@Qaspard Delanuit
Non, l’image de la dissuasion nucléaire est parfaitement parlant : la dissuasion passe par une menace suffisamment explicite pour que celui qui serait tenter de franchir certaines limites en soient dissuadées.
Il en de même par exemple avec la légitime défense : la légitime défense implique l’idée qu’il soit possible de tuer celui qui cherche à attenter à votre vie : il faut que cette possibilité soit réelle pour que la menace soit efficace. Il en est ainsi de beaucoup de relations humaines dont les limites découlent de rapport de force : sans eux nous serions sous la domination des pervers.
Je citais récemment Jünger qui déclare "On veut nous faire croire que l’inviolabilité du domicile est garanti par la constitution, il n’en est rien, ce qui la garanti, c’est le père de famille sur le seuil de sa porte, ses fils à ces côtés, la cognée à la main".
Cela ne veut pas dire qu’il faille découper les gens à la hache, mais que ceux qui voudraient passer outre le respect du domicile doivent s’attendre à une riposte.- réellement -.
En ce qui concerne les châtiments prescris par Dieu, Huddud, il faut comprendre plusieurs choses :
- que leurs valeurs est dissuasives : le vol et l’adultère étant nuisible au corps social, il faut bien engrammer dans la conscience des gens l’impossibilité de les pratiquer : "Et si ta main t’entraîne au péché, coupe-la."(évangile) " moi je vous dis que celui qui convoite la femme de son voisin à déjà commis l’adultère".(évangile) La menace de la sanction nous éloigne de la faute encore faut-il que la menace soit réelle.
- les huddud, sont décidés par les juges mais ne peuvent être appliqués que par le gouverneur, c’est à dire celui qui représente l’autorité.
ce qui veut dire d’une part que les huddud doivent être le fruit de la procédure judiciaire : il est hors de question de se faire justice soit même ou de procéder au lynchage. Ils ne peuvent être prononcés que par des juges reconnus par leur sagesses et appliqué par la force publique.
Pour ce qui est du gouverneur, c’est celui qui a autorité, et l’autorité repose précisément sur la possibilité d’appliquer les châtiments.
Enfin, Dieu nous donnant l’exemple de sa miséricorde et nous exhortant au pardon, Il nous laisse, dans la façon de rendre justice une large possibilité d’attitude : il faut couper la main au voleur, mais il faut donner à manger à celui qui vole parce qu’il a faim. "
"Mais le coupable qui se repent et s’amende, Dieu lui revient, Dieu pardonne, il a pitié."
Vous me dites que certains croyants les appliquent de façon littérale, c’est possible.
Mais il y a un principe en Islam, qui considère que l’homme à la capacité à se gérer lui-même, qu’il est libre de déterminer lui-même les moyens qu’il met en oeuvre en matière de justice : on appelle ça la souveraineté, souveraineté fondée sur une liberté qui comme toute liberté est celle de pouvoir commettre des erreurs.
Donc, d’un point de vue islamique il n’y a pas de raison de contester la légitimité d’un peuple musulman a organiser la justice telle qu’il l’entend. La seule chose qui soit possible est de présenter un autre point de vue et d’aider à l’éducation.