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Commentaire de Emma Joritaire

sur Clouscard : domination par le marché du désir


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Emma Joritaire 27 juin 2017 21:12

@yoananda

"Mais en dehors de ces considérations ce sont les présupposés anthropologiques que je rejettes à la lumière des découvertes de la science moderne. L’homme n’est ni rationnel, ni conscient, ni un individu (sauf de manière ponctuelle et au prix d’un effort important)"

Dont certains ont eu l’intuition depuis longtemps. Dans "De la démocratie en Amérique" Tocqueville décrit ainsi, en 1840, les conséquences de la sorte d’oppression dont sont menacés les peuples démocratiques :

"...je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine ; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais il ne les voit pas ; il les touche et ne les sent point ; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie."

Schopenhauer (1788-1860) a cette phrase géniale : "L’homme peut certes ce qu’il veut, mais il ne peut pas vouloir de qu’il veut", et Gustave Le Bon (1841-1931) souligne combien l’affectif l’emporte sur le rationnel dans les comportements de l’être humain.

"Les raisons que nous attribuons à nos actes constituent rarement leurs vrais mobiles. Elles servent surtout à justifier les impulsions sentimentales et mystiques qui nous font agir."

"La raison sert beaucoup plus à justifier la conduite qu’à la diriger."

"Les disciplines purement rationnelles qu’on prétend généraliser aujourd’hui resteront toujours impuissantes à dominer les impulsions instinctives."


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