La déontologie de celui qui écrit un essai est de citer ses références.
Quand il y a dans un essai une grosse partie recopiée sur un autre ouvrage, mais que cet ouvrage n’est pas cité dans les références, cela s’appelle un plagia.
Or Einstein a repris textuellement Poincaré mais ne le cite pas.
Donc Einstein est un plagiaire.
Einstein pouvait-il ignorer ce qu’avait écrit Poincaré ? Non.
La revue dans laquelle il écrivait, sous la direction de Planck (die Analen der Physik), une des revues les plus prestigieuse de l’époque dans ce domaine, faisait régulièrement un recensement des divers écrits en physique et résumait leur contenu pour les lecteurs. Les mémoires envoyés à l’Académie des sciences de Paris, tel que l’écrit de Poincaré le fut, faisaient partie de ces recensions habituelles de la revue.
Par extraordinaire, alors que dans l’année il y eu à la fois des mémoires envoyés à l’Académie des sciences et aussi divers écrits de Poincaré qui furent recensés par cette revue, la note fondatrice de Poincaré à l’académie et ses articles ultérieurs au sujet de la relativité (c’est d’ailleurs Poincaré qui inventa ce mot) ne furent jamais recensés !
A la place de la recension de cette note fondatrice de Poincaré, on trouve un écrit sur la relativité : Cet écrit ne cite aucune référence à aucun auteur, ce qui est très inhabituel en physique, d’autant plus pour une revue aussi prestigieuse.
Or cet écrit se montre vraiment très semblable à celui de Poincaré... l’auteur est un jeune "génie" âgé d’une vingtaine d’année, nommé Einstein.
Einstein était certainement en lien avec Planck via Munich car l’oncle d’Einstein avait une société d’électrification à Munich - il aurait électrifié la fête de la bière, où vivait la famille de Planck : J’imagine bien Planck faire connaissance de l’entreprise Einstein&Cie pendant la fête de la Bière, à s’extasier sur le progrès et la fée électricité.
Mais il faut aussi comprendre qu’à l’époque la tension entre la France et l’Allemagne était très forte : nous sommes à 9 ans de la 1ère guerre mondiale. Une théorie qui révolutionne toute la physique, ce n’est pas si courant : un précédent fut Newton dont le prestige fut immense, prestige dont se servit admirablement bien l’Angleterre sur le plan politique. Cela dit Newton a aussi beaucoup plagié.
On peut donc dire que cette affaire est une sorte de première escarmouche Franco-Allemande, prélude à la guerre, sur fond de compétition impérialiste (1905, c’est aussi la crise de Tanger http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_de_Tanger).
Mais cela n’excuse pas tout. La science doit fonctionner selon une certaine déontologie. Il convient de citer ses sources, sinon personne ne communiquerait jamais rien à personne, de peur de se faire voler son travail.
Dans le cas de la relativité, le plagia est évident et le manquement à la déontologie est flagrant.