@yoananda
"Mais en dehors de ces considérations ce sont les présupposés
anthropologiques que je rejettes à la lumière des découvertes de la
science moderne. L’homme n’est ni rationnel, ni conscient, ni un
individu (sauf de manière ponctuelle et au prix d’un effort important)"
Dont certains ont eu l’intuition depuis longtemps. Dans "De la démocratie en Amérique" Tocqueville décrit ainsi, en 1840, les conséquences de la sorte d’oppression dont sont menacés les peuples démocratiques :
"...je vois une foule
innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans
repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs,
dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme
étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis
particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine ; quant au demeurant
de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais il ne les voit pas ; il
les touche et ne les sent point ; il n’existe qu’en lui-même
et pour lui seul, et s’il lui reste encore une famille, on
peut
dire du moins qu’il n’a plus de patrie."
Schopenhauer (1788-1860) a cette phrase géniale : "L’homme peut certes ce qu’il veut, mais il ne peut pas vouloir de qu’il veut", et Gustave Le Bon (1841-1931) souligne combien l’affectif l’emporte sur le rationnel dans les comportements de l’être humain.
"Les raisons que nous attribuons à nos actes constituent rarement leurs vrais mobiles. Elles servent surtout à justifier les impulsions sentimentales et mystiques qui nous font agir."
"La raison sert beaucoup plus à justifier la conduite qu’à la diriger."
"Les disciplines purement rationnelles qu’on prétend généraliser aujourd’hui resteront toujours impuissantes à dominer les impulsions instinctives."