Chauprade constitue une sorte de cas d’école de la traîtrise en politique, voire de la trahison comprise comme finalité de la politique. Même sur le plan physionomique, il ressemble tellement à ce qu’il est que cela en devient troublant.
Derrière tout ça il y a évidemment la volonté farouche de réintégrer le marais des droitards (les mecs qui ont les idées du FN mais qui tapinent chez les Républicains par manque de courage ou dans l’espoir de pouvoir obtenir une place de député) en offrant le scalp de Marine Le Pen à Fillon en pleine campagne électorale.
Il faut arrêter de dire qu’on ne peut pas interdire une chose et que ça
ne sert à rien de le faire sous prétexte qu’il pourrait toujours
exister une manière de contourner l’interdiction.
L’autre moitié de l’argument c’est de dire qu’en interdisant quelque chose vous le renforcez d’une manière ou d’une autre. C’est en partie vrai pour les questions de mœurs mais aujourd’hui on tend à en faire une généralité dans le but de discréditer ou décourager toute forme de coercition, dans tous les domaines, fut-elle justifiée ou nécessaire. On le voit notamment sur les problèmes de terrorisme ou d’insécurité où cette idéologie libertarienne (ou pseudo-libertarienne) s’est imposée insidieusement depuis une vingtaine d’années, d’abord dans les médias, puis dans l’opinion.
Rien n’empêche techniquement d’interdire la publication des sondages avant une élection. Il y aura forcément des sondages non officiels mais au moins les institutsn’exerceront plus ce rôle de faiseurs de roi. Les gens se désintoxiqueront rapidement de cette drogue dure que sont les sondages quotidiens, réalisés dans des conditions douteuses et sans que l’on connaisse précisément la fameuse méthodes de redressement utilisée par les sondeurs et dont le secret est aussi bien gardé que celui de la formule chimique du Coca-Cola.
C’est bien la preuve qu’il n’y a pas de "petits" candidats a priori.
Je n’utilise pas l’expression "petit candidat" qui est confuse et péjorative.
Ceci étant dit, tout le monde n’est pas Jean-Marie Le Pen. Cheminade, il essaie depuis 20 ans, mais c’est sûrement la faute des médias s’il ne dépasse pas 0,2%. Ca n’a rien à voir avec sa médiocrité intellectuelle, son charisme d’endive et son manque de courage politique (appeler à voter Hollande). A partir de quel moment peut-on le traiter de loser sans avoir l’air de mépriser les "petits candidats" ?
En fait qu’est-ce que cela peut vous faire qu’il y ait deux trotskystes qui représentent objectivement 1% de l’électorat ? Il y a aussi des acariens sur votre banquette.
Les acariens ne font pas de politique ?
Vous ne songez pas à une chose : le fait qu’il y ait deux trotskystes qui représentent objectivement 1% de l’électorat est justement un rappel régulier du fait que les Français ne veulent pas du trotskysme, tandis que si ces militants étaient interdits ou empêchés de se présenter, les trotskystes pourraient imaginer (dans leur tête de fous) représenter 30 ou 60 % de la population et - qui sait ? - trouver légitime de prendre le pouvoir par les armes.
Raisonnement alambiqué... il y a deux trotskystes parce qu’ils profitent encore de complaisance au sein des pouvoirs publics et de certains partis politiques où les anciens trotskystes occupent encore de nombreuses places. La seule raison pour laquelle les deux (pas un seul) trotskystes se sont qualifiés, c’est pour emmerder Mélenchon à la marge car il a refusé de laisser le champ libre à Hamon. Rien à voir avec une saine représentativité démocratique.
A ce moment-là il faudrait aussi avoir des royalistes histoire que ces derniers puissent vérifier à quel point ils sont minoritaires dans l’opinion. Mais eux n’ont plus personne dans les réseaux de pouvoir (sinon quelques banquiers et haut-fonctionnaires qui font profil bas).
Il n’existe aucune règle, si bonne soit-elle, qui garantisse d’exclure toute possibilité de résultat insolite ou absurde dans une proportion limitée.
Soit, ça ne veut pas dire pour autant qu’il faille renoncer à améliorer le système existant en le rendant par exemple plus transparent, en interdisant par exemple la possibilité de récolter 150 ou 200 signatures en une semaine, à 8 jours de la clôture... Je dis ça, je dis rien, hein.
Il faut choisir en politique la moins inefficace et la moins injuste des méthodes et non se plaindre des inconvénients de telle ou telle (il y a toujours des inconvénients).
Mais c’est précisément ce que je fais. Quand les gens en auront assez de voir les gueules de Cheminade et de Poutou à 0,2%, ils accepteront sans broncher le passage au bipartisme ou tripartisme.