@maQiavel
Parce qu’au fond, si c’est un
périmètre qu’on peut réduire arbitrairement comme on veut sur des coups de tete, il pourrait par conséquent, m’exclure
un jour, mon épouse, mes enfants, mes petits enfants à venir, mes descendants, mes amis, mes connaissances et ainsi de suite.
Arf, j’ai failli aborder ce sujet dans le message précédent, j’ai hésité, mais puisque tu me tends la perche, je te réponds.
Non, je ne crois pas, et c’est précisément pour ça que j’estime que ton choix de critère est bancal.
Je ne sais pas exactement comment on définit le meurtre dans la loi, mais, je sais pourquoi il y a un "fonction anthropologique" de premier ordre.
Ce n’est pas parce qu’on interrompt prématurément la vie d’un membre de l’espèce qu’on interdit de tuer, ça ne l’a jamais été, et d’ailleurs, il y a des interruptions de vie tous les jours pour tout un tas de raisons dont on se moque pas mal.
L’humain est un être relationnel. On n’interdit pas de tuer à cause du mort, mais à cause du tort que ça cause aux relations de ceux qui vivent. En gros c’est grave parce qu’il y a un ou des humains (vivant) dont on perturbe le réseau relationnel. Sinon, si on considère la chose de manière mécanique, ben le meurtre c’est très différent en soi d’une mort par accident, par maladie, vieillesse ou je ne sais quoi ...
Donc, définir le meurtre mécaniquement, du point de vue de l’organisme lui même, et sans prendre en compte son réseau relationnel, les autres membres de l’espèce avec qui il interagit de manière régulière, c’est déshumaniser cette notion, et lui enlever ce qui fait sa notion de meurtre plutôt que de simple "interruption mécanique de vie".
Oui, du coup, ça laisse place à un "arbitraire" émotionnel, qui n’en est pas vraiment un. Quand tu dis qu’on peut contourner cet interdit par des raisonnements "abstraits", c’est tout l’inverse, ce sont des raisonnements concrets, c’est à dire, émotionnellement motivé, ou relationnellement motivé pour être plus précis. C’est toi qui raisonne abstrait ici, que tu t’en rendes compte ou non.
Au moyen age, un enfant sur 2 mourrait avant l’age de 10 ans. C’était juste pas émotionnellement viable de considérer le non adulte comme un "membre de l’espèce" (parce que ça implique des émotions liées au relations), donc, en tuer un n’était pas forcément un meurtre à cette époque. Tu n’étais membre à part entière de la tribu, du clan, de l’espèce qu’après avoir survécu à l’enfance. Donc oui, ça a existé ce que tu dis, cet "arbitraire" qui te fait tant peur. Mais même toi si tu avais vécu à cette époque, tu te serais aligné avec ça, parce que tu aurais du gérer 3 ou 4 morts d’enfants en tant que parent.
Aujourd’hui, on a le luxe d’avoir pu repousser cette "barrière" au point qu’on peut s’attacher (interagir) avec un nourison et même un foetus pour peu qu’il bouge dans le ventre de sa mère, mais on reste des être émotionnels, relationnels, et c’est ça qui dicte notre raison, et non l’inverse. C’est pour ça qu’on (le législateur) (à mon avis) ne fait pas de raisonnement abstrait, mais un raisonnement concret, émotionnel, et qu’il autorise à "tuer" en deçà d’un certain seuil, comme on l’a toujours fait.
Bon, peut être que nous assistons à une nouvelle ère anthropologique et que maintenant chez certaines personnes comme toi, c’est la raison "pure" (le surmoi) qui dicte les émotions, telle que voulu/espéré par les lumières, au lieu de l’inverse ou ce sont les émotions qui dictent les raisonnements ; Mais tu n’es pas la majorité, loin s’en faut, pour l’instant. Tu es même plutôt à part. Tu es l’homme nouveau voulu par la république. Mais moi, par exemple, je ne le suis pas. Nous ne sommes pas tout à fait de la même "espèce". Tu es un vulcain 
Du coup, de ton point de vue, c’est toi qui es "logique", puisque t’es câblé différemment et que la raison "émotionnelle", ce n’est pas la raison de ton point de vue.
Je ne vais pas pouvoir aller plus loin dans mon explication parce que la, on atteint les limites de ce qui es possible d’exprimer avec des mots. Bon du coup, je comprends ta position. Ce n’est pas la mienne.