Je suis un parisien passionné de géopolitique. Je ne milite dans aucun parti, même si j’ai une sensibilité anti-impérialiste et appelle mes vœux un monde multipolaire.
Bonjour et merci pour cet article pertinent comme le sont souvent ceux de MaQiavel.
Mon analyse sur le retrait russe :
-
L’UE s’apprête à faire porter la responsabilité des migrations
colossales qui auront lieu cet été à la Russie : les migrants fuient les
bombardements russes sur les civils, bien sûr. - L’UE rend Poutine comptable des négociations en cours, prête à de nouvelles sanctions en cas d’échec.
Donc
Poutine prend les devants et annonce un retrait juste avant l’été,
juste avant les négociations. C’est malin, d’autant que l’effet de
surprise fait parler les curieux, y compris les USA, avec qui il parle
désormais d’égal à égal dans ce dossier.
Poutine veut mettre les
européens au pied du mur : les russes n’iront pas se faire tuer pour
défendre l’Europe du terrorisme et des migrations, sous la menace de
sanctions par dessus le marché. Entre la Libye et le Moyen Orient, ce sont plusieurs millions de nouveaux migrants qui vont affluer vers l’Europe cet été. L’Europe
doit bien comprendre qu’entre l’Etat Islamique et nous, il ne reste que
Bachar al Assad, ce qui conforte ce dernier dans les négociations. Il
est évident que ce n’est pas la passoire turque qui empêchera des
milliers de Mohamed Merah de déferler sur Paris. Donc, dès le mois
prochain, le choix "Bachar ou le chaos islamiste dans notre pays" sera
devenu une évidence pour tous les observateurs sérieux, s’il en reste.
Il
existe en effet un désaccord entre Poutine et Assad. Pour Bachar, il
aurait fallu terminer l’encerclement d’Alep et surtout le verrouillage
de la frontière turque avant le retrait russe. Il a raison, mais Poutine
ne voit que le calendrier, et de son point de vue, il a raison aussi.
A
terme, la seule solution durable, c’est la reconquête complète du
territoire par l’armée syrienne : comment imaginer la charia à Idleb,
une expérience de démocratie locale dans les zone kurdes, l’est du pays
aux mains de Daech et un état laïque dans le reste du pays ? Les
islamistes doivent être éradiqués de Syrie et les partis religieux
interdits par la constitution.
Voilà où on en est à la veille des négociations.
Pour
ma part, mon souhait immédiat est que l’armée reprenne Palmyre aux
cannibales islamistes avec le moins de destructions possibles. Alors la
route de Der Ezzor sera ouverte et la libération de la vallée de
l’Euphrate ne sera plus qu’une question de temps.
Bonjour maQIavel, J’ai bien aimé votre article, même si je pense que vous êtes mal informé sur l’armée syrienne. Elle est effectivement composée de conscrits, de toutes confessions, et donc majoritairement de sunnites. En 2011-2012, il y a eu de nombreuses désertions, et de nombreuses fuites de renseignements vers l’ennemi, mais à ce stade du conflit il n’ y en a presque plus. Il faut désormais avoir un niveau d’éducation minimum pour intégrer l’armée, les illettrés sont refusés et ceux connus comme faisant parti de clans hostiles également. L’armée a fait de grands progrès depuis le début du conflit, s’adaptant peu à peu à une difficile contre-guérilla en milieu urbain ou péri-urbain, privilégiant les embuscades au combat frontal. Les Russes fournissent d’excellentes informations satellitaires, le tracking des téléphones portables est souvent décisif, surtout les téléphones satellite (de Fabius) qui se connectent au GMS, la présence d’infiltrés parmi les rebelles, l’appui massif de la population qui signale les mouvements de rebelles, les tunnels souterrains, leurs lieux de rassemblement, etc.
A noter aussi, la grande virtuosité des pilotes de chasseurs-bombardiers qui ont renoncé à toute électronique embarquée par peur du piratage. De nos jours, une armée efficace est une armée low-tech, misant avant tout sur l’excellence humaine.
Le rôle du Hezbollah a été largement exagéré, mais l’effet psychologique a été primordial : il suffit de prononcer le mot "Hezbollah" pour que les takfiris, même les plus endurcis, se mettent à chier dans leur froc !
La ville de Yabrouk, tout près de la frontière libanaise, est tombée en 48 heures après qu’un commando du Hesbollah ait liquidé 13 chefs rebelles d’un seul coup !
Si vous souhaitez en savoir plus sur l’armée syrienne, qui je l’affirme, n’a JAMAIS commis d’atrocités contre la population, vous pouvez suivre les reportages quasi quotidiens de la chaîne russe ANNA, les communiqués militaires de l’agence SANA, le journal télévisé (en français !) de la TV syrienne, entre autres sources qui montrent chaque jour les avancées - et parfois les revers - de l’armée sur tous les fronts.