Je suis globalement d’accord avec ce que vous dites Eric. Je réagissais par rapport à une affirmation initiale inexacte et des comparaisons, à mon sens, qui n’ont pas lieu d’être. Maq semble penser que j’ai une dent particulièrement envers certains pays de destinations de ces gens (mon vocabulaire peut le laisser penser en effet et j’assume pleinement : l’islamisme radical n’a rien d’un fantasme. J’habite en région parisienne et je vois bien comment les choses évoluent dans le quartier dit sensible à côté de chez moi : certains comportements n’existaient pas il y a encore 10 ans...), ce qui n’est pas le cas. Je dis juste qu’il ne faut pas tout mélanger : Le cas particulier de cette affaire réside dans la mise en danger du mineur (en plus de l’enlèvement). Le cas des majeurs est différent.
"En l’état actuel de nos lois, il me semble qu’on l’a laissé partir, et d’une, et qu’on la laissera revenir, et de deux. La nation française est en berne, et ce n’est pas joli à voir. La paperasse administrative, c’est bien secondaire."
En matière de législation il faut être pragmatique : J’ai évoqué le cas de l’autorisation de sortie du territoire pour démontrer que si l’on veut on peut empêcher certains cas (pas tous évidemment ... certains motivés parviendront à quitter le territoire malgré toutes les mesures) c’est possible (du moins ça l’aurait été si cette procédure administrative n’avait pas été supprimée en 2013). La "paperasse" comme vous dites aurait impliqué dans le cas présent un contrôle à la sortie du territoire et aurait sans doute empêché ces gamins-là d’être enlevés (peu importe leur destination) et leurs parents confondus par la justice. Je n’affirme absolument pas que cela règle toutes les situations, mais au moins celle évoquée dans le sujet.
Derrière, et vous avez raison le sujet est plus vaste que ce cas particulier, il y a toute la problématique de l’acquisition de cette nationalité qui fissure ce que nos politicards appellent "pacte républicain" et que j’appellerai tout simplement la "vie en société française en partageant un socle de valeurs et un destin communs" : tous les jours je côtoie des types qui, par leur comportement, expriment clairement qu’ils se considèrent avant tout comme autre chose (cela peut être une religion ou le sentiment d’appartenance à un peuple ...) avant d’être français. Ce n’est pas spécifique à la France (vous avez la même chose en Suède, en Angleterre, Belgique ...). Et pour beaucoup la carte d’identité n’est qu’un papelard permettant d’accéder à des droits avec en toile de fond les reliquats de ressentiments post-coloniaux qui, quand on discute avec ces personnes, ressemblent à une sorte de revanche pour eux à prendre sur une histoire qu’ils n’ont même pas vécu eux-mêmes bien souvent (un peu comme si j’en voulais éternellement à mes compatriotes contemporains pour ce qui s’est passé il y a 70 ans alors que la plupart n’étaient mêmes pas nés ... ça n’a aucun sens)
Sans être spécialiste du droit sur la question, "Interdire à quelqu’un de revenir" dans son propre pays ne parait pas possible légalement parlant. En revanche des mesures dissuasives fortes dans ces cas sont possibles : suppression de l’autorité parentale s’il est avéré que ces pseudos parents djihadistes (désolé mais il n’y a que dans ces cas-là que cela se produit... j’y peux rien) ont embarqué avec eux un mineur sur un théâtre de conflit armé (là inutile d’inventer de nouvelles lois) + accusation pour mise en danger d’un mineur (idem) + suppression de toute aide sociale (sauf si elle concerne l’enfant qu’il ne s’agit pas de punir) et éventuellement déchéance de la nationalité avec de très nombreux bémols (à ma connaissance on ne pas rendre qq’un apatride et j’imagine qu’aucun pays ne voudrait offrir la nationalité à de tels tarés ... le sujet est complexe).
"La nation française est en berne, et ce n’est pas joli à voir"
Oui je suis d’accord mais ce que vous appelez paperasse est le Droit. Les considérations sur l’état pitoyable de la nation sont une chose et traiter les cas pratiques en est une autre.