Pour autant, à partir du moment où l’on accepte de se savoir vecteur d’un système de pensées et/ou de croyances, nous pouvons dire si le bilan est positif ou négatif au regard de nos valeurs.
On ne peut donc pas vraiment reprocher à Tasin qu’elle pense que son système de pensée soit supérieur à un autre système (en l’occurrence l’Islam). C’est juste que le terme "supérieur" est connoté négativement. Et Dieudonné, à mon sens, perd des points en rebondissant sur ce point car il n’existe qu’une seule position intellectuelle qui permette de souligner à un débatteur qu’il tente d’imposer ses idées, c’est la position de celui qui s’abstient de juger quoique ce soit or Dieudonné émet des jugements sur de multiples sujets (parfois à raison à mon avis). Il n’est donc pas à même de reprocher à l’autre de défendre la suprématie de son système de valeurs sur d’autres ; et en poussant l’analyse on pourrait même lui reprocher, ce faisant, un procès d’intention puisque in fine ce que l’on pourrait craindre n’est pas la défense de la suprématie de ses idées mais la tentative de les imposer physiquement, ce que ne prétend pas Tasin ici.
Pour être clair, mon système de valeurs est basé sur l’idée que ce qui doit primer est un équilibre écologique entre les aspirations de l’humanité et son environnement, basé sur une pensée rationnelle, une approche scientifique. Cette approche est celle qui permet et dans la théorie et dans la pratique une grande souplesse dans le système de pensée (je sais bien qu’il y aura un débat sur la prétendue rigidité de la Science, mais je prétends que c’est un mauvais procès fait à la Science). Et c’est surtout un système de pensée qui s’affranchit de dire toute vérité absolue par principe. Ceux qui disent le contraire ne savent pas ce qu’est la Science en théorie et en pratique ; tout est affaire de modèle de compréhension du monde qui à tout moment peut être remis en cause et l’histoire de la pratique scientifique l’a démontré. Et cette pensée fait en outre la preuve d’un progrès, celui de la connaissance, là où le progrès d’une religion est particulièrement discutable et lent si progrès est constaté.
Et donc pour conclure, je suis honnête avec moi-même et mes valeurs lorsque je prétends que le bilan des religions est souvent nul. Religion vient du latin "religare", çàd "relier", mais en regardant la planète si bien divisée par ses croyances si différentes en théorie et en pratique, qui peut continuer à dire que les religions portent bien leur nom ?
Autant d’exactions, de crimes, peuvent être imputés à la pratique de l’Islam que celle de la religion chrétienne ou juive. Toutes sont aussi à créditer de choses positives comme l’entraide et (pendant un moment) de lien social fort. Donc à mon sens, les religions par essence sont des systèmes de croyances et de pratiques qui n’ont pas fait la preuve d’un bilan globalement positif.
Nos descendants lointains pourront peut-être un jour regarder tout cela comme l’adolescence de l’humanité, adolescence de la pensée communautaire. C’est mon avis, je le défend et je pense qu’il est supérieur à d’autres avis, car il a le mérite d’être discutable et discuté et de pouvoir aisément changer s’il est correctement réfuté par la logique, pas par un décret, une vérité assommante.
Zéro partout, balle au centre...
Et si on grandissait un peu ?