Machiavel, vous êtes formidable...
1. Vous êtes convaincu que je veux accomplir la perfection ;
2. Vous décelez dans mon système des éléments d’impureté ;
3. Vous en déduisez qu’il est mauvais (ou incomplet) du fait que ces éléments d’impureté ne peuvent provoquer la perfection.
Alors voilà :
1. Je ne pense pas à la perfection, mais au meilleur possible (la nuance est grande et vous semblez ne pas la saisir) ;
2. Je parle de "meilleur possible", précisément parce que je connais les défauts des hommes (nous en avons suffisamment parlé depuis un an et demi maintenant) ;
3. Je mets ainsi en accord les moyens et les fins.
D’où : Concrètement, je ne doute pas que des intérêts privés puissent parasiter l’ensemble, et ça me semble même... écoutez bien... I-NÉ-VI-TA-BLE.
Seulement qu’est-ce que j’ai en face de moi ?
1. Le système actuel qui fait justement des intérêts privés une loi générale (donc oust !) ;
2. Les gens comme Morpheus qui, dégoûtés par le système représentatif, sont devenus allergiques à tout ce qui dépasse et se dresse verticalement... Mais à ceux-là je vous rejoins en leur disant "cessez de rêver à un peuple uni comme un seul homme capable de tout comprendre spontanément" ;
3. Les gens comme vous, convaincus qu’aucun homme n’est capable de rester serein en présence du pouvoir, donc que le pouvoir est un mal à gérer... au moyen de contre-pouvoirs. D’où ma petite réflexion sur les contre-pouvoirs :
Si vous entendez par contre-pouvoir le fait que des hommes se dressent devant une décision en prétendant que c’est une erreur et en proposant autre chose d’aussi construit, je dis un grand OUI.
Si le contre-pouvoir populaire se limite à laisser au peuple la possibilité de lever ou baisser le pouce face à tout ce qu’on lui présente, je réponds d’un grand NON.
Le contre-pouvoir doit être constructif, non destructif. Vous êtes tellement persuadé d’une tyrannie latente que vous introduisez de l’anarchie latente pour la compenser.
Instituer du constructif, ok. Sinon, autant garder le système actuel. Il y a contre-pouvoir tous les 5 ans aux yeux des gens qui, s’ils sont à présent convaincus que tous les partis sont aussi pourris les uns que les autres, sont, dans leur immense majorité, incapables d’être force de proposition pour changer les choses, ne fût-ce que de manière informelle, mais néanmoins publique, comme nous le faisons vous et moi (malgré nos tracas personnels).