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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Léon Bloy le magnifique : réponse à Alain Soral !

Léon Bloy le magnifique : réponse à Alain Soral !

Suite à l'interdiction de l'ouvrage Le Salut par les Juifs de Léon Bloy ordonnée par le tribunal des référés et consécutive à la demande de la licra, j'ai pris la décision d'évoquer cet ouvrage et ce pour 3 raisons :

 

La première est de nature, je le confesse, un tantinet sadique : par pur plaisir d'agacer Alain Jakubowicz, président de cette merveilleuse association sus-citée (licra) et se battant sans relâche aux côtés du Crif afin de lutter pour la montée de l'antisémitisme en France (oups ! Je voulais, bien entendu, écrire : "afin de lutter CONTRE la montée de l'antisémitisme en France...")

 

La seconde raison concerne un autre Alain ; Soral, qui a édité le livre via 'Kontre-Kulture' et qui présente cet ouvrage comme un pamphlet encore 'bien plus antisémite' que la France Juive d'Edouard Drumont. Désireux de lui porter la contradiction sur ce point, je pense qu'il est important qu'un autre son de cloche (je n'ai pas dit "une cloche") soit apporté, d'autant que le premier 'Alain' (Jakubowicz) au-travers de la censure exercée sur ce livre, n'a fait que renforcer l'opinion du second (Soral) tuant ainsi dans l'oeuf toute forme de débat sur cet ouvrage.

 

Enfin la troisième raison, et de loin la plus importante à mes yeux, est de faire connaître à un maximum de gens cet incroyable styliste qu'est Léon Bloy. Et en cela, je tiens à remercier chaleureusement les deux Alain qui, bien que partant de "stratégies" totalement différentes au départ, finissent par converger à l'arrivée en ayant fait de la publicité à cette superbe oeuvre littéraire.

 

Présentation par Alain Soral du Salut par les Juifs

 

 

Comme le rappelle Soral, le Salut par les Juifs se veut comme une réponse de Léon Bloy à La France Juive, le fameux pamphlet écrit par Edouard Drumont quelques années auparavant. Et Soral d’expliquer, citations à l’appui, que Le Salut par les juifs serait en réalité bien plus antisémite que l’ouvrage de Drumont, car les 2 auteurs, bien qu’opposés sur la forme (Bloy le "vrai catholique" face au "républicain-laïque" Drumont) auraient une réelle convergence de fond. Sauf que, comme d’habitude, " l’homme assis sur son canapé rouge", pour se justifier, nous met en exergue quelques citations du bouquin complètement décontextualisées comme nous allons le voir plus loin.

 

Au préalable et avant d’évoquer l’ouvrage proprement dit, voici ce que disait Léon Bloy des juifs :

 

"L’antisémi­tisme, chose toute moderne, est le soufflet le plus horrible que Notre Seigneur ait reçu dans sa Passion qui dure toujours ; c’est le plus sanglant et le plus ­impardonnable parce qu’il le reçoit sur la Face de sa Mère et de la main des chrétiens". Ou encore :

 

"Quelques-unes des plus nobles âmes que j’aie rencontrées étaient des âmes juives… La sainteté est inhérente à ce peuple exceptionnel, unique et ­impérissable."

 

Ceci étant posé, abordons maintenant le livre en écoutant un extrait non tronqué de celui-ci, soit le début de l’ouvrage afin de bien contextualiser l’ensemble.

 

 

Voici, notamment, ce qui est évoqué en début d’ouvrage :

 

"Le Salut vient des Juifs. Texte confondant qui nous met furieusement loin de M. Drumont ! A Dieu ne plaise que je lui déclare la guerre, à ce triomphant ! La lutte, vraiment, serait par trop inégale. Le pamphlétaire de la France Juive peut se vanter d’avoir trouvé le bon coin et le bon endroit. Considérant avec une profonde sagesse et le sang-froid d’un chef subtile que le caillou philosophal de l’entregent consiste à donner précisément aux ventres humains la glandée dont ils raffolent, il inventa contre les Juifs la volcanique et pertinance revendication des pièces de cent sous...Ajoutons que ce grand homme revendiquait au nom du Catholicisme. Or, tout le monde connaît le désintéressement sublime des catholiques actuels, leur mépris incassable pour les spéculations ou les manigances financières et le détachement céleste qu’ils arborent. J’ai fait des livres, moi-même, en vue d’exprimer l’admiraion presque douloureuse dont me saturent ces écoliers de la charité divine et je sens bien qu’il m’eut été impossible de m’en empêcher."

 

Plusieurs remarques :

 

1 - Contrairement à ce que dit Soral dans la vidéo, Léon Bloy ne reproche pas spécialement à Drumont son côté "bourgeois" mais il s’en prend bel et bien au "catholicisme" de ce dernier.

 

2 - De manière générale, et cela est présent tout le long du livre au travers d’une ironie mordante, Bloy s’en prend aux "catholiques modernes" et à leur hypocrisie. Et si on lit attentivement l’ouvrage, on s’aperçoit que le livre est en fait bien plus féroce à l’encontre de l’ église institutionnelle qu’à l’encontre des juifs.

 

3 - Et c’est seulement après avoir énoncé ce postulat de départ que Léon Bloy nous offre de magnifiques gerbes littéraires pleines de vomis antisémites, dans un style absolument superbe. Mais ces formules antisémites sont tellement caricaturales qu’on n’y croit pas car elles ridiculisent la notion même d’antisémitisme. Extraits :

 

" Au double point moral et physique, le Youtre moderne paraît être le confluent de toutes les hideurs du monde...La surprenante abjection de cet emporium de détritus emphytéotiques est difficilement exprimable. Il me sembla que tout ce qui peut dégoûter de vivre était l’objet du trafic de ces mercantis impurs dont les hurlements obséquieux m’accrochaient, me cramponnaient, se collaient à moi physiquement, m’infligeant comme le malaise fantastique d’une espèce de flabelltion gélatineuse. Et toutes ces faces de lucre et de servitude avaient la même estampille redoutable qui veut dire si clairement le mépris, le rassasiement divin, l’irrévocable séparation d’avec les autres mortels, et qui les fait si profondément identiques en n’importe quel district du globe."

 

Tel Cyrano de Bergerac qui, face au Vicomte l’apostrophant par " vous avez un nez...gros", lui rétorque plein de style " Ah non ! C’est un peu court jeune homme " ridiculisant totalement l’insulte de ce dernier, ainsi procède Léon Bloy face à l’antisémitisme de Drumont. Il soigne, en quelque sorte, le "mal par le mal" puisant dans l’antisémitisme moyenâgeux et le vomissant comme pour mieux s’en expurger. 

 

Mais ce serait passer totalement à côté du livre que de ne pas évoquer le fond théologique absolument génial qu’expose Léon Bloy.

 

L’histoire récurrente des "deux frères" ou la réconciliation de l’humanité avec elle-même

 

C’est une constance toute biblique : le conflit permanent d’un frère aîné et de son cadet. Et c’est à travers ce prisme des 2 frères que léon Bloy analyse le conflit qui oppose de tout temps le judaïsme et le christianisme ou le conflit du "Peuple de Dieu" faisant face au "Verbe de Dieu". Et Bloy de postuler que le Salut de l’Humanité doit nécessairement passer par la réconciliation de ces 2 frères ennemis éternellement liés et au sein desquels toute l’humanité finira par se réconcilier avec elle-même. Le Christ ne pouvant être délivré de cette "Croix infâme" que par ceux-là mêmes qui l’y ont attaché. Et c’est au-travers du souffle "Bloyen" que cette théologie nous est proposée :

 

"Oserai-je dire maintenant, fût-ce avec des timidités de colombe ou des prudences de serpent, au risque de passer pour un misérable fomenteur de sophismes hétérodoxes, le conflit adorablement énigmatique de Jésus et de l’Esprit-Saint ? J’ai parlé d’ Abel et de Caïn, de l’Enfant prodigue et de son frère, comme j’aurais parlé du mauvais larron et du bon Voleur qui les évoquent si étrangement. J’aurais pu tout aussi bien rappeler l’histoire d’Isaac et d’Ismaël, de Jacob et d’Esaü, de Moïse et du Pharaon, de Saül et de David et cinquante autres moins populaires, où la compétition mystique des aînés et du puîné, décisivement et sacramentellement promulguée sur le Golgotha, fut notifiée, tout le long des âges, dans le monde prophétique. Les frères anathèmes ou persécuteurs représentent toujours le Peuple de Dieu contre le Verbe de Dieu. C’est une règle invariable et sans exception que l’Eternité ne changerait pas. Or le peuple de Dieu, c’est le lamentable peuple des juifs particulièrement dévolus au Souffle de Sabaoth qui les fit tant de fois résonner comme les harpes des bois séculaires...Mais voici quelque chose de singulier. La Croix représente aussi l’Esprit-Saint. Elle est l’Esprit-Saint lui-même ! ’ Un jour la Terre apprendra pour en agoniser d’épouvante que ce Signe était mon Amour, c’est à dire l’Esprit-Saint.caché sous un travestissement inimaginable !’ En conséquence, les Juifs si prodigieusement harmoniques à l’Esprit-Saint dont on entend perpétuellement la voix juive dans le contre-bas de nos liturgies, parce que cet Esprit a soufflé sur eux comme l’ouragan, les Juifs donnent précisément la Croix au Verbe de Dieu pour que l’écrasant Amour soit sur Lui dans sa forme la plus parfaite et la plus dure...Ah s’ils pouvaient être séparés un jour ! Mais les Juifs seuls ont le pouvoir d’abroger la loi de tourments qu’ils édictèrent, sans savoir ce qu’ils faisaient, par une étonnante impulsion d’en bas. La gloire de cette parole qu’ils ont méconnue et l’Avénement de l’Amour tant annoncé par leurs prophètes ne peuvent arriver ensemble que le jour où Jésus aura cessé d’être en Croix, et cela dépend exclusivement de la Volonté inconnue qui suscita leur malice. Mais il était un million de fois nécessaire de les clouer auparavant l’un à l’autre avec cruauté, pour qu’ainsi fussent miraculeusement avérées dans le futur les impossibles accordailles des deux Testaments"

 

Léon Bloy, un auteur à découvrir ou à redécouvrir !

Tags : Livres - Littérature Alain Soral




Réagissez à l'article

122 réactions à cet article    


  • 5 votes
    funambule funambule 6 janvier 2014 10:43

    Rien d’étonnant venant de Soral ... qui ne comprend que ce qui est susceptible d’exciter ses adeptes.

    Toutefois, cette approche n’a strictement plus aucun intérêt par rapport à l’imposture identitaire présente qui tente de censurer toute pensée.

    1 siècle plus tard, ce serait plutôt :
    "La censure au service de ceux qui se croient juifs"

    • 15 votes
      lord volde 6 janvier 2014 15:12

      Vil imposteur. Ton ananas est une tromperie sur la marchandise smiley 


    • 2 votes
      Gollum Gollum 6 janvier 2014 10:46

      Merci pour cet éloge de Bloy un des rares auteurs catholiques que j’aime. D’accord avec l’ensemble de votre texte.


      Léon Bloy eut une vie absolument difficile, une véritable crucifixion étalée sur la durée.

      Il fréquenta Barbey d’Aurevilly (à qui il doit sa conversion, et que je n’aime pas particulièrement..) puis Villiers de l’Isle Adam, auteur féru de symbolisme et d’ésotérisme. Ce qui montre qu’on peut se déclarer catholique et être amateur de ces choses.

      Profondément persuadé de la lecture symboliste des événements et de l’Univers dans sa globalité, il était persuadé de la venue prochaine de l’Apocalypse et notamment d’une effusion de l’Esprit Saint. Phrase célèbre : "j’attends les cosaques et le Saint-Esprit", phrase savoureuse quand on sait que Bloy est décédé peu de temps avant la révolution russe.

      Profondément intéressé aussi par les apparitions mariales depuis 1830. S’intéressa notamment à celle de La Salette en 1846.

      Bref, un type assez différent du catholique traditionaliste classique qui explique qu’il resta profondément seul..

      • 1 vote
        micnet 6 janvier 2014 10:57

        Merci à vous Gollum pour toutes ces précisions ! Léon Bloy était effectivement un chrétien à part et pas un bigot à la petite semaine.


      • 2 votes
        berphi 6 janvier 2014 10:48

        Bonne année Mic !

        La parabole du retour de l’enfant prodigue peut-elle etre une interprétation du retour du peuple Juifs aux Evangiles ?


        • 1 vote
          micnet 6 janvier 2014 10:54

          Absolument Berphi ! Je pense aussi que cette parabole peut être interprétée comme le retour du peuple juif aux évangiles et comme la réconciliation entre juifs et chrétiens, auprès du Père. Même si dans cette Parabole, le peuple juif est alors assimilé à l’enfant prodigue qui est le frère cadet et non l’aîné.

          Meilleurs voeux à vous également


        • 2 votes
          Borcorbe Borcorbe 6 janvier 2014 17:08

          En gros une convertion au christianisme avec l’acceptation des Evangiles et du Christ ! Mais on en revient toujours au meme point ! Au final pour qu’il y ai une réconcilation, le judaisme actuel doit mourir ! L’islam pourrait etre aussi une solution ! Sinon merci pour cette article ! Soral est tres souvant dans le vrai mais il faut de la contradiction ! Bref que les antagonisme politiques redeviennent interessant et le débat constructif !


        • 6 votes
          Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 6 janvier 2014 12:28

          Bonjour Micnet.


          Léon écrivait avec une plume de feu. On croirait que ses textes sont faits pour être déclamés dans un théâtre. 

          Je ne connais pas ses écrits sur les juifs.

          Question : utilisait-il le mot "antisémitisme" ?


          • 1 vote
            micnet 6 janvier 2014 12:56

            Bonjour Gaspard et meilleurs voeux à vous,


            "Plume de feu", l’expression me semble tout à fait juste et c’est vrai qu’il y a un côté théâtral à l’écriture de Bloy tout comme celle de Louis-Ferdinand Céline et des grands stylistes de manière générale.

            Sinon pour répondre à votre question : oui il utilisait bien le mot "antisémitisme". Je vous redonne un extrait du début de l’ouvrage, lorsqu’il s’adresse à Drumont :

            "Il est donc aisé de concevoir l’impétuosité de leur zèle, quand les tripotantes mains de l’ Antisémite vinrent chatouiller en eux le pressentiment de la Justice. On peut même dire qu’en cette occasion, les écailles tombèrent d’un grand nombre d’yeux et le généreux Drumont apparut l’apôtre des tièdes qui ne savaient pas que la religion fût si profitable."

          • 9 votes
            Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 6 janvier 2014 13:00

            Merci pour le lien vers le livre en ligne !


            Il faut donc constater que Léon Bloy a lui aussi commis l’erreur de confondre les juifs avec le groupe beaucoup plus étendu que sont les sémites. 

          • 1 vote
            Phaeton RduXVIII 6 janvier 2014 13:56

            Gaspard,
             
            Au final je ne comprends pas cette fixation sur l’imprécision du terme antisémitisme...
             
            Ce que vous dites est techniquement vrai, mais plutôt que de corriger l’erreur vous semblez vouloir ajourner le débat, comme si il y avait vice de forme...


          • 8 votes
            Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 6 janvier 2014 14:13

            Oui, et d’ailleurs je trouve que vous le dites bien, il y a "vice de forme". 


            C’est tout de même un concept qui est au centre de beaucoup de débats en ce moment, alors il vaut mieux veiller à ce que l’axe soit bien posé, sinon on bataille dans le vide contre ses propres fantômes. Ce n’est pas un point de détail. En employant les bons termes, on éviterait que des gens de bonne volonté se disputent alors qu’ils sont d’accord sur le fond. 

          • 7 votes
            maQiavel machiavel1983 6 janvier 2014 14:19

            Complètement d’ accord avec Gaspard !


          • 3 votes
            lord volde 6 janvier 2014 14:49

             "Le salut par les juifs" duquel le dénommé Micnet a extrait ce texte rébarbatif signé par Léon Bloy qui se voulait être une réplique au pamphlet très hostile à " La France juive " passée sous les attaques au vitriol et le regard acerbe d’Edouard Drumont ne mérite pas ces propos laudatifs comme si on redécouvrait subitement un auteur peu connu du grand public que la postérité aurait oublié d’inscrire dans les tablettes des grands génies littéraires.


            Si les formules latines donnent du relief à l’expression littéraire, ce texte d’abord inspiré par la vision biblique et prophétique soufflant aux hommes la sacralité intemporelle de la parole divine qui a été transmise à des esprits prophètes issus de l’élection à raison de leur haute et prestigieuse singularité tant morale que spirituelle, ensuite imprégné par le désir viril de surprendre, à rebours de l’opinion majoritaire, en jetant tout son feu et son fiel à ce combat mystique et spirituel chargé d’idoles et de saintetés comme s’il partait en quête d’un sublime destin qu’il voulait écrire au lieu de subir et qu’il consacrera dans les pages de son essai avec une vigueur stylistique extrêmement déliée accompagnée d’une ardeur passionnelle tout en mysticisme, est le fruit d’une volonté de s’extraire de son temps par le biais d’un voyage initiatique prolongeant son environnement dans les racines d’un lointain passé aux dimensions multiples via les mythes et les légendes des livres saints glorifiant CELUI QUI EST, le tout à partir d’un point de vue orbital le coupant de l’homme déchiré dont il fût le chantre et qui oscillait entre les postulations chrétiennes et les affres de son temps.

            " Au seuil de l’apocalypse " , " Le sang du pauvre " et " Le pèlerin de l’absolu " furent entourés d’une conspiration du silence au motif que ses attaques "mémorables" contre le matérialisme n’étaient pas du goût des élites de l’époque. " Le désespéré ", roman semi- autobiographique quasi mystique passa également sans connaître le succès escompté.

               

          • 3 votes
            maQiavel machiavel1983 6 janvier 2014 15:15

            Merci pour ces renseignement lorde volde. J’ ai de plus en plus envie de lire ce livre ...


          • 1 vote
            robert biloute 6 janvier 2014 15:23

            +1 Gaspard, ça n’est pas un détail, de même que l’ambiguité toujours entretenue de part et d’autre entre la religion juive, la culture juive, le peuple juif, et les israëliens.

            La définition des mots est particulièrement importante dans un sujet aussi complexe et ramifié.
            D’autre part, je pense qu’on voit bien que les approximations de vocabulaire conviennent très bien aux extrémistes de tout bord (et je dis bien de tout bord). Rien de tel pour foutre le bordel et/ou disqualifier frauduleusement l’adversaire. Rien de tel pour s’engueuler, y compris sur les choses qu’on partage en fait ! Rien de tel donc, pour que le débat soit vidé de sa substance.


          • 3 votes
            micnet 6 janvier 2014 15:36

            Salut Lord et meilleurs voeux pour cette nouvelle année

            Tu écris en préambule :

            ""Le salut par les juifs" duquel le dénommé Micnet a extrait ce texte rébarbatif signé par Léon Bloy qui se voulait être une réplique au pamphlet très hostile à " La France juive " passée sous les attaques au vitriol et le regard acerbe d’Edouard Drumont ne mérite pas ces propos laudatifs "

            Et Machiavel te répond plus bas en te remerciant car cela lui donne de plus en plus envie de lire le livre. Excellent smiley


          • 2 votes
            lord volde 6 janvier 2014 15:50

            Salut Micnet et bonne année 2014 aux tiens et à toi smiley


            Je crois que Machiavel a lu également ce passage montrant que Léon Bloy n’était pas apprécié par ses contemporains. 

            " Au seuil de l’apocalypse " , " Le sang du pauvre " et " Le pèlerin de l’absolu " furent entourés d’une conspiration du silence au motif que ses attaques "mémorables" contre le matérialisme n’étaient pas du goût des élites de l’époque. " Le désespéré ", roman semi- autobiographique quasi mystique passa également sans connaître le succès escompté.

          • 1 vote
            Phaeton RduXVIII 6 janvier 2014 17:27

            Je ne suis pas d’accord avec vous tous,
             
            Je suis persuadé du contraire, ce sont bien ceux qui tiquent le mot qui vident le débat de sa substance...
             
            Ici, cela permet d’occulter la haine de certains envers les juifs, un vice de forme comme je le disais qui servirait de joker annulatif.
            Cela donnerait la logique suivante : Le terme antisémitisme est impropre, donc l’antisémitisme n’existe pas = Circulez il n’y a rien à voir....
             
            Si vous étiez consciencieux et/ou honnêtes dans votre démarche, vous proposeriez une alternative pour corriger l’erreur...


          • 1 vote
            robert biloute 6 janvier 2014 17:35

            ben quand même, judéophobie ça existe non ? quel besoin d’inventer autre chose ?

            On retrouve dans votre commentaire une méthode fort usitée aujourd’hui : "vous n’avez pas dit que.." ... "donc vous pensez que.."

            Délit d’omission, procès d’intention, ça aussi ça marche bien pour foirer un débat..
            C’est quand même assez hallucinant de se voir dire qu’on cherche à obscurcir le débat en revenant à la définition correcte des mots.

             "la guerre c’est la paix" ça vous dit quelque chose ?


          • 2 votes
            Joe Gillian Joe Gillian 6 janvier 2014 17:38

            Salut Messieurs, j’ai peut etre une explication sur le terme "antisemite", elle vaut pas grand chose, mais bon je pense que c’est ca...

            A mon avis les mecs à l’époque il voyageaient peu. Et quand on voit la vision qu’ils avaient des juifs, sur les affiches anti juive d’avant guerre. Ben les mecs avec les grands nez,et les cheveux noirs... ils ont des bonnes têtes de moyen orientaux quand meme.
            J’veux dire que les physique des juifs, ou des libanais par exemple se ressemble quand meme assez.

            Bon ben, plutot que de reduire à juif, ils devaient dire antisémite, parce qu’ils parlaient des mecs qui avaient cette dégaine, ce faciès. Le basané quoi !
            Et comme des libanais ils devaient pas en avoir beaucoup, ben le seul basané qu’ils voyaient, le brun, c’était le juif. Je pense que les mecs disaient antisémite comme aujourd’hui on va dire les chinois du 13ème (quartier chinois de Paris), alors que dans le 13ème y a pas de chinois. Y a des Cambodgiens, de vietnamiens, des laosiens, bref des gens de l’ancien Indochine... C’est fou d’ailleurs qu’on les appelle des chinois mais bon...
            Ben a mon avis avec le sémite c’est pareil. A l’époque ils n’aimaient pas les juifs, parce que c’est les seuls sémites qu’ils avaient à portée de main pour detester, mais qu’ils incluaient tous les gens de la région parce qu’ils voyageaient moins et devaient donc imaginer que tous la bas, c’est gens qui se ressemblent étaient identiques...

            Mais après j’en sais rien. Ca peut être plausible.


          • 1 vote
            robert biloute 6 janvier 2014 17:47

            J’ai à peu près la même interprétation, ce qui donnerait comme origine au terme antisémite un amalgame bien raciste de base.. Comme quoi, ya de belles ballades..


          • 1 vote
            Phaeton RduXVIII 6 janvier 2014 17:51

            Robert,

            Ce n’est pas comme si c’était la première fois que je lisais mes contradicteurs...
             
            Une fois ou deux cela passe, mais quand certains font systématiquement diversion sur ces sujets, cela finit par me fait réagir...
             
            Et puis je parle bien d’impressions, je ne prétends pas savoir ce que les gens ont dans leur tête...


          • vote
            robert biloute 6 janvier 2014 19:08

            OK RdU, pour ma part je n’ai pas cet historique.
            C’est assez complexe, les théories fumeuses ont tendance à avancer masquées, mais d’un autre côté les procès d’intentions sont devenus légion..
            Mais je ne cèderai jamais sur la vocabulaire, quel que soit le camp qui utilise mal les mots, c’est trop important.
            Dans l’idéal, il faudrait en fait commencer chaque débat par une mise en accord des définitions des mots employés : ce qui compte le plus n’est pas tant "le vrai sens des mots" que le fait qu’on parle tous bien de la même chose.
            Les approximations dans ce domaine cachent trop souvent une volonté consciente ou inconsciente de créer de l’amalgame douteux ou de faire passer une pilule..


          • 1 vote
            Phaeton RduXVIII 6 janvier 2014 21:17

            L’amalgame le plus fâcheux sur le sujet n’est pas dicté par l"étymologie, je parle de la confusion antisonisme/antisémitisme.
            Cette confusion est entretenue des deux cotés, certains essayant de discréditer ainsi les critiques envers Israel, tandis que d’autres tentent de pénétrer la cause anti-sionisite alors qu’il ne font que haïr les juifs...
             
             
            Pour ce qui est de statuer sur un mot satisfaisant, cela ne sera pas simple car ce que nous désignons sous le terme d’antisémitisme implique une haine qui peut être aussi bien religieuse, raciale, communautaire qu’idéologique...


          • 1 vote
            Stof Stof 6 janvier 2014 12:41

            Voilà bien la preuve que Soral ne comprend rien au Judaïsme et à la notion de "peuple élu". Celà n’a rien à voir avec un équivalent nazi du White Power ou du "destin manifeste" des états-uniens.
            Le peuple élu , dans le concept, ne "fait" rien pour mériter les saloperies qu’on lui inflige... il est le témoin des extrémités auxquelles se livrent sur lui les autres peuples. Et c’est de la façon dont il les surmontera (c’est à dire en conservant la Foi, en gros) qu’il sera jugé au nom de tous les peuples à la fin des temps.
            C’est à peu près l’équivalent du concept "Jésus", qui dit "JE suis l’élu, et si on me condamne on condamne tous les hommes."
            Alors qu’a fait Jésus pour mériter la croix mon petit Soral ? Bad karma la aussi ?


            • 5 votes
              maQiavel machiavel1983 6 janvier 2014 12:51

              Bonjour micnet grand merci pour cet article passionnant !

              Quelques précisions :

              1. Je n’ai pas lu le livre Léon Bloy, je comptais le commander sur kontre kulture, malheureusement, c’est trop tard !

              2. Il faut être prudent sur la façon dont Soral utilise le terme « antisémitisme » dans sa chronique « antisémite du mois ». Le but de cette chronique est de tourner en dérision le concept même d’antisémitisme utilisé en permanence par la classe politico -médiatico –culturelle. Quand Soral  présente cet ouvrage comme un pamphlet encore ’bien plus antisémite’ que « la France Juive » d’Edouard Drumont, il le dit selon les catégories de la domination de la caste. Cela est très important à comprendre et je crois que c’est ce qui vous fait taper à coté dans votre réponse à Alain Soral.

              3. Vous dites « Contrairement à ce que dit Soral dans la vidéo, Léon Bloy ne reproche pas spécialement à Drumont son côté "bourgeois" mais il s’en prend bel et bien au "catholicisme" de ce dernier ».N’ ayant pas lu le livre, il est intéressant d’avoir un autre son de cloche. Mais j’aimerai vous demander, comment comprenez vous ce que Soral appelle « coté bourgeois » ? Parce que moi j’ai une petite idée de qui il tire ce concept d’ « antisémitisme bourgeois » …


              • 1 vote
                Qamarad altekameraden 6 janvier 2014 13:05

                Bonjour,
                Petite précision : il n’est pas trop tard puisque la société a fait appel de cette décision. Si l’ouvrage vient à être caviardé, elle indiquera des liens pour le commander chez une autre maison d’édition.



              • vote
                micnet 6 janvier 2014 13:12

                @machiavel1983


                Bonjour à vous et merci pour votre message,

                Concernant l’ouvrage, Berphi a mis en ligne le lien permettant de le lire en entier. Merci à lui
                Sinon

                "Quand Soral  présente cet ouvrage comme un pamphlet encore ’bien plus antisémite’ que « la France Juive » d’Edouard Drumont, il le dit selon les catégories de la domination de la caste. Cela est très important à comprendre et je crois que c’est ce qui vous fait taper à coté dans votre réponse à Alain Soral."

                ---> Et non ! Il ne le dit pas seulement en regard de la ’caste dominante’ car Soral considère Bloy comme un véritable antisémite. C’est la raison pour laquelle il précise bien qu’il y a un accord "sur le fond" entre Bloy et Drumont sur la nécessité d’être antisémite même si le premier reproche au second un antisémitisme de type ’bourgeois’.
                Quant à savoir ce que Soral entend par "côté bourgeois", je pense qu’il l’entend selon la définition marxiste du terme. Toujours est-il que Bloy attaque Drumont sur son "catholicisme de type moderne" avant tout et ça, Soral ne le mentionne pas...

              • 2 votes
                maQiavel machiavel1983 6 janvier 2014 13:13

                Merci alterkamaraden et gollum.

                Je réponds moi-même au point 3, en fait il le tire de Bernard Lazare.

                Lazare explique cette haine particulière des juifs par la jalousie de la bourgeoisie catholique envers la bourgeoisie juive. Lazare dans l’antisémitisme, son histoire et ses causes explique qu’après la révolution, la nouvelle société bourgeoise est toute entière fondée sur la concurrence individualiste, et offre le spectacle d’individus combattant âprement les uns contre les autres, d’unités isolées se disputant avec ardeur la victoire par des procédés purement individuels.

                Mais dans cette société individualiste, dans ces organisations égoïstes, les juifs constituent des collectivités fortement agencées lié à leur esprit d’association, et doté d’un sentiment de l’union sur des bases tribales qu’ils ont développé depuis des siècles  !

                Donc au milieu de la bourgeoisie désunie, dont les membres sont en lutte perpétuelle, les Juifs sont des êtres solidaires, cette solidarité est chez eux d’autant plus forte qu’elle est plus ancienne. C’est ce qui assure leur triomphe et la jalousie des bourgeois catholiques.

                Dans cet antisémitisme bourgeois il ne s’agit même pas d’accuser les juifs de pervertir la société comme l’antisémitisme réactionnaire ou d’accuser les juifs de voler les richesses comme l’antisémitisme socialiste, mais de les accuser d’être de meilleurs prédateurs ! De tous les antisémitismes (racisme envers les juifs pour être plus précis), je trouve que c’est le plus détestable !

                Parce qu’au final, comme l’écrit Lazare, les juifs ne sont ni plus vertueux, ni plus vicieux que les autres bourgeois : ils veulent conquérir les mêmes biens, ils évoluent dans le même champ d’action, ils ont les mêmes ambitions, ils sont tout aussi âpres, tout aussi avides, tout aussi désireux de jouir. Ils ne sont ni meilleur, ni pire.

                Et ce racisme omet aussi que beaucoup de juifs n’étaient pas des bourgeois …

                C’est parce que Soral a abordé la question de cette manière que cela m’a intéressé et que j’ai voulu acheter les deux bouquins, car cela faisait écho chez moi, à cette détestation que j’ai pour ce racisme anti- juif bourgeois et à une autre raison plus liée à moi foi chrétienne


              • 2 votes
                maQiavel machiavel1983 6 janvier 2014 13:55

                @Micnet

                -Et non ! Il ne le dit pas seulement en regard de la ’caste dominante’ car Soral considère Bloy comme un véritable antisémite. C’est la raison pour laquelle il précise bien qu’il y a un accord "sur le fond" entre Bloy et Drumont sur la nécessité d’être antisémite même si le premier reproche au second un antisémitisme de type ’bourgeois’.

                R / Je viens de réécouter Soral et on n’interprète absolument pas de la même façon sa présentation.

                Soral ne dit pas qu’ ils disent qu’ il est nécessaire d’ être antisémite , il dit qu’ au regard des critères actuels et ceux de la caste ( par ce que c’ est le but de cette chronique , démonter la notion actuelle d’ antisémitisme ) , ils le sont tous les deux et même que Bloy l’ est plus que Drumont !

                La question est : qu’est selon Soral , la définition actuelle de l’ antisémitisme ?C’ est pour lui , la critique du judaïsme et de son système de valeur , voir ce lien ou il l’ explique.

                 


              • vote
                micnet 6 janvier 2014 14:07


                @machiavel1983

                "par ce que c’ est le but de cette chronique , démonter la notion actuelle d’ antisémitisme "

                ---> Le débat ici présent n’est pas de faire de la sémantique autour de la notion "d’antisémitisme" mais si ce terme vous gêne, aucun souci : remplacez le terme "antisémite" par "judéophobe" (= qui n’aime pas les juifs). Est-ce que cela vous convient ?

                Maintenant, pour en revenir à Soral, et vous l’avez très bien compris, je dénonce la supercherie qui consiste à faire de Léon Bloy un antisémite (ou un judéophobe) au même titre que Drumont, voire en bien plus poussé. Et une lecture ainsi qu’une analyse un peu poussé du bouquin bat complètement en brèche cette assertion.
                Maintenant, si vous avez l’occasion de lire en entier le bouquin et que vous en avez une lecture complètement différente de la mienne, je serais ravi de pouvoir en débattre avec vous, (quitte à ce que ce soit dans 2 ou 3 mois)


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                maQiavel machiavel1983 6 janvier 2014 14:18

                @Micnet

                -Le débat ici présent n’est pas de faire de la sémantique autour de la notion "d’antisémitisme"

                R /Je pense que si car le titre de votre article est une réponse à Alain Soral, la façon dont il utilise ce terme est fondamentale.

                - remplacez le terme "antisémite" par "judéophobe" (= qui n’aime pas les juifs). Est-ce que cela vous convient ?

                R / Par le terme judéo
                 critique, comme celui qui critique les valeurs du judaïsme, cela est plus précis.

                - je dénonce la supercherie qui consiste à faire de Léon Bloy un antisémite (ou un judéophobe) au même titre que Drumont, voire en bien plus poussé.

                R /Oui j’ai compris !

                -Maintenant, si vous avez l’occasion de lire en entier le bouquin et que vous en avez une lecture complètement différente de la mienne, je serais ravi de pouvoir en débattre avec vous, (quitte à ce que ce soit dans 2 ou 3 mois)

                R / Ce sera avec plaisir, dès que ce sera possible, je lirai les deux bouquins. Cordialement !


              • 2 votes
                Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 6 janvier 2014 14:22

                "La question est : qu’est selon Soral , la définition actuelle de l’ antisémitisme ?"


                C’est aussi pourquoi je n’emploie jamais ce terme. Il est mal construit et ne pourra jamais rien définir correctement. Les mots ont une vie et celui-ci est une monstruosité linguistique dés le départ. Il ne peut servir qu’à énoncer des faussetés et des mensonges, même lorsque le locuteur est bien intentionné. Alors dans la bouche des menteurs professionnels, c’est évidemment encore pire. Il faut leur répondre que le mot n’a pas de sens en dépit de son apparition récurrente dans les débats médiatiques, qu’il ne renvoie à aucune réalité tel qu’il est construit et qu’on refuse par conséquent de l’employer. En agissant ainsi, les choses se clarifient très rapidement, et les menteurs volontaires sont désemparés. 

              • 2 votes
                maQiavel machiavel1983 6 janvier 2014 14:24

                Ouvrez mon lien Gaspard , vous allez comprendre ce que Soral entend par là ...


              • 2 votes
                Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 6 janvier 2014 14:56

                Oui Machiavel, je sais bien que Soral connaît le caractère fallacieux de ce terme. J’ai déjà vu cette vidéo. 


              • 3 votes
                lord volde 6 janvier 2014 15:04

                Je souscris aux propos tout à fait précis et justes de Mach1983 et de Gaspard. 


                Je suis né un quart sémite de par ma mère, et pourtant, je ne suis pas juif. Si j’étais antisémite, j’insulterais le quart d ce que je suis et toute la moitié de la lignée de ma sainte maman. 

              • 2 votes
                Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 6 janvier 2014 15:28

                Quand on songe au nombre de "Moreau" et autres "Morel" qu’on trouve en France (sans doute descendants d’une famille de type Mauresque, ou d’un gars qui avait une tête de Maure - sans jeu de mots), on peut s’attendre à trouver quelques gouttes de sang d’origine sémite (arabe) dans les veines de pas mal de Français, même "de souche". 



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