Voici ce que j’écrivais dans un article en 2011 :
« De façon générale, l’analyse présentée dans ce chapitre, et
présentant les causes des problèmes de pénurie, des conflits et de ce
que nous appelons en nous abusant "nature humaine", nous apparait
pertinente. Gandhi le disait de façon simple : "Il ne faut pas confondre ce qui est naturel et ce qui est habituel" :
ce que d’aucun veulent nous faire passer pour la "nature" humaine, ne
résulte en effet que d’habitudes comportementales prises afin de
répondre à des contingences inhérentes à nos croyances et nos peurs - ce
qui avouons-le ne manque pas d’être paradoxal. Ce qu’il est important
de préciser, c’est que cette croyance profondément ancrée chez bon
nombre d’individus, que la prédation est un fondement naturel de
l’Homme, est une croyance volontairement véhiculée par les tenants de
l’idéologie capitaliste, qui fait de la prédation la base même sur
laquelle repose toute la théorie du capital. Il faut lire Adam Smith pour comprendre ce dont il s’agit.
Les théories de Adam Smith sont loin d’être inintéressantes, même si
elles peuvent être contestées, mais ce qu’il est important de
comprendre également c’est que ce sont surtout les thuriféraires d’Adam
Smith qui ont caricaturé sa pensée afin d’en soustraire uniquement les
aspects qui les intéressait dans le but de justifier leurs propres
théories,
c’est-à-dire justifier leurs méthodes prédatrices destinées à s’emparer
du pouvoir et des richesses du monde. En cela, ces panégyristes non
seulement trahissent une bonne part de l’œuvre de A. Smith, mais
construisent une théorie radicale, extrémiste et dogmatique, qui est la
cause fondamentale de tous les maux que notre civilisation occidentale
connait. Croyez le ou non, il y a une petit groupe de gens dirigeant le
monde qui ne nous veulent pas du bien. Ces gens méprisent les peuples,
les "gens de la rue", et ne nous considèrent que comme des ressources à
exploiter et à presser, au même titre que l’on exploite les animaux, les
plantes ou le pétrole. »
Déjà en 2009, je publiais ce billet intitulé « le sophisme de l’agent Smith », disant en substance la même chose.
Je ne cache pas ma satisfaction de voir confirmer cette thèse par des archéologues. Je devrais d’ailleurs recevoir demain ou après-demain le livre de Marylène Patou-Mathis.
Morpheus