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Accueil du site > Actualités > Société > Emmanuel Todd : La perversité de l’euro ou le mythe du Veau d’or

Emmanuel Todd : La perversité de l’euro ou le mythe du Veau d’or

Emmanuel Todd présentait son nouveau livre - L’Origine des systèmes familiaux. Tome I : l’Eurasie - ce matin dans le studio de France Info. Cet ouvrage constitue une synthèse de ses travaux menés depuis 40 années. 

 

« L’hypothèse d’Emmanuel Todd est que notre famille nucléaire (un couple et ses deux enfants) n’est pas l’aboutissement d’un long processus de dégradation de la famille complexe ou de la famille souche et patriarcale, comme le supposait au XIXe siècle l’un des fondateurs de la sociologie de la famille, Frédéric Le Play (1806-1882). Tout au contraire, selon Todd, elle fut la forme primaire et universelle des familles, celle des temps anciens des chasseurs-cueilleurs. Les modèles plus complexes se sont ensuite diffusés dans l’espace, de la Chine centrale, où ils sont nés, vers les périphéries. Le raisonnement est ainsi fondé sur une analogie entre évolution dans le temps et répartition géographique. Si on suit Todd, les formes de l’évolution de la structure familiale se lisent en parcourant l’espace. Bref, les formes nucléaires observées en particulier en Europe ne seraient que l’expression d’un archaïsme, la diffusion d’autres modèles n’ayant pas atteint l’Europe. » (Le Monde - "L’Origine des systèmes familiaux. Tome I : l’Eurasie", d’Emmanuel Todd : la famille nucléaire, cet archaïsme

 

Au cours de l’interview il évoque également la difficulté de plus en plus évidente, de mettre en oeuvre des actions collectives. 

 

Et il revient ensuite sur la monnaie unique, l’Euro, qui n’a pas vraiment d’avenir selon lui : 

 

Emmanuel Todd : « Les gens qui ont construit l’euro sont des gens qui sont à peine compétents en Economie, et pas du tout en Histoire, en Sociologie et en Anthropologie, donc ils ont pensé qu’on pouvait faire une monnaie unique qui couvrait des populations de structure familiale, d’anthropologie, de moeurs, complètement différentes. Si vous voulez, entre la France et l’Allemagne, pour un anthropologue comme moi, il y a autant de différence, de façons d’être, qu’entre la France et le Japon. Les gens qui ont construit l’Euro auraient pu aussi bien proposer une monnaie unique mêlant le Franc au Yen et là on ne serait pas surpris que ça ne marche pas. Mais c’est ça, c’est pour ça que je vois ces types se débattre contre une réalité historique et familiale, de moeurs... Les gens ne font pas le même nombre d’enfants, les gens ne travaillent pas de la même manière... »

 

Jean Leymarie : « Et on ne peut pas dépasser ça pour faire une monnaie commune ? »

 

Emmanuel Todd : « Peut-être qu’on peut dépasser ça. Mais c’est sûr qu’on ne le fera pas par l’argent. Si vous voulez, des gens qui pensent qu’on peut transformer le monde par la monnaie, par l’argent, sont quelque part totalement pervers, ou inconscient ! C’est le mythe du Veau d’or ! L’argent n’est pas fait pour transformer le monde ! »

 

Comme il est toujours intéressant d’entendre Emmanuel Todd, écoutons-le aussi présenter son livre dans le journal de France 2 avec Elise Lucet :



 

Emmanuel Todd (né le 16 mai 1951) est un démographe, historien, politologue et essayiste français. Il est diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et docteur en histoire de l’Université de Cambridge. Ingénieur de recherche à l’Institut national d’études démographiques (INED), ses recherches l’ont conduit à admettre, après d’autres, que les systèmes familiaux détiennent un rôle déterminant dans l’histoire et la constitution des idéologies religieuses et politiques.

Tags : Europe Politique Société Histoire Euro Monnaie




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6 réactions à cet article    


  • 4 votes
    wesson 21 septembre 2011 01:32

    bonsoir nilasse,
    barre de rire illustre en fait les limites du discours FN.

    D’un coté ça fait des mamours à Todd et ça se réclame de sa pensée économique,

    mais d’un autre, faut pas déconner quand même c’est qu’un gauchiste, alors on va pas appliquer les conneries qu’il raconte ...

    Bref, le FN est bien emmerdé avec ce gugusse là, d’où les réponses à l’ouest type barre de rire


  • 7 votes
    BA 20 septembre 2011 21:33
    Mardi 20 septembre 2011 :

    Union Européenne : Bruxelles juge une recapitalisation des banques « peut-être nécessaire ».

    Une nouvelle recapitalisation des banques européennes sera « peut-être nécessaire » en raison de l’aggravation de la crise de la dette, a déclaré mardi le commissaire européen chargé de la Concurrence, Joaquin Almunia lors d’une conférence de presse.

    Il va proposer d’étendre les règles mises en place par la Commission en 2008 et 2009 pour permettre aux gouvernements d’apporter une aide publique à leur secteur bancaire.

    « Malheureusement, avec l’aggravation de la crise des dettes souveraines, de nouvelles banques auront peut-être besoin d’être recapitalisées » en plus des neuf qui n’ont pas réussi les tests de résistance des banques effectués en juillet, a dit M. Almunia.

    Dans ces circonstances, « je vais proposer cette année de prolonger les règles autorisant les aides d’Etat » mises en place en 2008-2009, « afin de permettre aux gouvernements de continuer à aider publiquement leurs banques au-delà de 2011 ?, a-t-il annoncé.

    Ce recours au financement public doit intervenir « en dernier recours », a-t-il mis en garde, encourageant les banques à se « financer sur les marchés et à prendre toutes les mesures possibles, comme la vente de filiales et la limitation des dividendes, avant de se tourner vers le soutien public ».

    « J’aurais préféré qu’on revienne plus tôt aux règles normales » de concurrence, « et c’était mon intention jusqu’à cet été. Mais la situation à laquelle nous sommes confrontés plaide pour une prolongation du régime existant » permettant aux Etats d’aider leurs banques, a-t-il expliqué.


    En clair :

    Contribuables européens, préparez-vous à payer.

    Contribuables, vous allez payer pour recapitaliser les banques européennes.

    • 4 votes
      gazatouslesetages 21 septembre 2011 00:52

      tiens, ça fait longtemps que je trouvais Todd peu intéressant, à force de s’éparpiller..
      là au moins, il a l’air de s’être remis à faire son boulot (d’historien)..


      • 4 votes
        BA 21 septembre 2011 10:35

        Banques : l’Union Européenne fait volte-face et reconnaît un besoin de recapitalisation.

         

        La Commission européenne a reconnu mardi que de nouvelles banques allaient vraisemblablement devoir être recapitalisées en raison de la crise de la dette, un aveu qui contraste avec la position de déni maintenue jusqu’ici par Bruxelles, notamment face aux appels du FMI.

         

        "Malheureusement, avec l’aggravation de la crise des dettes souveraines, de nouvelles banques auront peut-être besoin d’être recapitalisées" en plus des neuf qui n’ont pas réussi les tests de résistance effectués en juillet, a déclaré au cours d’une conférence de presse le commissaire à la Concurrence, Joaquin Almunia.

         

        Dans ces circonstances, "je vais proposer cette année de prolonger les règles" mises en place en 2008-2009, après la faillite de Lehman Brothers, "afin de permettre aux gouvernements de continuer à aider publiquement leurs banques au-delà de 2011", a-t-il annoncé.

         

        Ces déclarations ont coïncidé avec la publication des prévisions semestrielles du Fonds monétaire international, qui a souligné que "le niveau relativement bas de capitalisation des banques de la zone euro est une source d’inquiétude".

         

        "Des difficultés dans un pays peuvent rapidement s’étendre à l’Europe. De là, cela pourrait se déplacer aux Etats-Unis — via des détenteurs d’actifs européens — et au reste du monde", souligne le FMI.

         

        Sa directrice, Christine Lagarde, s’était attirée une volée de bois vert en Europe, aussi bien de la part de grandes banques que de gouvernements, lorsqu’elle avait déclaré, fin août, que face aux risques entraînés par la crise de la dette publique et la faiblesse de la croissance, les banques européennes avaient un besoin "urgent" de recapitalisation.

         

        Petit à petit, plusieurs voix se sont toutefois élevées pour rejoindre cette position. En marge de la réunion des ministres des Finances européens vendredi et samedi à Wroclaw (Pologne), le ministre suédois des Finances Anders Borg ou sa collègue espagnole Elena Salgado ont ainsi plaidé pour une recapitalisation.

         

        Mais les services du commissaire européen chargé des Affaires économiques, Olli Rehn, rappelaient encore récemment que "les banques européennes sont mieux capitalisées qu’elles ne l’étaient il y a un an".

         

        "Il semble qu’il y a eu un tournant à 180 degrés dans toute une série de pays en réponse à notre diagnostic", a commenté sur France 24 l’économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard.

         

        Après les propos de Mme Lagarde, "la réaction initiale, c’est : «  Monsieur, nos banques sont en parfait état. » La position maintenant de la plupart des pays européens c’est : « Oui, on a un problème », il faut en effet remettre du capital dans les banques.", a-t-il estimé.

         

        Manifestement, avec les craintes de contagion de la crise de la dette, alimentées par la possibilité d’un défaut de paiement de la Grèce et la dégradation mardi de la note du crédit de l’Italie, l’analyse semble avoir changé à Bruxelles.

         

        "Nous ne voulons pas assister à une crise systémique", a expliqué M. Almunia. "Sans une solution rapide, en fin de compte la facture ne fera que s’alourdir et les banques ne pourront plus remplir leur rôle crucial de financement de la croissance".

         

        Le commissaire européen a reconnu qu’il aurait "préféré qu’on revienne plus tôt aux règles normales" de concurrence dans le secteur bancaire. "C’était mon intention jusqu’à cet été. Mais la situation à laquelle nous sommes confrontés plaide pour une prolongation du régime existant" permettant aux Etats européens d’aider leurs banques, a-t-il expliqué.

         

        Mme Lagarde avait jugé que la meilleure solution serait "une recapitalisation substantielle et obligatoire avec des fonds privés et publics "si nécessaire".

         

        En tout état de cause, faire appel au financement public ne doit intervenir qu’"en dernier recours", a mis en garde M. Almunia, encourageant les banques à se "financer sur les marchés et à prendre toutes les mesures possibles, comme la vente de filiales et la limitation des dividendes, avant de se tourner vers le soutien public".

         

        Le gouverneur de la Banque centrale finlandaise, Erkki Liikanen, qui a lui-même plaidé lundi pour une recapitalisation des banques, a jugé également que c’était "avant tout la tâche des actionnaires".

         

        Pour M. Blanchard toutefois, "si pour une raison ou pour une autre, elles ne lèvent pas les fonds sur les marchés financiers, à ce moment là", il faudra envisager "une aide publique, une intervention publique", sous forme de "prise de participations des Etats".

         

        http://www.boursorama.com/actualites/banques-l-ue-fait-volte-face-et-reconnait-un-besoin-de-recapitalisation-9ac7e70e3fb3b3597272a6bb1ae16baf

         

        En clair :

         

        Contribuables européens, préparez-vous à payer.

         

        Contribuables, vous allez payer pour recapitaliser les banques européennes.


        • vote
          easy1 21 septembre 2011 12:56

          Je conviens avec E Todd que nos familles étant plutôt nucléaires, il émane de chacune d’elles une politique et qu’il y a donc dans l’Eurasie et à l’exception du centre irakien, une grande diversité de ces politiques ou éthiques (d’abord familiales puis sociales et économiques)

          Je conviens qu’il fallait alors, en raison de ces diversités, éviter d’imposer ab nihilo, une monnaie unique à tous ces différents ;

          Mais il néglige quelques faits importants qui se sont produits lors de ces 3 derniers siècles, en Europe, qui ont permis à toutes les polulations d’accéder au savoir, au savoir de l’Histoire et de considérer, voyagisme faisant, businesse faisant, qu’on en avait ras-le-bol des guerres fratricides.

          Aucune région du monde n’aura été aussi épuisée par les disputes picrocholines que l’Europe. Alors, il n’était pas fou, de la part des Européens de concevoir de mettre fin à ces guerres pour de petites différences de politiques en fédéralisant nos politiques.
          Peut-être suffisait-il alors de faire l’Europe administrative, fiscale. Toujours est-il qu’une fois lancés dans ce fédéralisme, surtout face à la menace d’autres très gros blocs, que nous nous sommes mis à concevoir d’adopter une monnaie commune.

          Là où nous aurions eu tort, ce n’était pas d’avoir eu l’idée de proposer une monnaie unique, c’était de ne pas y avoir renoncé dès lors qu’il apparaissait qu’il n’y avait pas consensus de toute notre famille.

          Dès lors que les plus libéraux, différencistes, de notre famille, refusaient le mêmisme monnétariste (qui implique des tas de mêmismes dans des tas de domaines de la vie) les promoteurs de l’Euro auraient dû remballer leur stand.

          Les tropeuropéistes ont par exemple comme argument le fait que si nous ne sommes pas unis, nous ne pouvons pas imposer des principes sociaux, fiscaux, écologiques...Les tropeuropéistes verraient dans la standardisation de tout (et évidemment selon leurs goûts) la solution du bonheur.
          Ce faisant, ils réduisent ce qui fait notre âme et l’âme du monde des humains, la diversité. 

          Tous pareils pour éviter la guerre ?
          Tous pareils pour faire du monde un paradis ? 
          Tous des anges ? 

          Euh..



           


          • vote
            Nicolas RS 27 octobre 2011 11:39

            Merci pour ça ! Il dit tout ce qu’ril faut en quelques mots simples. Excellent !



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