Mais c’est un fait divers classique, un viol aggravé du fait de la toute puissance du violeur, si les faits finissent par être confirmés. Tout le tintamarre d’une certaine "caste parisienne" -comme l’appelait récemment Rachida Dati sur Canal- en vue de focaliser l’attention sur cette fameuse et bien pratique présomption d’innocence, n’a pour unique but que de gagner du temps jusqu’à ce que la justice des riches harcèle la victime, la tourne en bourrique jusqu’à ce qu’elle finisse par commettre une erreur, un faux pas qui permettra d’obtenir l’acquittement.
C’est du déjà vu, sauf que chez nous tout se passe derrière l’opacité des murs des palais de justice. La présomption d’innocence, le secret de l’instruction et, in fine, l’interdiction de commenter une décision judiciaire permettent une totale étanchéité entre le milieu judiciaire et les citoyens. Il est donc beaucoup plus aisé d’étouffer une affaire dès lors qu’elle s’oriente vers des notables.
Il subsiste toutefois un indice qui permet de subodorer un fonctionnement déficient de la justice quand des notables sont disculpés mais qu’on cesse de chercher ailleurs les vrais coupables.
Disculper mais ne plus chercher ailleurs, c’est troublant, comme disait Bigard à propos du 11 septembre.