D’accord avec Castel.
Il y a un concept intéressant qui est celui de la distance ZERO.
Qu’est-ce qu’une chaise, par exemple ? Tout le monde pense le savoir. Pour l’homme de la rue, c’est un objet quotidien qu’il considère et se représente mentalement tel qu’on le voit à une distance de 2 mètres. Le menuisier voit déjà la chaise de plus près - la distance qui permet de voir les assemblages, par exemple, disons 40 cm. Pour le spécialiste du bois, puis pour le chimiste et puis pour le physicien, la distance devient de plus en plus courte.
Et la "chaise" disparaît de plus en plus, n’est-ce pas ? Peut-on s’asseoir confortablement sur des fibres de bois, des molécules, des atomes, des particules, sur des ondes, sur du vide ?
D’accord, on peut se dire qu’en se rapprochant , on s’approche de "la vérité de la chaise".
Mais est-ce bien vrai ?
Car il y a toujours une distance, si minuscule soit-elle.
C’est la distance qui nous permet d’en faire un "objet" d’observation (et de discussion). Mais ainsi, que voit-on, que décrit-on sinon la distance qui nous sépare de ce que l’on prétend voir et décrire ?
Cela ne nous informe pas sur ce qu’est la chaise à la distance ZERO, c’est-à-dire sur "la chaise en soi".
Or, à la distance ZERO, existe-t-il encore une chaise ?
Ceci n’est pas simplement un jeu intellectuel. La distance ZERO nous montre clairement que le monde tel que nous le voyons avec nos yeux ou avec notre pensée est une représentation. Cela ne veut pas dire qu’il n’existe rien d’autre que notre imagination, ou qu’il n’y a rien à connaître dans l’univers. Mais cela veut dire que la question la plus importante est celle de la manière dont nous connaissons, bref qu’il s’agit de se connaître soi-même.
Il s’agit de me rencontrer moi-même à la distance ZERO.
La distance ZERO nous montre que la connaissance de soi est INSEPARABLE de toute connaissance.