J’ai conscience que mon commentaire puisse paraître hors sujet à première vue.
Mais, pour moi, toute cette histoire autour de la taxe carbone a aussi pour effet de nous rendre aveugle au vrai problème de civilisation que rencontre notre société technique.
Bien sûr, ça ne me fait pas plaisir de payer une taxe de plus, d’autant que la façon de l’appliquer choisie par le gouvernement me paraît absurde.
Pour autant, elle aurait pu être un levier pour une prise de conscience positive.
Je regrette que la réaction se résume à un phénomène d’allergie à la taxe sans donner lieu à une réflexion plus sérieuse sur l’avenir de notre société.
La courbe des émissions de CO2 est un phénomène révélateur mais étroitement lié à l’évolution exponentielle d’autres courbes telles que la population vivant sur la planète, la consommation d’énergies et de matières premières, les pollutions qui en découlent.
Tout cela en moins de deux siècles.
Regardez l’allure des courbes.
Ce facteur temps n’a pas d’équivalent dans l’histoire de la planète et de l’humanité. Il n’y a pas d’exemple, en physique comme en économie, qu’un tel emballement ne génère pas de problèmes sérieux s’il n’est pas maîtrisé à temps.
Ouvrons donc les yeux sur le coeur du sujet et non sur
cette foutue taxe qui, pour moi, reste un sujet périphérique au problème principal.
La taxe carbone deviendra arnaque si les fonds collectés sont détournés de leur objectif ou mal utilisés.
En fait, taxe ou pas, le vrai problème, outre les émissions de CO2, c’est notre trop grande dépendance aux énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon et matières fissiles).
Aujourd’hui aucune des énergies dites renouvelables n’est en mesure de rivaliser avec le pétrole, en quantité et en commodité, quand bien même nous les additionnerions et que nous ayons le temps et les moyens financiers de développer leur production et d’adapter les infrastructures et les machines nouvelles correspondantes.
Tant que nous n’aurons pas découvert une énergie de substitution viable et capable de satisfaire nos besoins, il nous faut cesser de consommer toujours davantage des ressources qui sont en quantité finie et en déplétion.
C’est quand même pas bien difficile à comprendre.
De plus, les découvertes de gisements nouveaux n’ont cessé de diminuer depuis les années 70 et les récentes découvertes ne représentent q’une goutte par rapport à notre rythme de consommation.
Entre 1960 et aujourd’hui, la consommation mondiale de pétrole est passée de 20 à près de 85 millions de barils par jour. La production maximum possible techniquement et physiquement est de 86 à 87 millions de barils jours (Christophe de Margerie, Directeur général de Total, à l’émission Ce soir ou jamais du 26 novembre dernier)
Compte tenu de tous les progrès et artifices techniques possibles dans l’exploitation des puits qui s’épuisent, les pétroliers s’accordent à dire que la production ne pourra pas faire mieux que 95 à 100 millions de barils jours à l’horizon 2020 pour décroître ensuite.
Si nous sortons de la crise économique actuelle, la demande va s’accroître.
Et que se passe-t-il quand la demande dépasse la production ? Les prix flambent !
Et la taxe carbone paraîtra bien dérisoire par rapport au prix du marché de l’énergie à ce moment-là !
Réduire notre consommation sera notre seul recours de toutes façons. Nous n’y couperons pas.
Voilà l’exemple parfait d’une réaction épidermique révélatrice de l’inconscience et de l’irresponsabilité de ceux qui sont incapables de dépasser leur petit égoïsme face aux enjeux que l’humanité doit affronter pour assurer la survie de nos enfants et petits enfants dans des conditions supportables.
Quand serons-nous capables d’imaginer une autre conception de développement que celle, suicidaire, d’une consommation forcenée et croissante des matières premières et des énergies fossiles qui, elles, sont en quantité finie ?
Oui, et aussi beaucoup de pétrole !!!
Et le traitement honteux des animaux dans beaucoup d’élevages en batterie.
Depuis que j’ai pris conscience de tout ça, j’ai diminué considérablement ma consommation de viande.
Au début, c’est dur ! Mais finalement au lieu de manger de la merde tous les jours, choisir la qualité en faisant à nouveau de la viande un luxe, on est gagnant sur tous les tableaux ; en plaisir, en économie, en impact sur notre environnement.