Les associations anti-racistes ne resteront crédibles que si elles se cantonnent dans leur rôle, à savoir dénoncer le racisme, le vrai, à savoir le rejet ou la haine d’individus sur base de leur race.
Ici on est dans un contexte très différent, celui du contrôle de la parole, de la pensée ; leur but est d’empêcher le débat sur un sujet qui bien que concernant des catégories ethniques, n’a pas pour but (direct) de porter atteinte à l’intégrité d’une catégorie ethnique tout entière mais plutôt de cibler un problème sociologique. Zemmour, comme une majorité des citoyens, dénoncent le fait qu’il y a proportionnellement plus de délinquants chez certaines populations immigrées.
Cibler une population criminogène est indispensable si on veut réduire efficacement la criminalité et la délinquance, donc toute forme de violence.
Il est donc capital de cesser de se voiler la face. Mais au-delà de ce constat, partagé par de nombreux juristes (magistrats et avocats) qui fréquentent les palais de justice, il y a lieu d’analyser les causes de ce phénomène. Et c’est probablement là que le bât blesse, car il faudra bien alors en venir à mettre sur le banc des accusés des déterminismes sociaux, culturels, religieux.
Peut-être faudra-t’il également s’interroger dans certains cas sur les procédures ? N’y a-t’il pas des causes conjoncturelles (impact d’une politique trop répressive à un moment donné) ou structurelle (racisme latent chez différents acteurs du monde judiciaire) au fait qu’il y ait autant de noirs et de musulmans derrière les barreaux ?
Aux Etats-Unis on reconnaît aujourd’hui s’être trompé dans de nombreux cas, en ce compris le résidents du couloir de la mort. L’ADN a permis de disculper des noirs condamnés injustement par une justice raciste et expéditive. Des nominations de procureurs noirs, la remise en cause du "plaider coupable" ou des marchés contractés par un criminel avec le procureur ont souvent été la cause de nombreuses erreurs.
Comme on peut le constater, le fait d’éclairer un phénomène ethnique peut évidemment entraîner des conséquences en terme de haines inter-communautaires, mais on peut également imaginer que ça permette également de chercher et, on peut rêver, quelquefois trouver des solutions positives en mettant le doigt sur les causes réelles des problèmes et en contraignant les responsables (du monde juridique ou du milieu criminogène) à se remettre en question.
En se taisant, aucune chance qu’une évolution favorable puisse se produire. On ne pourra que continuer à regarder passivement le sang couler dans le caniveau.