@ Sarah
Le mot "hérétique" n’a pas forcément un sens péjoratif, étymologiquement en grec hérésia c’est un choix, les hérétiques étant ceux qui suivent une autre voie avec d’autres raisons dogmatiques. Chaque religion a les siens. Les hérésies étaient d’ailleurs nombreuses parmi les chrétiens dans ces premiers siècles. Certaines subsistent puisque les églises d’Orient ne sont pas pour la plupart trinitaires. Raison probable pour laquelle l’islam a émergé autour de paroles qui ont eu la vertu de fédérer. C’est ainsi que je le comprends.
Olaf lui-même l’admet puisqu’il écrit "l’islam est le fruit d’un processus très long et très complexe de réécriture de l’Histoire, s’enracinant dans une foi judéochrétienne déviante".
Et c’est exact, les principales hérésies de l’époque dans cet Orient étant le monophysisme > consubstantialité père-fils / le docétisme > l’aspect humain du Christ est une pure illusion, d’où la crucifixion une illusion aussi / le nestorianisme > deux personnes, l’une divine, l’autre humaine, coexistaient en Jésus-Christ / la conception trinitaire selon Nicée / l’arianisme > défend que la position du Père est supérieure à la position du Fils dans la Trinité.
De là à dire, qui, parmi ces hérétiques avaient raison c’est une toute autre histoire [ que je n’ai pas tranchée ], la question vaut celle du sexe des anges
, et à priori, pourquoi les catholiques auraient le monopole de la Vérité ? le nombre ne justifie pas d’avoir raison.
Par contre quand Olaf ajoute "rendue folle par les espérances messianistes", on sort de la neutralité de l’historien pour poser un jugement de valeur du domaine de la foi.
Pour ce qui est de la création de ces paroles, celles du Coran, comme toute vraie création quelle soit littéraire ou poétique, elle trouve sa source dans l’inspiration ou l’Inspiration ainsi les magnifiques épopées des Aèdes, car cela procède du mystère, et c’est bien la propre du "spirituel", qui procède de l’esprit. De l’Esprit Saint diraient les chrétiens (dont on ne voit pas pourquoi, s’il existe, ils en auraient le monopole). Si l’on prend la Bible, le Verbe s’est manifesté de bien des manières, n’est-il pas ?
J’opposais également d’ailleurs à Olaf et E-M Gallez de manquer d’une certaine logique qui les met en porte-à-faux par rapport à leurs propres Écritures : "Gamaliel, docteur de la loi, estimé de tout le peuple"
(5/34) ?
Actes 5/33 à 40 "Si
cette entreprise ou cette œuvre vient des hommes, elle se détruira ;
mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez la détruire. Ne courez pas
le risque d’avoir combattu contre Dieu."
Force est d’admettre que 14 siècles plus tard, cette entreprise a prospéré, même si cela ne plaît pas à certains, et qu’il faut faire avec. Même si l’on n’en comprend pas les ressorts, on ne peut rester indéfiniment dans le déni, ou le rejet, ce qui n’est ni pertinent d’un point de vue intellectuel, ni fraternel.