Je recopie trois titres d’actualité sur le site romandie.com
Ces trois titres sont ahurissants.
On a l’impression que l’Histoire accélère comme un torrent qui
dévalerait une montagne.
ALERTE - Grèce : un Grexit presque inévitable.
Le ministre autrichien des Finances a estimé dimanche qu’une
sortie de la Grèce de la zone euro semblait presque inévitable,
après le refus des ministres des Finances de l’Eurogroupe de
prolonger le programme d’aide grec.
ALERTE - Athènes envisage la fermeture des
banques lundi (Varoufakis).
Le gouvernement grec envisagera ce dimanche la mise en place
de mesures de contrôle des capitaux et la fermeture des banques du
pays lundi. Le ministre des Finances Yanis Varoufakis l’a annoncé à
la BBC.
ALERTE – Berlin, Bruxelles et Amsterdam
conseillent à leurs ressortissants de « prévoir suffisamment
d’argent liquide » en Grèce.
Le ministère des affaires étrangères
allemand a recommandé dimanche 28 juin aux Allemands se rendant
en Grèce de « prévoir suffisamment d’argent liquide ».
Berlin invite également ses ressortissants en partance pour la
Grèce, l’une de leurs destinations de vacances préférées, à
« se tenir informés de l’évolution de la situation via les
recommandations de voyage du ministère et les médias ».
Les Pays-Bas ont également recommandé
la prudence aux Néerlandais, expliquant qu’il était « possible
qu’il soit difficile de payer par carte de crédit ».
« Prenez donc suffisamment d’argent liquide pour couvrir tous
vos coûts jusqu’à votre retour », conseille aussi le
ministère des affaires étrangères néerlandais sur son site.
Vendredi, la Belgique avait émis la
même recommandation.
Un journaliste de SUD-OUEST,
Jean-Claude Guillebaud, vient de publier un article explosif sur le
fonctionnement réel de l’Union Européenne.
Dans cet article, Jean-Claude
Guillebaud révèle plusieurs faits qui montrent le vrai visage de la
construction européenne.
Dimanche 7 juin 2015 :
Europe, dans le cœur du réacteur.
L’épisode aura été à la fois
passionnant et inattendu. A Bruxelles, j’ai eu la chance de
participer à un long débat avec une vingtaine de confrères
accrédités auprès de la Commission européenne. Il y avait là des
Français, des Allemands, des Britanniques, des Américains et même
une impétueuse consoeur venue d’Albanie et naturalisée belge. Tous
ces journalistes avaient en commun d’avoir choisi de suivre la
construction européenne et, pour cela, de s’installer à Bruxelles.
Ils sont depuis des années dans le cœur du réacteur. Pro-européens
au départ, ils ne peuvent être taxés d’euroscepticisme ou de
populisme. A plusieurs reprises, ce jour-là, ils ont tenu à nous
affirmer qu’ils y croyaient encore.
Admirable est la foi ! Pourquoi ?
Parce que, au fil des échanges, nos confrères, parlant sans détour,
nous ont décrit un univers kafkaïen, opaque, bureaucrtique, corseté
par un fonctionnement étouffant et procédural.
Les conférences de presse, par
exemple, sont si minutieusement codifiées qu’elles n’ont plus
beaucoup de sens. Les porte-parole ne répondent aux questions des
journalistes que s’ils y ont été expressément autorisés, par
écrit. Même dans ce cas, dès qu’une actualité un peu plus chaude
est en jeu, le porte-parole se contentera de lire le texte écrit que
sa hiérarchie lui a préparé.
Ce qu’à l’échelon national nous
appelons langue de bois acquiert à Bruxelles une opacité plus
impénétrable encore. Le formalisme et le culte du secret paraissent
avoir peu à peu asphyxié le fonctionnement de cette Commission
européenne censée incarner, aux yeux du monde, la démocratie
vivante du Vieux Continent et l’Etat de droit. C’est fou !
Prenons un tout petit exemple, il parle
à lui tout seul. Le nombre de journalistes accrédités auprès de
la Commission était de 900 voici deux ou trois ans. Aujourd’hui, ce
chiffre n’est plus accessible. Il a été classé top secret, pour de
prétendues raisons de sécurité. Formule commode. En fait, tout
laisse penser qu’il diminue chaque année, le projet européen
perdant son attrait médiatique. Inutile de crier cela sur les toits.
Nous avons débattu d’autres sujets,
comme la puissance des lobbies. Elle est indéniable à Bruxelles.
Elle court-circuite allègrement les logiques démocratiques de base,
enlisées dans la pratique obligatoire du compromis. Alors que nous
échangions à ce sujet, un confrère américain présent parmi nous
est intervenu sur un ton amicalement rigolard :
« Il faut comprendre que le lobby
le plus puissant ici, c’est l’Amérique du Nord elle-même. »
Devant notre surprise, il a renchéri
en disant que les Etats-Unis chaperonnaient avec vigilance l’Europe
en devenir. « Vous ne le saviez pas ? » a-t-il
ajouté.
Une consoeur française a exprimé sans
détour sa stupéfaction devant ce qu’elle entendait : « Ce
que vous décrivez là, c’est une dictature douce en construction. Ce
n’est plus du tout une démocratie. » Tout le monde s’est
récrié poliment, pour la forme.
Parmi ces correspondants accrédités
était présent le doyen, le patriarche, le chouchou de Bruxelles :
Quentin Dickinson, directeur des affaires européennes à Radio
France. Il a suivi stoïquement nos conversations, sans intervenir.
C’est une estimable figure de la profession, mais ce n’est pas lui
faire injure d’ajouter qu’il est plus militant que journaliste. Il
s’est d’ailleurs présenté en mars 2014 aux élections européennes
sous l’étiquette UDI – Modem. Les 9 % obtenus par les centristes
n’ont pas été suffisants pour qu’il soit élu au Parlement
européen. Il est donc redevenu journaliste. Assurément, lui y croit
encore.
Bref, en quittant cette confraternelle
réunion, nous étions à peu près tous convaincus qu’un (possible)
naufrage était annoncé. Le pire n’est jamais sûr, je sais.
Admirable est la foi, en effet …