Après avoir achevé la lecture du très utile livre de Majid Oukacha,
j’ai lu le "très bon mauvais livre" d’Abdennour Bidar Plaidoyer pour la fraternité, qui se lit beaucoup plus vite.
Forcément très bon livre puisque l’auteur y appelle à la fraternité,
laquelle est une très bonne, une très souhaitable chose, qu’on aimerait voir
appliquée vite et partout si l’on a un peu d’humanité en soi.
Très mauvais livre parce que Bidar appelle à la fraternité en
répétant partout cette énormité : l’islam est compatible avec la laïcité !
S’il y a une chose que le prophète Mohamed et les rédacteurs du
Coran présentent avec insistance comme étant absolument incompatible avec la nouvelle religion qu’ils viennent
de créer, c’est bien ce qu’on nommera plus tard la laïcité.
J’aime bien Abdennour Bidar, comme j’aimais bien Malek Chebel quand
je l’écoutais pour la première fois mais, avec les années, celui-ci est devenu
le principal, le quasi-officiel porte-parole, en France, de ce flagrant néo-négationnisme, qui nie le totalitarisme et la violence basique, théologique, constitutive de l’islam.
Je me demande maintenant avec une certaine angoisse si les frères
Bencheikh - que j’aime bien également - vont tenter de ravir à Abdennour Bidar
la place qu’il a prise à Malek Chebel dans la compétition pour le rôle de
premier négateur français de la réalité islamique.
Car je les crois capables d’écrire de bonne foi un aussi "très mauvais bon livre", tout aussi bien intentionné, que celui d’Abdennour Bidar.