On avait au lendemain de la guerre les moyens de financer l’assurance maladie et les retraites, comment ne les auraient-on plus aujourd’hui ?
Vous êtes pour la privatisation de l’éducation de la santé et des retraites. Mais quel est l’intérêt ? Créer une éducation encore plus inégalitaire, faire des bénéfices sur les assurances, créer des caisses de retraites qui vont chercher à faire des petits sur les marchés spéculatifs et qui vont alimenter la terreur de l’inflation ? Où est-ce que ça marche ? Quel est le progrès ?
Pour l’armée et la police vous n’êtes pas certains ! Mais vous êtes des malades !
Le monde que vous défendez c’est un cauchemar : des quartiers pour les riches qui ont accès aux soins et à l’éducation, protégés par des murs et des milices privées tandis qu’à l’extérieur c’est la loi de la jungle.
C’est la fin du contrat social, c’est l’état de guerre de tous contre tous !
Il ne s’agit pas de remettre en question la libre entreprise ni le fait que la loi de l’offre et de la demande fixe les prix dans la plupart des cas.
Mais par quel miracle la somme des avidités personnelles créerait-t-elle un monde meilleur ? Comment du vice pourrait sortir la vertu ?
A part une croyance mystique dans les bienfaits du "dieu marché", la seule raison d’abandonner l’ensemble de la sphère publique aux lois du marchés, c’est pour certains de mettre la main sur des institutions très rentables.
Si vous êtes sincères dans votre croyance dans les capacités du marché, sachez que ceux
qui ont fait la promotion de Friedman et de ses idées le sont beaucoup moins. Friedman leur fournit simplement l’argumentaire à prétention scientifique qui leur permet d’accroître leur pouvoir et leur richesse.
Le marché est dominé par des requins, il est souvent irrationnel, toujours court-termiste. Seul une émanation de la collectivité, représentant l’intérêt général, peut par exemple gérer un enjeux comme le choc énergétique à venir. Cette émanation, très imparfaite, très critiquable, pour le moment c’est l’Etat. Le supprimer c’est retourner à la barbarie !
Qu’ont inventé les premières civilisations comme la Chine ou Sumer si ce n’est l’Etat ?
S’il faut investir massivement dans la recherche de nouvelles voies pour l’instant non rentables afin d’anticiper des grandes transformations à venir, croyez vous que le marché va s’en charger ? Non, il jouera la catastrophe et l’effondrement pour gratter un peu, c’est plus rentable.
Vous dites "le marché c’est nous". Ok, mais nous ne sommes pas le marché. Il n’y a pas réciprocité car nous sommes bien plus que le marché. L’Humanité est bien plus que la somme d’individus maximisateurs de profits des modèles économiques.
Vouloir appliquer ces modèles à la réalité c’est imposer un carcan insupportable aux hommes.
D’ailleurs nulle part ils ne l’acceptent et il faut user de ruse ou de violence pour y parvenir.
Que pense l’institut coppet des CDS et de la spéculation sur la dette des Etats ?
Que pense-t-il du financement des Etats directement par leurs banques centrales ?
Dans quelques années vous direz quoi ? "On vous avait bien dit qu’il fallait plus d’austérité, plus de coupes dans les dépenses publiques..." bref vous direz la même chose, encore et toujours, parce que vous avez trouvé une idole et que vous vous dispensez d’aller chercher plus loin.
"L’Etat a juste court-circuité la régulation du marché qu’est la faillite, d’où l’aléa moral".
Ah d’accord donc vous étiez favorables à ce qu’on laisse les banques faire faillite en 2007-2008 !
Il ne m’avait pas semblé que c’était la position des économistes friedmaniens mais si vous avez ce jusqu’au boutisme là, alors il me faudra concéder qu’à défaut d’être réalistes vous avez une certaine honnêteté intellectuelle.
Ça n’a aucun sens de dire que les trente glorieuses ont permis l’Etat providence et non l’inverse. Les deux allaient de paire. Vous voulez privatiser l’éducation, la santé, les retraites, la police, l’armée... ça s’arrête où votre délire ?
"Le marché pour montrer la direction à suivre", tu veux dire pour la prochaine nano seconde ?
En fait le marché que tu décris c’est un peu Dieu. Plus besoin de citoyens, de réflexion, de politique... y a-t-il des rituels, des sacrifices à effectuer ?
Pinochet a sauvé le Chili c’est bien connu. Ce serait drôle si c’était pas triste.
Les chicagos boys ne l’ont pas laissé tomber il me semble. Il faut croire que la répression politique ne leur posait pas tant de problèmes.
Sans doute un mal nécessaire pour imposer les réformes qui allaient permettre l’épanouissement général. Bon l’épanouissement n’est pas venu... certainement par manque de libéralisation de l’économie...