              • 1 vote
                maQiavel machiavel1983 29 mars 2012 15:48

                Erca, excellent article comme d’ habitude !



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