@maQiavel
Merci pour votre réponse MaQ mais je n’ai toujours pas compris ce que vous-même entendez par "Liberté d’expression". Se référer aux principes philosophiques des Lumières pour porter un jugement de valeur permet en effet d’affirmer que la Corée du Nord ou l’Arabie Saoudite ne correspondent pas aux modèles de Liberté d’expression que nous défendons mais cela s’arrête là. Si on en revient à nos débats franco-français, voire même occidentaux, ce que vous venez d’énoncer au-travers de ces grands principes n’apporte aucune réponse concrète à notre présent débat.
Les droits et libertés naissent dans un contexte philosophique particulier, celui des lumières ( qui ont repris en partie des notions hérité de l’antiquité dans un contexte de lutte contre les absolutismes religieux et monarchiques). La liberté d’expression en fait partie. Quand je parle de cette notion, c’est donc en relation avec la philosophie libérale.
Et bien partant de ce contexte philosophique, nos politiciens des 30 dernières années vous affirmeront droit dans les yeux que c’est à partir de ces principes qu’ils considèrent comme absolument indispensable le fait qu’il y ait dans le droit français les lois Pleven, Gayssot, Taubira et probablement Avia d’ici peu et que ces lois s’inscrivent parfaitement dans le respect total de la liberté d’expression issue de la philosophie libérale ! Et qu’il est donc tout à fait logique d’interdire certaines personnalités qui ne s’inscrivent pas dans les "valeurs de la République".
C’est bien tout le problème : La liberté d’expression est précisément une notion philosophique que chacun peut interpréter à sa manière et peut donc s’inscrire dans le droit positif de façon très différente d’un pays à l’autre. A votre avis, pourquoi la notion de liberté d’expression ne se traduit-elle pas de la même manière entre la France et les USA dans leur législation respective ? Et pourtant ces 2 pays se réfèrent tous deux à la philosophie d’inspiration libérale me semble-t-il ?
j’ai le droit de lui répondre que sa conception de la liberté d’expression est grotesque et dangereuse, pas parce que j’ai construit ma propre conception selon mes désirs personnels mais parce que je me réfère au corpus philosophique qui a donné naissance à cette notion. Oui, juger à partir de la philosophie libérale a du sens. De la même manière que juger, à partir du corpus féminisme que l’Arabie Saoudite n’est pas un pays respectueux du droit des femmes a du sens.
Mais ces mêmes personnes auxquelles vous reprochez d’avoir une conception de la liberté d’expression dangereuse (prenons par exemple Caroline Fourest ou BHL) vous rétorqueront que c’est la vôtre de conception qui est dangereuse en se référant exactement au même corpus d’inspiration libérale que vous !
Par contre, si des pays se revendiquent de ce principe et qu’ils font exactement l’inverse de le respecter, je peux dire que c’est une tartufferie
Si je prends votre exemple de l’ONU qui plébiscite l’arabie Saoudite en tant que modèle pour l’égalité des sexes au regard des propres valeurs que défend l’ONU de façon générale, à savoir les Droits de l’Homme, alors là oui c’est une vraie tartufferie. Parce que le modèle de référence de l’ONU (la DDH) n’est évidemment pas le modèle des saoudiens et qu’ils le savent parfaitement.
En revanche si Kim Jong Un estime que la Corée du Nord est le meilleur modèle de liberté d’expression idéale, je vous réponds que ce n’est certainement pas un tartufe car Kim Jong Un se réfère à son propre modèle qu’il considère de bonne foi comme le meilleur. Bref tout dépend du modèle auquel on se réfère. C’est ce que j’essaie de vous expliquer depuis le début de notre échange : dans quel contexte on se situe et sur quoi on se base pour juger de la tartuferie présumée des uns ou des autres ?
En fait, le problème MaQ, c’est que vous n’arrivez pas à être concret dans vos réponses sur ce thème. Vous faites de grandes généralités sur ce que vous estimez être "le modèle de la liberté d’expression" sans qu’on sache exactement ce que vous entendez précisément.
Alors je vous repose encore une fois la question : quels sont les critères précis qui, selon vous, permettraient de garantir une liberté d’expression en France telle que vous la souhaitez ? Autrement dit, qu’est-ce que vous changeriez dans la loi ?