Alain Soral est tout simplement un intellectuel punk, c’est un genre culturel en soi, et c’est dans le cadre de ce genre qu’il faut juger de sa performance, qui d’un point de vue théâtral est assez belle comparé aux insipidités que nous sert la télévision officielle. Pour ce qui est du contenu, à part le fait qu’il combat l’oligarchie médiatique du strict point de vue de la vibration musicale, ce qui est un immense et admirable talent en soi, il a tout faux, et il le sait. Son art de séduire le public est à la base de très exactement le même genre de mensonge que son art de séduire les femmes, il n’y a pas de chanteur ou de discoureur honnête en ce domaine, et de plus il faut faire explicitement affaire avec des entités spirituelles louches. Une personne réellement dissidente à 180dg par rapport au système ne peut tout simplement pas dialoguer avec plus d’une douzaine d’amis.
Être un gourou de l’opposition la plus manifeste, c’est être déjà très récupéré et jouir de protections en plus haut lieu encore que ceux qu’on dénonce. Soral est un frustré qui lutte comme il peut pour se faire la place au soleil qu’il eût préféré avoir plus simplement, par les canaux de télévision alignés ; il se contente du deuxième choix de toujours qui est de se constituer en axe du mal, qui ne rapporte pas autant, qui demande bien davantage d’efforts, mais qui vogue quand même bien au-dessus des petites gens qu’il dit défendre, c’est un petit entrepreneur poujadien aux prises avec les grands trusts mais dépendant en fait d’eux pour beaucoup d’intrants et de sous-contrats.
En termes marxistes, c’est un petit-bourgeois qui même ruiné jusqu’à devenir clochard restera petit-bourgeois de par tous ses agissements, de par tous ses efforts de s’en sortir, et sera toujours le plus utile à toutes causes fascistes, à toute cause de remise au pas des petites gens pour la plus grande gloire du capital par le biais du corporatisme, et de l’exaltation nationaliste de racines mortes depuis longtemps. La réalité, c’est que le peuple français dit de souche est au moins aussi mondialiste que son élite et aurait préféré n’avoir que la culture américaine, il en veut surtout aux intellectuels qui veulent le rappeler à un héritage qu’il refuse et qui en fait n’a jamais guère été le sien.
La réalité, c’est aussi que la République française ne se justifia d’être au monde en fait, de par ses ambitions les plus explicites et les plus faussement généreuses qu’en tant que toute première incarnation théorique du mondialisme (financier aussi bien qu’intellectuel), ne disposant malencontreusement pas encore des pouvoirs et des ressources pour laminer les cultures autres au profit de la sienne seule en dehors du cadre de l’Hexagone en Europe : elle doit en fait le peu qui lui reste de prestige dans le monde à la foi mondialiste de type onusien et aux réseaux maçonniques présents dans le tiers-monde, un peu comme Athènes qui parvint à se faire connaître en tant qu’éducatrice de l’empire alexandrin puis romain. Cela en contraste avec l’empire britannique qui entendait simplement agir en rentier sans scrupules pour mieux enrichir son mode de vie insulaire, ou avec l’empire allemand qui entendait dominer toutes les autres nations sans aucune ambition de faire "bénéficier" les autres de sa culture. Toutes les grandes guerres que le reste de l’Europe fit contre la France furent des révoltes des nations contre l’idée mondialiste dont la France devenue incapable d’être plus avant la protagoniste devint vite la putain, et une putain de classe allant diminuant.
Alain Soral ne publie rien de ce qui pourrait lui faire trop d’ombre dans son registre idéologique même, et bien entendu bloque toute remarque à l’effet que ses prises de position sont non seulement erronées par rapport aux faits (excusez-moi, l’Holocauste a bien eu lieu, cette salade comme quoi il n’a pas eu lieu n’a pu devenir crédible et séduisante qu’une fois décédés les témoins oculaires et les rescapés des déportations que naguère tous les Français comptaient parmi leurs proches parents, passés à un cheveu d’être dans le catégories exterminées : ce qui est abominable et qu’il faut dénoncer, c’est l’usage mercantile et anti-humaniste de la mémoire des victimes par leurs héritiers supposés, qui est équivalent à un sacrifice humain rétrospectif) ; mais surtout, condamnent leur auteur lui-même en premier lieu.
En particulier, Soral souhaite de manière instante que le catholicisme redevienne la première religion de France à titre officiel : sauf que Soral représente l’archétype social, l’artiste libre-penseur, que l’Église catholique traditionnelle combattit toujours en priorité, en faisant alliance avec tous les pouvoirs nécessaires pour l’écraser. J’aurais voulu voir Soral dans l’Espagne de Franco, régime politique du vingtième siècle le plus en accord avec les vues qu’il dit défendre.
L’idée de réconciliation des Français de souche et des immigrants musulmans sur le dos de la "communauté organisée" ne marchera jamais car l’ennemi héréditaire premier à abattre des la Oumma musulmane c’est la France, non même pas Israël. La communauté musulmane sent en quelqu’un comme Soral un prototype d’être inférieur à décapiter rituellement dès que la situation le permettra.