@micnet
Puisque
personne n’a été culpabilisé, et que personne n’a tenté de culpabiliser qui que
ce soit, alors tout va bien et ne parlons plus de point godwin (puisqu’il s’agit
de se référer à un événement au fort contenu émotionnel comme la Shoah par
exemple pour discréditer l’interlocuteur, le faire se sentir coupable et l’amener à se justifier de ne pas etre fasciste ou nazi).
Par
ailleurs, avec tous les clashs monumentaux que j’ai eu sur ce site, vous pensez
réellement que parce que vous dites que mon argumentation est stupide, ma fragilité
est telle que je vais le prendre personnellement ?
Vous et moi ne sommes pas sur
ce site depuis hier, vous devriez un peu mieux savoir que ça ne
correspond pas du tout à mon personnage.
Ce n’est pas
parce que vous dites que mon propos est con que vous dites que je suis con, je
sais un peu faire la différence entre qualifier une personne et un propos. Moi-même,
je n’ai aucun problème à dire d’un propos que je le trouve absurde ( même si je
le fais beaucoup moins qu’à une certaine époque parce que les gens sont susceptibles
et qu’ils le prennent mal, donc je prends des pincettes pour ne pas que ça
dégénère pour rien et rester dans l’échange courtois), ça ne veut pas dire que je
dis que la personne est absurde. Tout le monde, vous, moi, le pape et lady
gaga, tient à un moment ou à un autre des propos absurdes et stupides donc je ne vois pas pourquoi votre propos me scandaliserait.
Bon, maintenant
qu’on a débroussaillés les possibles malentendus, si vous êtes logiques, vous
devriez trouver la plupart des mes propos stupides, pas juste celui là. Si, si,
je vous explique : il y’a très peu de choses que je déteste autant que les
deux poids deux mesures et les jugements à géométrie variables. Pour éviter d’en
faire, dans mes jugements sur l’organisation sociale, je me réfère à des
principes. Par exemple, votre voisin fait du bruit avec sa tondeuse à gazon et
ça vous dérange. Je ne vais pas immédiatement juger qu’il a tort et qu’il doit arrêter
comme s’il ne s’agissait que d’un cas ponctuel sans aucune relation avec d’autres, je vais remonter à des principes
généraux qui me permettront de juger ce cas particulier. Et si un jour le coq
de mon voisin fait du bruit et me réveille, je jugerai de la même façon en
remontant aux principes qui m’ont permis de juger la première situation avec la
tondeuse. Vous, vous devriez dire « mais c’est stupide, une tondeuse n’est
pas un coq, ça n’a rien à voir » et moi je vous répondrai qu’il existe des
principes généraux, des axiomes d’universalités, qui permettent de juger de la même
façon les deux cas.
Beaucoup de
gens émettent des jugements concernant un cas particulier, sans se poser la
question du caractère général de l’argument qu’ils utilisent. Et si on leur
donne un exemple pour en montrer les implications, ils répondent « ça n’a
rien à voir » ou « c’est stupide ». Partant de là, c’est presque
l’ensemble de mes propos sur ce site que vous devriez trouver stupide parce que
je m’interroge beaucoup sur les conclusions principielles qu’on peut tirer d’un énoncé.
Et c’est
exactement ce qui se passe ici : je remonte à des principes généraux et tire
simplement les conclusions générales de votre conception de la liberté d’expression
pour voir ce qu’elle implique. Et je constate que je ne peux qu’y être foncièrement
opposé. Me répondre que mes exemples sur la Chine et la Corée du nord sont hors
de propos parce que notre débat est purement Franco-français est pour moi
absurde, il y’a d’ailleurs, sans exagérer, plusieurs dizaines d’implications de
votre conception de la liberté d’expression que je trouve nuisibles.
Je dis
effectivement que votre conception de la liberté d’expression qui se dégrade en
un continuum d’état est nuisible parce qu’elle permet à n’importe qui de s’en
revendiquer si tant est qu’il trouve d’autres acteurs pires que lui, ça vide ce concept (compris dans le sens libéral du terme)
de sa finalité politique. Et donc effectivement, je préfère très largement un ennemi acharné
du droit à s’exprimer.