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Accueil du site > Tribune Libre > La véritable et douloureuse histoire de Thérèse Planiol, la première femme (...)

La véritable et douloureuse histoire de Thérèse Planiol, la première femme médecin à enseigner dans les universités françaises

Je suis tombée amoureuse de l’histoire de Thérèse Planiol et je me suis vite procuré sa biographie  : Une femme, un destin, heureux témoignage d’un destin singulier, exemple de vie pour nous tous. Aujourd’hui, intitulée en son nom, dans la commune française de Veigné naît la fondation qui s’occupe d’études et de recherches sur le cerveau humain. Thérèse Marguerite Planiol, née Dupeyron, naît à Paris le 25 décembre 1914. Médecin et biophysicienne, elle a été la première femme agrégée de médecine en France, pionnière et spécialiste de la médecine nucléaire et des ultrasons. Sa vie a été difficile et belle ensemble, sous le signe de tant de force de caractère que la nature et les difficultés de la vie lui avaient donné. Elle n’a jamais connu son père et sa mère l’a abandonnée quand elle n’avait que trois mois. Elle la rencontra plusieurs années plus tard, se faisant passer pour l’assistante sociale de la ville venue apporter un soulagement à une demande de soutien économique de la femme. Elle découvrira alors que la femme ne l’avait pas abandonnée par égoïsme, mais pour lui éviter la misère qui allait certainement attendre sa vie. Thérèse est confiée à l’Assistance publique de Paris, qui lui trouve une famille à Sauxillanges (Puy-de-dôme), dans la région de Clermont-Ferrand. Thérèse restera très attachée pour le reste de sa vie à sa seconde nourrice, une femme humble et travailleuse, dans un milieu de vie rural et au bord de la précarité, mais riche d’amour et de valeurs qui la soutiendront tout au long de son parcours. Elle surmonte toutes les injustices et les petites méchancetés qui jalonnent son enfance et sa jeunesse, en tant que fille de l’Assistance Publique, et grâce à sa brillante intelligence et sa volonté, obtient un doctorat et se consacre à la médecine, se spécialisant dans la médecine nucléaire concernant la neurologie, et notamment les radioisotopes. Elle devient pionnière de cette spécialité au plan mondial. Ses études sur le cerveau ont fait école. Son mari, René Planiol (1900-1979), physicien, l’aidera pour la conception et la réalisation d’appareils prototypes nécessaires à la détection des tumeurs cérébrales par radio-isotopes. En parallèle, elle développe les toutes premières applications de l’échographie cérébrale pour la détection des hématomes et des tumeurs.

Sa carrière s’est déroulée entre Paris, Rouen et Tours (ville où lui est dédiée la salle de conférence de la Faculté de Médecine). Travailleuse infatigable, conférencière dans le monde entier, elle y comptera de nomreux et fidèles élèves. Retirée de la vie hospitalière et universitaire en 1980, elle accueillera dans son château de Saint-Senoch, à Varennes, des rencontres scientifiques nationales et internationales et des concerts de très haut niveau. La lecture, la musique et la poésie nourriront sa vie.

Elle s’éteindra centenaire dans sa demeure de Varennes. Il a été écrit d’elle : « La petite fille abandonnée était devenue une très grande dame ».

Dans la vidéo que je vous présente, Thérèse parle avec délicatesse et émotion de la rencontre avec René Planiol, qui deviendra le compagnon de sa vie. Les pages sont tirées du livre Une femme, un destin. J’espère que quelques réalisateurs français en feront bientôt un film.

En savoir plus :

http://fondation-planiol.fr/sites/default/files/fichiers/docplaniolhommage.pdf

http://academie-de-touraine.com/Tome_26_files/02necrologie-PLANIOL4p.pdf

 

Tags : Femmes




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5 réactions à cet article    


  • vote
    Clocel Clocel 22 février 13:56

    Dans un de ses bouquins, Alexandra David Neel raconte comment la gent masculine balançait dans les escaliers de la fac de médecine les éléments femelle qui avaient eu l’audace de s’y inscrire, la médecine était affaire de mecs...


    • vote
      wendigo wendigo 23 février 07:48

      @Clocel

       Non ce n’était pas du machisme mis du pragmatisme ; cela permettait d’avoir des sujets d’études pour se faire la main !


    • vote
      Clocel Clocel 24 février 11:27

      @wendigo

      Là on est chez Semmelweis et dans la thèse à Céline !? smiley


    • 3 votes
      Norman Bates Norman Bates 22 février 20:21

      Un grand merci pour cet excellent module doté d’un texte de présentation respectueux du lecteur et fidèle à l’esprit d’Avox...



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Lucia Gangale

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