A un stimulus donné vous
avez une réaction donnée que vous pouvez reproduire
30% ce n’est pas 100%, voyez-vous. Dès qu’il s’agit de l’homme, ça devient des statistiques. C’est vrai en sociologie, comme en politique. D’ailleurs, ces 30%, ça dépend de l’état moral, de l’âge, de la culture,...etc
On n’a pas besoin d’autre chose pour contrer les
manipulations que la connaissance de ces phénomènes.
C’est comme si vous me disiez que pour soulever des haltères très lourdes, il suffirait de s’assoir sur un canapé et analyser tout plein de vidéo d’haltérophiles. Mais non. Il faut s’exercer les bras. La force des bras ne vient pas par une connaissance objective, mais par un travail de ses muscles.
C’est comme si vous me disiez que pour devenir un excellent footballeur, il suffirait de regarder des matchs à la télé et de les analyser. Mais non. Il faut s’entrainer. L’habileté du pied ne vient pas par une connaissance objective, mais par l’exercice.
C’est comme si vous me disiez que pour devenir un excellent guitariste, il suffirait d’avoir une grande connaissance objective de la guitare. Mais non. Il faut répéter. L’habileté de la main ne vient pas par une connaissance objective, mais par de l’exercice.
Et bien c’est pareil pour l’intellect que pour le muscle, le pied, ou la main : la connaissance objective d’un phénomène ne suffit pas, ce ne serait que remplir sa mémoire. Ce qui est nécessaire, c’est l’habileté de l’intellect en situation, et ça ça ne s’apprend pas avec des discours objectifs. C’est un exercice de l’intellect lui-même, donc un exercice sur la subjectivité, ce qui implique des mises en situation répétées, réelles ou symboliques.
Celui qui n’a jamais eu peur est démuni face à une peur qui l’envahit.
Cette croyance que seule les sciences objectives importeraient est non seulement scientiste, mais naïve. L’homme a un moral, il doit donc apprendre à s’en servir. C’est un fait objectif. Il y a donc des sciences subjectives qui regardent à l’habileté du sujet quant à son moral.
Si vous voulez reprendre la définition de l’intelligence :
Organisation du réel en pensées et en actes.
Une connaissance objective est accessible à la conscience, elle peut donc être pensée par des concepts ; c’est la partie rationnelle de l’intelligence, qui peut organiser le réel en pensées.
Mais que signifie organiser le réel en acte ? Il n’y a pas là de place pour le concept, c’est un quasi-réflexe, sans pensée verbale, qui se passe dans le feu de l’action. Organiser le réel en acte ne dépend donc pas d’une connaissance objective, mais d’une sorte de prestance subjective, et relève donc du savoir-être en situation. C’est une intelligence pratique du sujet, et non une intelligence théorique de l’objet par le sujet.
L’intelligence théorique de l’objet par le sujet, ne suffit pas à l’intelligence pratique du sujet, et de très loin !
En fait, vous me semblez hésiter ici : vous semblez comprendre d’un certain point de vue que la connaissance théorique ne suffit pas, vous penchez donc à vous en remettre à un pur empirisme en insistant sur le phénomène et récusant toute théorie, cependant, comme vous voulez en déduire des parades, mais que vous avez un penchant scientiste, vous cherchez une solution du coté d’une conceptualisation théorique et objective du phénomène...
Vous naviguez à vu entre empirisme et conceptualisme, au gré de ce qui vous arrange dans la situation, c’est votre danse du ventre habituelle.
C’est juste qu’il vous manque l’idée qu’il y a des sciences subjectives, dont l’objet est de former l’intelligence pratique du sujet, ses manières d’être, son savoir-être en situation.