@micnet
« Si vous estimez que les
droits de la femme en Arabie Saoudite sont les meilleurs possibles, je n’ai pas
à vous contredire »
Voilà donc
ma réponse générale. Je considère votre conception de la liberté d’expression (
et des droits en général) absurde. Ne le prenez pas mal, je ne dis pas que
vous, vous êtes absurde en tant que personne mais que votre conception l’est.
Les droits
et libertés naissent dans un contexte philosophique particulier, celui des lumières
( qui ont repris en partie des notions hérité de l’antiquité dans un contexte
de lutte contre les absolutismes religieux et monarchiques). La liberté d’expression
en fait partie. Quand je parle de cette notion, c’est donc en relation avec la
philosophie libérale.
Alors, monsieur
Tartempion à fait le droit de donner un nouveau contenu à cette notion et de
considérer qu’une dictature fermant le clapet à tous les opposants serait le
summum du respect de la liberté d’expression, c’est un grand classique dans l’histoire
des idée, les concepts sont en permanence déconstruits et reconstruits. Mais j’ai
le droit de lui répondre que sa conception de la liberté d’expression est
grotesque et dangereuse, pas parce que j’ai construit ma propre conception selon mes désirs
personnels mais parce que je me réfère au corpus philosophique qui a donné
naissance à cette notion. Oui, juger à partir de la philosophie libérale a du
sens. De la même manière que juger, à partir du corpus féminisme que l’Arabie
Saoudite n’est pas un pays respectueux du droit des femmes a du sens.
Est-ce que
pour autant, je veux imposer au monde entier cette conception libérale de la liberté
d’expression ? Bien sur que non, chaque pays fait ce qu’il veut. Par
contre, si des pays se revendiquent de ce principe et qu’ils font exactement l’inverse
de le respecter, je peux dire que c’est une tartufferie. Et c’est valable pour
n’importe quel acteur, que ce soit une organisation, un média, ou une personne. Vous, par
exemple, lorsque vous m’avez dit plus haut que pour vous la liberté d’expression
s’évalue comparativement, eh bien je réponds que je suis foncièrement opposée à
votre conception. Ça ne veut pas dire que je veux vous imposer la mienne mais
qu’au regard du corpus philosophique qui a donné naissance à cette notion, j’estime
avoir le droit de dire que votre conception est dépravée.
De la même manière,
vous avez tout à fait le droit d’estimer que moinsser un article est
liberticide. Et moi de vous répondre que si on se réfère aux principes qui
ont présidé à la formation de la liberté de la presse, refuser une publication
n’est en rien contraire à la liberté d’expression, depuis que la presse existe,
toutes les rédactions refusent des articles d’auteurs pour une raison ou une
autre ( en occurrence j’ai refusé des articles simplement parce qu’ils étaient
mauvais, c’est-à-dire écrits avec une syntaxe digne d’un élève de primaire ou
alors parce que les vidéos ne correspondaient pas du tout au texte, je n’exagère
pas mais je ne citerai pas le rédacteur de la plupart de ces articles parce qu’à mon avis ça relève d’un
problème médical, je pense que facilement 80 % des articles que j’ai moinssé étaient les siens, mais je souligne aussi qu’il a beaucoup progressé depuis quelques temps).
En
conclusion, oui, chacun peut se construire l’idée qu’il veut de n’importe quel
principe, et chacun a le droit de dire ce qu’il en pense, mon voisin a le droit
de dire qu’une nation est un immeuble mais j’ai moi aussi le droit de lui
répondre que compte tenu du corpus philosophique qui a donné naissance au
concept de « nation », eh ben il raconte n’importe quoi. C’est pareil
pour la liberté d’expression ou pour le droit des femmes.