Schweizer, ce que vous dites est cohérent si vous mettez le doigt sur les artisans de ce déplacement des populations, à savoir les praticiens de l’idéologie libérale, où le capitalisme trouve son expression sublimée, c’est-à-dire en tant que fait social total. L’organisation de la société selon les "valeurs" du marché, c’est-à-dire la pseudo liberté d’entreprendre et le droit (se transformant en désir) de propriété, est la première cause de la standardisation de l’identité en tant que destructeur des particularismes. Comme l’expliquent si bien les théoriciens libéraux eux-mêmes, le libéralisme économique et culturel forme l’ensemble en tant que philosophie et doctrine libérale. La culture engendre une économie, et l’économie engendre une culture. Rejeter cette immigration-là - en tant que destructeur des identités particulières - c’est remettre en cause la libre circulation des biens, des flux monétaires et des marchandises (et l’homme est considéré comme une marchandise dans un tel contexte), c’est rejeter le système libéral, qui a tant enrichi la Suisse. Ou alors c’est ralentir cette destruction, la question étant alors : Doit-on foncer la tête droit dans le mur, ou y aller pas à pas ?