Voir l'intégralité des commentaires de cet article
@yoananda2
2. Ce qui est exagéré, déformé ou franchement faux- Bruno ne se « vantait » pas de « communiquer avec les démons » au sens de sorcellerie goétique ou satanique. Il parle de daimones dans le sens platonicien et hermétique : ce sont des entités intermédiaires, pas forcément maléfiques. L’Église elle-même, à l’époque, distinguait (théoriquement) la magie naturelle licite de la magie démoniaque illicite. Bruno se situait dans la première catégorie (même si l’Inquisition n’a pas suivi).
- Il n’a jamais été un « adorateur de la pierre philosophale » ni un alchimiste au sens technique (il n’a laissé aucun traité d’alchimie opérationnelle). Il utilise l’alchimie comme métaphore philosophique.
- Le texte fait un amalgame douteux « gnose moniste talmudo-judaïque et cabbalistique ». Bruno a effectivement lu la Kabbale chrétienne (via Pic, Reuchlin, etc.), mais il n’y a aucune preuve qu’il ait été influencé par des sources juives directes ou talmudiques. C’est une vieille trope antisémite qui resurgit régulièrement dans certains milieux catholiques intégristes.
- Dire que Bruno « combattait les élites universitaires scientifiques de Paris et Oxford » est une projection anachronique. À la fin du XVIe siècle, Paris et Oxford étaient encore très aristotéliciens scolastiques ; les avancées que le texte mentionne (Oresme, Buridan, Merton College) étaient du XIVe siècle et restaient largement ignorées ou marginalisées au temps de Bruno. La science moderne (Galilée, Descartes, Newton) naîtra après lui, et en partie contre l’aristotélisme que Bruno critiquait aussi, mais pour des raisons très différentes.
- Le texte présente l’Église médiévale comme ayant « foutu en l’air le paganisme moniste » pour permettre la science rationnelle. C’est historiquement faux : l’Église a condamné la plupart des formes de magie et de panthéisme (ex. Amaury de Bène, David de Dinant au XIIIe siècle), mais elle a aussi freiné pendant longtemps les innovations qui contredisaient Aristote (condamnations de 1277). La science moderne s’est développée malgré l’Église, pas grâce à un « grand nettoyage » anti-magie.
Derniers commentaires
-
18/12 11:36 - micnet
-
18/12 11:29 - Gollum
-
18/12 11:16 - micnet
-
18/12 11:06 - Gollum
-
18/12 10:57 - micnet
-
18/12 10:54 - Gollum