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Accueil du site > Actualités > Société > « L’autorité », analysée par Yann Martin

« L’autorité », analysée par Yann Martin

Voici une conférence passionnante sur la question de l’autorité donnée par Yann Martin professeur agrégé de philosophie à Strasbourg.

 

 

Au cours de cette conférence, Yann Martin va établir une distinction entre « autorité » et « pouvoir ». Bien que ces deux notions se manifestent par l'excercice de la « puissance » (la capacité à « faire » soi même et à « faire faire » aux autres), cette puissance ne s'excerce pas de la même façon suivant le cas.

 

Le pouvoir

 

Le pouvoir est le commandement structuré socialement et partagé en fonction hiérarchique. Il est l’exercice de la volonté de puissance d’un acteur sur un autre et institue une relation de domination entre le supérieur et l’inférieur hiérarchique qui aboutit à la soumission et à l’assujettissement de ce dernier.

 

Deux outils permettent d'obtenir le pouvoir à celui qui y aspire :

 

  • La force : être dominé, c’est subir l’emprise de plus fort que soi, le dominant va donc exercer sa volonté de puissance sur le dominé par la coercition et ainsi assoir son pouvoir.

 

Cependant, la force a sa propre fragilité : tout pouvoir en tant qu’exercice de la volonté de puissance vient buter sur la volonté de puissance de ceux sur qui il s’exerce, par conséquent, il a toujours à conjurer le risque de la critique, de la contestation, de la révolte , du retournement de rapport de force et de la révolution. Le détenteur du pouvoir ne peut indéfiniment garder le monopole de la coercition avec lui et il ne peut rester éternellement le plus fort.

 

Celui qui exerce le pouvoir ne peut donc jamais se maintenir que de sa propre force justement parce que face à lui, il y’a d’autres volonté de puissance qui peuvent le subjuguer, il doit donc faire intervenir un autre outil.

 

  • La persuasion : le pouvoir ne se satisfait jamais de l’obéissance crue, il faut que la relation de domination soit acceptée comme juste. La force est si fragile que pour se transformer en pouvoir, elle demande à être légitimée. La stratégie de celui qui aspire à exercer le pouvoir est donc de transformer sa force en droit et l’obéissance de ceux qu’il domine en devoir.

Ce processus de légitimation s’appuie sur la croyance : il y a croyance lorsqu’il y a une affirmation non vérifiable qui est considérée comme l’expression d’une vérité indiscutable. Le pouvoir n’existe que si on croit que celui qui l’exerce est celui qui doit l'excercer.

 

C’est ainsi que le fonctionnement politique permet de déguiser les rapports de force en processus de légitimation par l’intermédiaire de la théâtralisation du pouvoir : en effet, il n’ya pas de pouvoir sans signes qui représentent le pouvoir, il n’y a de pouvoir que mis en signe à travers des symboles qui vont frapper l’imagination et qui supposent une mise en scène théâtrale de ces symboles.

Les représentations humaines sont puissantes et gouvernent les hommes davantage que ceux qui croient gouverner, ils ne peuvent d’ailleurs gouverner que tant que la représentation que les gouvernés se font d’eux coïncide avec la représentation qu’ils espèrent que ces derniers aient d’eux. C’est un jeu d’illusion et de mystification.

 

Cependant la légitimité de celui qui gouverne (qu’elle soit religieuse, traditionnelle, charismatique etc.) n’est jamais totale, par conséquent aucun pouvoir n’est absolument légitime, une fois que la croyance sur laquelle elle se fonde est considérée par le gouverné comme une imposture, cette légitimité s’évanouit et le détenteur du pouvoir est contesté.

 

L’autorité

 

L’autorité substitue aux relations de domination propre au pouvoir, des relations de subordination : être subordonné, c’est recevoir sa place d’un ordre surplombant.

 

Elle exclut la contrainte et la persuasion cependant sa puissance est plus grande que celle du pouvoir, il n’y a d’autorité réelle que là ou la puissance est telle qu’il n’est point besoin de la forcer. Celui qui parle avec autorité est celui qui n’a pas besoin d’élever la voix, celui qui agit avec autorité est celui qui n’a pas besoin de forcer les événements, il suffit qu’il parle et on écoute sa parole, il suffit qu’il oriente, qu’il dise ce qu’il faut faire et on fait comme il dit.

 

L’autorité ne s’institue pas, elle est une caractéristique non transférable qui existe en vertu des exploits et des succès réalisés par son détenteur ainsi que de compétences et de vertus reconnues en lui, on peut transférer et recevoir le pouvoir et mais on ne peut transférer et recevoir une autorité.

 

Alors que le pouvoir s’exerce de haut en bas puisque le dominant impose son pouvoir au dominé, l’autorité quant à elle s’exerce de bas en haut puisqu’elle n’existe que si elle est reconnue par celui sur qui elle s’exerce : n’a autorité que celui à qui on donne autorité en reconnaissant l’autorité qui est la sienne, la subordination et la domination ne doivent donc pas être confondue !

 

 

La source de l’autorité transcende son détenteur : celui sur qui elle s’exerce reconnait des qualités particulières à celui qui détient l’autorité mais éprouve en même temps quelque chose qui le dépasse, qui le déborde, quelque chose de plus grand que lui. Elle implique le respect c.à.d. la reconnaissance de l’inaliénable dignité de ceux qui la détiennent.

L’autorité n’est pas un don naturel, on ne nait pas avec l’autorité, elle est ce qui advient avec la compétence, le savoir faire, la prudence, l’expérience, la distance critique, la hauteur de vue, elle a à voir avec une certaine sagesse reconnue.

 

L’autorité a rapport au temps : au passé car elle y enracine son expérience, au présent car elle s’exerce maintenant et au futur car l’autorité véritable est celle qui n’est pas menacée d’être liquidée.

 

La relation autorité-pouvoir

 

L’ordre autoritaire est toujours hiérarchique mais sa hiérarchie ne calque pas et ne double pas la hiérarchie du pouvoir, il se dispense des effets de théâtralisation. En effet, l’autorité s’ignore elle-même comme autorité, elle n’est jamais aussi puissante que lorsqu’elle est ignorée de son détenteur, l’autorité revendiqué c.à.d. celle que l’on pose comme étant la sienne se déprave en autoritarisme et sombre dans le ridicule, le risque de perdre l‘autorité est grand lorsqu’on la met en scène. L’autorité implique le refus des postures.

Le pouvoir aussi fort soit il ne suffit pas à ordonner une société, il ne peut ordonner qu’en donnant l’ordre mais cet ordre qu’il donne n’aboutit pas à l’institution d’un ordre stable quand bien même il serait obéit. Pour instituer un ordre durable, il faut le recours de l’autorité qui va transformer une mise au pas en mise en ordre.

 

Cependant, pouvoir et autorité ne s’excluent pas forcément : pour fonctionner de façon optimale et durable, le pouvoir a besoin de l’autorité qui peut même être ce qui assure le pouvoir de l’exercice du pouvoir en l’accroissant et en l’augmentant.

 

Le pouvoir institué, s’il ne correspond pas à une autorité réellement reconnue, est celui qui s’affirme par les abus de pouvoir.

 

 Yann Martin va conclure son exposé en postulant que toute société a besoin d’un pôle de pouvoir institué (la capacité à contraindre) et un pôle d’autorité (la capacité à mobiliser).

 

 

Source :

Nicolas Clément

 

Tags : Société Culture



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188 réactions à cet article


  • 2 votes
    Zatara Zatara 12 mai 14:43

    du très bon, j’étais en disette depuis un moment, merci maQ


    • 1 vote
      maQiavel maQiavel 12 mai 15:29

      De rien Zatara ...


    • 2 votes
      Heimskringla Heimskringla 12 mai 19:39

      Passionnant. Merci pour le partage maQ.


      • vote
        lupus lupus 12 mai 21:27

        L’autorité ? une chimére de l’homo économicus


        • 2 votes
          Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 12 mai 23:31

          Je me suis pris à lire le texte de l’article avant de lancer la vidéo. C’est très intéressant, je n’avais jamais réfléchi à poser ainsi l’articulation entre autorité et pouvoir. Mais finalement c’est assez évident. 


          • 2 votes
            Chitine Chitine 13 mai 11:49

            Merci maQiavel,
            (ainsi que pour "les Gracques")


            • vote
              lupus lupus 13 mai 11:58

              "l’autorité" et la soumission (version économique) : en 2016 dans un pays riche,éduqué,démocratique,droit de l’hommiste, avec un système capitaliste sensé apporter le bonheur sur la planète terre.

              "États-Unis : privés de pause-toilettes, des employés portent des couches.Les employés du secteur volailler aux États-Unis travaillent dans un tel climat de peur qu’ils n’osent pas demander de pause pour aller aux toilettes et portent des couches au travail, affirme l’ONG britannique Oxfam dans une étude. D’après ce rapport publié mardi 10 mai, « la grande majorité » des 250 000 ouvriers du secteur avicole américain « dit ne pas bénéficier de pauses-toilettes adéquates »"


              • 1 vote
                Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 14 mai 13:54

                @lupus
                "D’après ce rapport publié mardi 10 mai, « la grande majorité » des 250 000 ouvriers du secteur avicole américain « dit ne pas bénéficier de pauses-toilettes adéquates »"


                Et alors ? Est-ce que les poules ont des pauses pipi ? Ils n’ont qu’à faire comme elles !  smiley


              • 1 vote
                herve_hum 13 mai 14:19

                Curieux de ce qu’allait dire ce professeur, des fois qu’il sorte du lot et puis surtout pour y apprendre quelques citations d’auteurs célèbres et ainsi enrichir ma maigre érudition, il a fallut à peine dix minutes pour refroidir complètement mes espoirs. Au final, que des lieux communs, des concepts éculés et biaisés et un propos confus, contraire au but affirmé par l’auteur en début de son exposé.

                Un exemple, parce que reprendre tout son exposé serait trop long. Il dit que la véritable autorité n’est pas transférable, parce que attaché à la personne, contrairement au pouvoir, ce qui est soutenable. Dont acte. Mais alors, pourquoi croit t’il nécessaire de dire que l’autorité se fait du bas vers le haut ? Sans doute pour dire quelque chose qui sorte de l’ordinaire, des sentiers battus et rebattus. Faire une tentative audacieuse où il interpelle son audience qui, sans doute surpris devant cette audace, ne trouve rien à redire.

                Sauf que c’est absurde, car si l’autorité n’est pas transférable parce que une qualité propre à l’être, alors, cela veut dire qu’il n’y a pas de hiérarchisation possible, dans un sens ou dans l’autre. Il prouve avec cette idée simpliste qu’il balance comme des dés en espérant sortir un 421, qu’il ne maîtrise pas son sujet.

                Loin s’en faut, car au lieu de clarifier la distinction entre deux termes synonymes et qui portent à confusion, il relai cette dernière. En effet, il garde la définition de la puissance comme la capacité à « faire » soi même et à « faire faire » aux autres, mais qui procède du pouvoir. La confusion est ici très grande et est voulu ainsi par les maîtres sophistes qui ont définit le sens des mots, précisément pour interdire toute compréhension claire. Donc, bien qu’il affirme que le rôle du philosophe est de mettre de la clarté (sauf pour les sophistes) il fait tout le contraire, notamment en relayant cette confusion des termes.

                Ainsi, dans le langage courant, la définition du mot puissance est prise pour le mot pouvoir. On ne dit pas "je suis puissant pour faire ceci ou cela", mais "je peux faire ceci ou cela". De fait, la puissance n’est pas, dans le langage courant, la capacité à faire soi même ou faire faire aux autres, mais exprime le niveau de cette capacité à faire ou faire faire aux autres. La capacité étant la définition du pouvoir. Cette distinction sera d’ailleurs soutenu par l’emploi du mot puissance dans le domaine scientifique. La distinction est subtile et perverse, faut bien le reconnaître.

                Enfin, on notera, pour appuyer cette distinction, qu’on parle de la puissance d’un état quand à son niveau d’action par rapport aux autres, c’est à dire, que c’est la graduation dans le niveau de puissance qui distingue le pouvoir et non l’inverse. Autrement dit, tout état est doté du pouvoir (capacité) d’agir, mais c’est son niveau de puissance qui détermine, relativement aux autres, son niveau d’action. Une super puissance n’interdit pas aux autres d’agir en tant que puissance, mais limite leur pouvoir, soit donc, leur capacité a faire et faire faire.

                Mais voilà, le mal produit par ce genre de confusion volontaire est très profond et je doute qu’il y ait quelqu’un ici pour suivre. Mais il suffit d’avoir à l’esprit que, même en gardant les définitions admises, le pouvoir précède la puissance, car c’est bien la détention du pouvoir qui donne la puissance et fait que la capacité n’est pas dans la puissance, mais dans le pouvoir. La puissance détermine donc le niveau de cette capacité.

                L’ironie de l’histoire, c’est que ce sophisme confusionnel, est motivé pour les raisons qu’il donne dans sa conférence, à savoir, tromper les gens pour mieux les manipuler, mais au lieu de dénouer ces fils, ils les serres un peu plus.


                • 2 votes
                  Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 14 mai 13:50

                  @herve_hum
                  "Il dit que la véritable autorité n’est pas transférable, parce que attaché à la personne, contrairement au pouvoir, ce qui est soutenable. Dont acte. Mais alors, pourquoi croit t’il nécessaire de dire que l’autorité se fait du bas vers le haut ?"


                  Cela me semble clair : parce qu’il nomme "autorité" ce qui est conféré à une personne par le fait nécessaire et suffisant qu’on lui reconnaisse spontanément de la valeur... et NON par le fait que cette personne puisse s’imposer par la force ou la persuasion. Par exemple, de nombreux Français reconnaissaient une certaine autorité morale en la personne de l’abbé Pierre sans qu’il fût besoin pour ce dernier de constamment montrer qu’il était "le plus fort" (comme doit en revanche le faire un professionnel de la politique ou de la compétition sportive, ou même un cuisinier étoilé). 


                • vote
                  maQiavel maQiavel 14 mai 14:50

                  -L’échelle me semble importante là aussi.

                  Elle est fondamentale. C’est ce qui distingue les communautés primitives des sociétés et qui permet de comprendre leur rapport avec le pouvoir (qu’elles essayaient de limiter en empêchant la réalisation pratique de la hiérarchie politique) et avec l’autorité ( qui elle au contraire était au centre des interactions sociales et découlait du fait que ces communautés ne connaissaient pas l’écriture et que les anciens étaient en quelque sorte dépositaire de la tradition , de l’histoire et des systèmes juridiques).

                  Dans le passage des communautés aux sociétés , la question de la démographie de la collectivité est l’un des paramètres le plus important.


                • 1 vote
                  herve_hum 13 mai 14:45

                  Je terminerai en corrigeant la citation de Rousseau

                  Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maitre, s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir. De là le droit du plus fort.

                  Là aussi, c’est faux, mais le sophisme est très subtil et si je considère Rousseau comme un vrai philosophe (donc, non sophiste), le fait d’une confusion involontaire.

                  En fait, le plus fort ne doit pas transformer sa force en droit, mais en devoir et c’est ce dernier qui lui donne toute sa puissance d’action. Car s’il transformait seulement sa force en droit, alors, il finirait par perdre sa puissance.Ceci, parce que moralement, la force brute ne peut pas être un droit, mais l’absence de droit. Elle ne peut prendre la forme du droit, qu’en étant reconnu en tant que devoir d’être appliqué. Donc, vu comme une violence nécessaire (c’est ce qui est vendu aux CRS pour taper sur les manifestants !).

                  Pour transformer sa force brute en devoir, il doit la justifier par la menace d’une force qui soit pire que la sienne et donc, faire passer sa propre force comme une nécessité pour éviter une menace supérieure. Sa force devient alors un devoir reconnu par les autres et qui appellent cette force, duquel il pourra alors justifier son droit d’en tirer profit.

                  Toutefois, l’obéissance reste effectivement un devoir, mais par la sécurité que le détenteur de la force procure à ceux ci, qui est alors, le droit qu’ils tirent du détenteur de la force.

                  Difficile de remettre de l’ordre dans la logique, après quelques millénaires de manipulation !


                  • 1 vote
                    herve_hum 13 mai 23:30

                    @herve_hum

                    bon, pour celui qui aurait du mal à saisir, l’équilibre entre droit et devoir se résume ainsi.

                    pour le détenteur de la force, défendre est son devoir, l’impôt est son droit.

                    pour le protégé de la force, la sécurité est son droit, l’obéissance (à travailler et payer l’impôt !) est son devoir.

                    Simplement, ici, le détenteur de la force, parce que détenteur de la force, n’a pas obligation à respecter l’équilibre et peut abuser de son pouvoir, en fonction de sa puissance.

                    Dans le système actuel, la bourgeoisie à modifié le sens de la relation ! Comment ? pour le dire en quelques mots, en montrant que la noblesse (détentrice de la force) n’accomplissait plus son devoir. Bon, c’est plus subtil, mais le commentaire n’a pas pour but de développer, pour cela, mieux vaut lire mes articles traitant de la responsabilité.

                    Pour ce qui est de l’autorité véritable, celle ci se distingue de l’autoritarisme en étant son propre centre de gravité, donc, vers où tout converge. Il n’y a pas de haut et de bas, la hiérarchie est abolit, seule compte la compétence reconnu à la personne, qui peut alors exercer son autorité sans devoir élever le ton.

                    de fait, le principe s’applique aussi au chef de guerre, dès l’instant où sa compétence de général est reconnu, on peut parler d’autorité véritable et s’exerce comme les autres.

                    Le jeu est simple et clair, mais à la manière d’un kaléidoscope, c’est la multiplication des relations qui complexifie exponentiellement le jeu.


                    • 2 votes
                      ffi 14 mai 02:00

                      Pouvoir temporel (force) / Pouvoir spirituel (autorité).


                      • 1 vote
                        herve_hum 14 mai 09:54

                        traiter du rapport entre pouvoir et puissance est plus subtil.

                        La puissance n’est pas la capacité à faire, mais l’énergie requise pour faire, qui découle de la capacité à produire cette énergie.

                        Cela veut dire, que si la capacité à produire l’énergie nécessaire est trop faible, par rapport à l’énergie requise pour faire, donc, s’il y a manque de puissance, alors, le système chute.

                        Là aussi, on ne peut parler de la puissance seule, cela ne veut rien dire, elle n’a de sens que dans son rapport au pouvoir. Idem pour le pouvoir, mais avec cette subtilité supplémentaire, que sa relation avec la puissance dépend de sa capacité à produire l’énergie requise pour faire, donc, sa capacité à détenir de la puissance.

                        Donc, un pouvoir peut être absolu, mais si sa capacité à produire de l’énergie est faible, sa puissance sera faible.Seule l’autorité qui peut lui être reconnu peut dépasser (parfois de très loin) cette limite.

                        C’est simple, il n’y a pas de confusion possible, mais c’est complexe et à priori, trop complexe pour des esprits comme maQiavel qui n’entendent que les choses compliqués, parce qu’ils n’ont pas besoin de les comprendre, étant donnée que personne ne peut les maîtriser, mais avec l’avantage de leur permettre de dire ce qui leur passe par la tête.


                        • 1 vote
                          Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 14 mai 13:23

                          @herve_hum
                          "La puissance n’est pas la capacité à faire, mais l’énergie requise pour faire, qui découle de la capacité à produire cette énergie."


                          Le propos du conférencier se situe dans le registre des interactions sociales. Il ne fait pas un cours de physique. La "puissance" dont il est ici question est donc bien la capacité à faire.

                           

                          Larouse : Efficacité de quelque chose en rapport avec les moyens disponibles : Puissance d’un syndicat.


                        • vote
                          herve_hum 15 mai 11:56

                          @Qaspard Delanuit

                          libre à vous de soutenir un cas d’espèce de confusionnisme...

                          pour l’illustrer, remarquez comme le conférencier doit donner des exemples à l’appui pour se convaincre lui et l’assistance que le sens du mot puissance est bien celui du dico dans le sujet traité. Et ce, pour la raison que j’en donne.

                          bon dimanche


                        • vote
                          Zatara Zatara 15 mai 12:12

                          @herve_hum

                          querelle de chapelle sur le sens précis des mots puissance et autorité

                          la puissance, c’est la statistique de réussite dans la possibilité d’une manœuvre commandé. Ainsi, il y a la puissance dans les faits, et la puissance dans les esprits tel une projection

                          l’autorité porte 2 sens antinomiques

                          - Il y a l’exemple avec Jesus, une forme de superiorité non pas imposé par la force mais reconnu car bonne et droite. C’est l’autorité donné par le bas. Une forme de plébiscite implicite et naturel.

                          - Et l’autorité (on dit aussi les autorités) au sens des personnes en charges et responsables, faisant parti d’une hiérarchie.Cette autorité est donné par le haut.


                        • 1 vote
                          Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 15 mai 12:19

                          @Zatara
                          Le conférencier propose de n’appeler "autorité" que ce qui est perçu du bas, et d’appeler "pouvoir" ce qui nous commande du haut, afin de distribuer à chaque mot un sens distinct. 


                        • vote
                          Zatara Zatara 15 mai 12:28

                          @Qaspard Delanuit
                          justement, n’y aurait il pas une forme de "piratage" du mot autorité, tel que le pouvoir les affectionne ? c’est comme Éducation Nationale, ça m’a toujours fait marrer smiley ou la politique serait le business des mots. Ou de l’usure (usure ?) des mots jusqu’à la moelle  smiley


                        • 1 vote
                          Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 15 mai 12:44

                          @Zatara
                          "justement, n’y aurait il pas une forme de "piratage" du mot autorité"


                          Exactement, c’est ce que dit le conférencier et que rappelle maQiavel dans son excellente synthèse. Le pouvoir par lui-même ne peut pas se maintenir sans faire croire à sa légitimité. Le pouvoir doit donc faire croire qu’il est "autorité" et donner aux individus gouvernés l’illusion qu’ils reconnaissent au "pouvoir" une "autorité". Ce grand théâtre n’est pas compatible avec "Casse toi pov’con".  smiley


                        • vote
                          Zatara Zatara 15 mai 13:10

                          @Qaspard Delanuit
                          donc l’autorité est une cousine, disons "éthique", du populisme...Le problème étant que pour la première, c’est indiscutable...tandis que pour le deuxième, on peut tout à fait utiliser les 2 cotés, au coup par coup, à des fins personnelles. L’autorité s’auto entretient par une abstinence réfléchi, là ou le populisme n’est qu’une méthodologie opportuniste pour arriver au pouvoir. J’espère que je suis clair smiley


                        • vote
                          Zatara Zatara 15 mai 13:21

                          J’ai dis des bêtises... En fait l’autorité est une référence éthique, quasi religieuse donc hors d’un quelconque système ou régime, là ou le populisme surf sur les modes et les volutes caractérielles du peuple dans le seul cadre démocratique. Le seul lien est l’interaction avec le petit peuple, pas de quoi fouetté un chat.


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                          Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 15 mai 13:22

                          @Zatara
                          "J’espère que je suis clair"


                          Heuuu... Pas trop non. 


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                          Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 15 mai 13:24

                          @Zatara
                          "pas de quoi fouetté un chat."


                          Ni malmener une gram-maire. 

                           smiley

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                          Zatara Zatara 15 mai 13:25

                          @Qaspard Delanuit
                          Je voulais dire que le populisme utilise le bon et le mauvais côté de la force tiré du peuple, là ou l’autorité se la joue plus Yoda smiley mais comme je le souligne dans le deuxième post, le rapprochement (cousine) est juste hors de propos.


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                          Zatara Zatara 15 mai 13:30

                          @herve_hum
                          Je vous renvoie à Saint Pirelli : "sans maitrise, la puissance n’est rien" smiley


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                          Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 15 mai 13:57

                          @Zatara
                          "Je voulais dire que le populisme utilise"


                          "Le populisme utilise" est une abstraction. Que voulez-vous dire concrètement ? 


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                          Zatara Zatara 15 mai 14:45

                          @Qaspard Delanuit
                          Quelles est la différence entre une autorité et une personne utilisant les ressorts du populisme dans une démocratie ?


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                          Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 15 mai 14:58

                          @Zatara

                          Une personne à qui est reconnue une autorité (dans le sens où elle définie par le conférencier) n’utilise aucun ressort. Par exemple, dans un régiment, un simple sergent reconnu pour sa valeur au combat et qui par exemple a risqué sa vie pour sauver ses camarades et a su mener a bien des missions très difficiles, peut avoir plus d’autorité qu’un colonel formé à l’école militaire. Son autorité n’a rien à voir avec le populisme. Il ne souhaite même pas avoir de l’autorité : elle lui est accordée par les autres. 


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                          maQiavel maQiavel 15 mai 15:50

                          Très bonne métaphore que celle de l’armée pour illustrer le propos de Yann Martin dans la conférence.

                          Et je rajouterai même qu’un bon colonel aura pour ce sergent la déférence la plus grande et le consultera fréquemment avant de donner ses ordres au regard de la considération de la troupe à son égard, conscient qu’il pourrait ainsi augmenter son pouvoir en se reposant sur l’autorité du sergent et qu’il obtiendra ainsi avec facilité les choses même les plus difficiles.

                          Un mauvais colonel (du genre un jeune arrogant imbu de sa personne promu pour ses origines familiales ou un bureaucrate promu, les commandants de ce type sont assez fréquent dans les armées dans l’histoire et à travers le monde) au contraire manquerait d’égards pour ce sergent et finirait par se l’aliéner (peut être parce qu’il verrait son autorité comme faisant ombrage à son pouvoir) , celui là n’obtiendrait de son régiment qu’avec de grandes difficultés les choses même les plus aisées.


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                          Zatara Zatara 15 mai 16:06

                          @Qaspard Delanuit
                          ok....donc autorité est donné à une personne altruiste, et donnant toutes les preuves de confiance à travers son parcours. Cette personne ne cherche pas la reconnaissance de ses pairs, elle ne fait que suivre des valeurs qui dépasse sa propre condition, ou, en tous cas qui ne la mettent pas au dessus des autres, pour le bien du groupe. Mais c’est pas comme ça qu’on gagne à Koh Lanta de nos jours smiley


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                          maQiavel maQiavel 15 mai 17:14

                          @Zatara
                          Tout le monde me parle du Koh Lanta de cette saison , je crois que je vais me remettre à mater ce jeu. smiley

                          La saison est terminée ?

                          PS :prière de ne pas "spoiler" comme ont dit ... smiley


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                          Éric Guéguen Éric Guéguen 15 mai 17:41

                          @maQiavel
                           

                          Aïe, vous tombez mal, cette année c’est nul. Les médiocres ont comploté et ils ont évincé tous les forts. Il reste deux émissions mais ça se joue entre nuls. Leur seul talent est la fourberie. Mais sur les poteaux, la fourberie...


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                          maQiavel maQiavel 15 mai 18:29

                          Gueguen, j’ai dit de ne pas spoiler.  smiley

                          Blague à part, c’est un peu comme dans la vraie vie non ? Finalement, si les médiocres arrivent à comploter pour évincer les forts, peut être qu’ils ne sont pas si médiocres que ça et que les forts ne sont pas si fort.

                          En politique par exemple, de manière générale ce ne sont pas les plus brillants intellectuellement ou les meilleurs soldats qui conquiert le pouvoir mais ceux qui complotent le mieux pour l’avoir.

                          Cette réalité dégoûte les idéalistes mais pourtant c’est la réalité ...


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                          Éric Guéguen Éric Guéguen 15 mai 18:54

                          @maQiavel
                           
                          Oui mais dans Koh-Lanta les cartes sont truquées.

                          Exemple : une candidate qui est militaire en section de combat décide de taire volontairement son métier. Au moment du conseil nocturne, Brogniart la force à le dire aux autres. Et hop ! Un quart d’heure plus tard, elle est virée par la sanction du vote. Trop dangereuse. Trop bien embarquée pour choper les 200,000 euros.
                          Cela dit vous avez raison, c’est comme dans la vraie vie : le but n’est pas de promouvoir le talent, mais la médiocrité, et tous les moyens sont bons pour ça. Tous.


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                          maQiavel maQiavel 15 mai 19:22

                          @Éric Guéguen

                          Votre commentaire a trop de spoil , je ne peux pas le lire. Mais j’ai lu la fin : « le but n’est pas de promouvoir le talent, mais la médiocrité ».

                          Vous savez, intriguer fait partie des talents indispensables à la politique, un homme qui ne sait pas ruser, tromper dissimuler n’est pas fait pour cette activité. Par delà tout les talents qu’il possède s’il n’a pas spécifiquement celui là, c’est lui le médiocre. Il faut savoir jouer. Et je n’exagère même pas, c’est ce jeu millénaire qui dégoute des tas de personnes de l’activité politique et qui en amuse d’autres.


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                          maQiavel maQiavel 15 mai 19:31

                          @Éric Guéguen

                          Tenez, récemment, j’ai lu un article qui expliquait comment De Gaulle a réussit à écarter Henri Giraud qui était soutenu par Roosevelt, c’était tordant, le pauvre général était un homme droit et valeureux mais qui ne pigeait rien au jeu politique, De gaule l’a croqué tout cru, ça faisait vraiment pitié. 

                          C’est comme ça ...


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                          Éric Guéguen Éric Guéguen 15 mai 19:38

                          @maQiavel
                           
                          Tout est question de finalité dans notre condition politique, et le superbe livre de Sandel le rappelle très bien. Nous avons congédié le recours aux fins, quelles qu’elles soient (aux plus élevées en particulier), et il est socialement très dur de l’assumer jusqu’au bout. Vous avez des gens qui, en toute sincérité participent à Koh-Lanta pour l’expérience humaine, l’enrichissement, l’intégrité, le fair-play, etc. Toutes choses qui, si elles n’existaient pas, rendraient ce monde invivable. Eh bien les gens qui partent avec ces finalités en tête doivent savoir qu’elles n’ont presque aucune chance dans un tel jeu et qu’elles reviendront déçues par la nature humaine.
                           
                          "Presque" parce que lors de la saison dernière (là je ne spoile pas, si ?) le mec qui a gagné était le champion toutes catégories, complet au possible, dans une bonne condition physique, charismatique, champion de la débrouille, recordman du feu, s’exprimant bien. Il avait pour le coup une sorte d’autorité qui rendait tous les autres esclaves du moindre de ses gestes. Et tous les matins il faisait même sa petite prière matinale (catho). Bref, malgré tout, il a pulvérisé tous les autres. Mais pourquoi ? Parce qu’il était assez fort physiquement pour être immunisé contre des votes revanchards ou pleins de ressentiment.


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                          Éric Guéguen Éric Guéguen 15 mai 19:40

                          @maQiavel
                           
                          Ça oui, Giraud était naïf et de Gaulle ambitieux. Mais encore une fois, tout dépend des fins que l’on a en tête en usant de tels moyens. Et de Gaulle, une fois au pouvoir, a été d’une grande probité, d’une grande droiture.

                        

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