@Qaspard Delanuit Il me semble que le sacré relève de plusieurs niveaux.
Habituellement on dit que la sacré s’oppose au profane et qu’il est une porte, un espace, un intermédiaire par lequel le croyant accède au divin.
Mais si je réfléchis au sacré à partir de moi-même, c’est à dire de mon exprérience, je vais dire qu’il n’y a pour moi rien de sacré.
Je suis croyant, mon carburant c’est la foi, c’est ça qui me fait vivre, qui me mobilise. Dieu étant une sorte d’englobant ultime pour lequel je ne suis que son esclave. Qu’est ce que Dieu attend de moi, comment faire pour que mes actes correspondent à ce que Dieu attend de moi. ça peut faire rire, mais moi je le dis sérieusement. Mais comme pour moi, il n’y a rien d’autre que la manifestation divine, il n’y a rien de sacré ou disons pas plus une chose qu’une autre chose. Tout est égal sauf Dieu ! Je ne vais pas adorer une statue, ça n’a pas de sens.
Maintenant, si je réfléchis plus avant, je vais voir que le sacré, pour moi, c’est quelque chose que, si on y touche, je me sentirais blessé. par exemple si on insulte ma mère, ça me blesse en tant que fils. Ou le prophète Mohammed, ou Jésus, ça me blesse en tant que croyant. ça veut dire que le sacré relève de l’attachement : une chose à laquelle vous êtes attaché et vous vous sentirez blessé si vous sentez cette chose blessée. Je parle là, d’un point de vue individuel, mais je crois qu’on peut le généraliser sur le plan collectif et je dirais alors que le sacré, c’est ce qui relève de l’union, du liant qui nous uni, ce qui fait que nous avons une croyance partagée.
par exemple au moment d’attentats on parle d’union sacrée. et c’est précisément ça, l’union est sacrée parce qu’elle nous concerne tous et qu’elle abolie les clivages.
un autre exemple : pourquoi est-ce que l’atteinte au drapeau est punis par la loi ?
Parce qu’il s’agit littéralement d’un sacrilège, c’est à dire qu’on considère que le drapeau à une dimension sacrée : il est la marque de notre nation, de notre union et que porter atteinte au drapeau, c’est comme porter atteinte à la nation en tant qu’elle nous unit.
De ce point de vue, le sacré à plus à voir avec la relation au sein de la communauté que le divin proprement dit. Et je reviens à mes deux dimensions, celle de l’identité dans lequel le sacré est le liant du groupe et celle de la singularité où le sacré relève de la relation à Dieu.