Morpheus, à mes yeux, votre définition de la politique n’en est en fait qu’une partie également.
Pour moi - et pour les Grecs, je vous l’assure ! - la politique n’est pas à notre service, la politique est constitutive de notre nature. Nous ne naissons pas individus bardés de droits mais atomes au sein d’une molécule sans laquelle nous ne serions rien. À nous de devenir individus, grâce à la politique, science de l’ordre par excellence. Nous sommes déterminés par notre condition politique, par le fait que sans le regard qu’autrui porte sur nous, nous ne sommes rien-du-tout, malgré douze comptes en Suisse. À partir du là, nous commençons toutes et tous par avoir des devoirs, on à l’égard des dirigeants, des plus riches ou je ne sais qui, mais à l’égard de la matrice. En retour, celle-ci, comme une mère nourricière, a à cœur de voir chacun de ses rejetons actualiser tout son potentiel... sans jamais que deux potentiels soient rigoureusement identiques. Autrement dit, toute idée d’égalité, en dehors de la dignité due à chacun et de l’exercice d’une loi commune, est incongrue.
Je vous parle moi d’un holisme au servie d’un individualisme.