• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV Mobile


Commentaire de Éric Guéguen

sur Passage de Jean Robin à Ce soir ou jamais le 24 mai 2013


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

Éric Guéguen Éric Guéguen 27 mai 2013 17:01

@ Jean Robin :
---------------------
Je m’y colle à mon tour, en toute objectivité... c’est un peu long, mais ça pourra plaire.
Vous avez eu l’insigne honneur de vous produire sur le plateau de Taddéï. Fort bien. Il n’était pas évident de faire entendre une voix discordante, et il faut bien admettre que ce genre d’émissions télévisées ne se prête définitivement pas au débat de raison. Tout juste peut-on avoir le droit à quelques extraits de la "pensée" de chaque invité, assortis de bons mots (YouTube oblige).
Cela dit, et en dépit de vos mérites personnels, vous êtes, selon moi, passé à côté d’une belle occasion : celle de démasquer véritablement l’hypocrisie.
Cet échec tient à une posture que vous avez et qui joue en votre défaveur : de la même manière qu’un Soral n’est plus crédible lorsque le mot "juif" apparaît dans chacune de ses phrases, de la même manière vous ne l’êtes plus non plus lorsque le mot "gauche" s’insinue dans chacune des vôtres. C’est une vraie obsession.
Or, le véritable ennemi, c’est bel et bien l’hypocrisie. Et s’il se trouve - nous en serons d’accord je pense - que la grande majorité des hypocrites de notre époque sont effectivement de gauche, et revendiqués tels haut et fort, on peut difficilement être pris au sérieux lorsque l’on vient sur un plateau télé en commençant par annoncer la couleur : "je suis ici au nom des valeurs de droite et pour casser de la gauche". Ainsi auriez-vous dû vous attaquer concrètement à l’hypocrisie et - soyez-en assuré - les téléspectateurs auraient, d’eux-mêmes, fait la jonction avec des "idées" défendues de nos jours à tort et à travers par la gôôôôche et son prêt-à-penser.
-------------------
Vous ergotiez sur Jaurès, Ferry, Blum et consorts, avançant que chacun d’eux était "raciste". Si vous entendiez par "raciste" le fait de croire en l’existence des races, ils l’étaient. Si vous vouliez signifier par là qu’ils croyaient en l’existence et la suprématie d’une race NATURELLEMENT supérieure aux autres, je ne crois pas que l’on puisse affirmer qu’ils étaient "racistes". Lorsque Ferry prononce sa fameuse phrase, il parle d’un point de vue culturel, civilisationnel... et progressiste ! Pas d’un point de vue naturel. C’est désobligeant pour ceux qu’il perçoit à l’époque comme des sauvages, et ça lui serait rigoureusement interdit aujourd’hui, mais ça ne fait pas de lui un raciste au sens où on l’entend d’ordinaire, à savoir relativement à un patrimoine génétique. Et c’est précisément pour remédier à cette supériorité TEMPORAIRE de la race blanche sur les autres que Ferry plonge la France dans le colonialisme - grande œuvre de gauche (ÇA, en effet, c’eût été à rappeler).
-----------------
Voici maintenant, de mon humble point de vue, comment il aurait fallu débusquer la canaille et l’hypocrisie galopante sur ce plateau de tartuffes (je vous accorde bien volontiers que c’est toujours plus simple a posteriori et de chez soi) :
La scène du crime rassemblait, pêle-mêle, outre vous-même :
- Un sociologue, digne de son titre et béni-oui-oui au possible : son petit couplet sur les liens entre tests génétiques et police nantaise a au moins permis de le démasquer rapidement ;
- Une descendante d’esclave portant, à l’instar de Bouteldja ou feu Aounit, le ressentiment historique sur son visage : à chaque fois, pour ma part, j’arrive à percevoir les galères, les chaînes et la canne à sucre dans le blanc de ses yeux ;
- L’homme-femme de service qui vient nous chanter les bienfaits du sexe interchangeable et ad libitum ;
- Une romancière infoutue de distinguer Simone de Beauvoir d’Élisabeth Badinter, alors que c’est quand même sa partie et que c’est à peu près tout ce qu’on lui demande ;
- Enfin, un acteur bon teint qui, entre deux répétitions, redescend sur terre pour respirer l’air de la plèbe.
---
1er débat : l’emploi du mot "race". Aucun, sur ce plateau - à part le monsieur diminué qui est venu s’asseoir à vos côtés - n’a été capable de dire qu’il s’agissait d’un "taxon", élément de classification pour attester de la variété au sein d’une "espèce" (autre taxon, supérieur au premier). Il y a ainsi UNE espèce humaine, et PLUSIEURS races au sein de la même espèce. Races non figées puisque, contrairement aux animaux, nous avons la possibilité de faire en sorte qu’elles s’éteignent toutes, par exemple... en légiférant pour imposer le métissage. Néanmoins, si la femme d’Éric Fassin lui donne un enfant de type africain, je doute fort - et je me serais permis de le lui dire, histoire de faire le "buzzz" là-dessus - qu’il l’aurait bien pris. Il aurait pensé que son épouse se foutait de sa gueule, et telle aurait pu être la réponse de la dame : "Mais non mon chéri, tu es pétri d’a priori, il n’y a pas de races, c’est simplement le fruit du hasard !" Ce que j’entends par là, c’est que les personnes véhiculent génétiquement un certain patrimoine en fonction de leur provenance, patrimoine qui, s’il n’est pas définitif, atteste de la diversité humaine, diversité qui ne se cantonne pas à la couleur de peau ! Lorsque je croise tous les matins dans le RER une femme de type africain (pour ne pas dire "de race noire"...) albinos, elle a beau avoir ma couleur de peau, je sais que ses parents sont noirs et viennent d’Afrique, c’est ainsi.
Donc pour celles et ceux que le mot "race" incommode - et c’est compréhensible puisque ça sonne teuton (eh oui, ça joue !) et que l’on réserve d’ordinaire ce terme pour les animaux domestiques - il reste les mots "sous-espèce" (pas très joli), "variété" (comme pour les plantes) ou pourquoi pas "cassoulet", histoire de montrer combien le signifiant a peu de poids et n’oblitèrera jamais - sauf par des procédés orwelliens, le temps aidant - le signifié auquel il renvoie.
Pour celles et ceux qui invoquent le 0,1% de différences génétiques au sein de l’espèce, notons que l’aspect quantitatif peut aussi être rappelé concernant le petit 1% qui, génétiquement, sépare l’homme du singe.
Jamais on ne luttera efficacement contre un mal en refusant l’objet de son dégoût et l’emploi même du mot qui le caractérise, ja-mais.
La faiblesse (ou paresse ?) intellectuelle des hypocrites sur ce plateau consistait en fait à voir dans la distinction de races le premier pas vers leur hiérarchie. Pour éviter la seconde, condamnons donc a première !
Les races NON, les ethnies, OUI.
---
2e débat : la dame virile qui se fait un devoir d’en finir avec le conformisme social, "les petites filles en rose et les garçons en bleu".
Bis repetita placent ! Cette fois, ce n’est plus le mot "race" qu’il faut vomir, c’est le mot "sexe" - pas dans tous ses usages, bien sûr, et il faudra y revenir lors du dernier débat opposant deux fumeurs de joints sur le retour.
Bref,ce personnage (Elle ? Lui ? On ne sait plus du coup, mais c’est sûrement l’effet escompté !) est la/le représentant(e) de la fameuse théorie du "genre". Et le "genre" est au "sexe" ce que l’"ethnie" est à la "race". Autrement dit, d’ici 10 ans, certain(e)s parlementaires demanderont à ce que soit banni à son tour le mot "sexe" de la plupart des textes législatifs et administratifs.
Au passage, Huster a tenté de faire copain avec l’homme-femme en prétextant qu’en tant qu’homme, il avait toujours joué à la poupée... ce que son vis-à-vis a très mal pris (Poupée ? Façon DSK ?... Tout ça...). Eh oui Francis, il faut marcher sur des œufs avec ces gens-là, tu leur donnes un doigt, ils te bouffent le bras !
---
3e débat : celui sur la langue, passé un peu à la trappe alors qu’il me semblait être le plus fondamental. L’occasion, au moins, pour Huster de redorer son blason en s’en prenant à Claude Hagège, cible plus facile que Monsieur... que Madame... bon, que Messieurs-Dames.
---
4e débat : nos fumeurs de joints !
Et voilà qu’arrive Isabella Rossilini et un entomologiste n’ayant, l’un comme d’autre, d’autre dessein que de nous faire prendre conscience à quel point les insectes étaient vicieux, du moins concupiscents, et à quel point donc, nous autres, glaise humaine, pouvions sans crainte assouvir nos désirs les plus érotiques en conformité avec Dame Nature. Point d’orgue : l’homosexualité étant répandue au sein du monde animal, voilà le meilleur argument pour faire taire les homophobes de tous poils, car, comment reprocher à quelqu’un ce que la nature elle-même, et de son propre chef, lui a légué en partage ?
-----------------
Apothéose :
... J’en viens ainsi à ma conclusion, celle que j’aurais formulée, je pense, lorsque Taddéi m’aurait donné la parole pour la dernière fois :
On vient nous dire que la "race" est moisie, parce que la "race" est naturelle, donc dangereuse, inamicale et contraire à la libre volonté des individus de choisir la plénitude de leur identité.
On vient ensuite nous dire que le "sexe" est pourri, parce que le "sexe" est naturel, donc dangereux, inamical et contraire à la libre volonté des individus de choisir la plénitude de leur identité.
Enfin, cerise sur le gâteau, on vient nous dire que le sexe libertaire et les pratiques érotiques les plus tordues sont les bienvenues... cette fois-ci parce que tous "les goûts sont dans la nature".
Au finale, l’hypocrisie moderne fait son marché, invoquant la nature et la repoussant quand bon lui semble, au gré des conflits idéologiques du moment. Voilà ce qui s’appelle se foutre ouvertement de la gueule du monde.
Alors peut-être qu’au final les gens de gauche se seraient sentis davantage visés par ce troublant aveu d’incohérence mentale, qu’importe.
Vous aviez moyen, Robin, de bousculer tous ces pleutres, ces veaux de la pensée, ces gens suffisants qui respirent la bêtise la plus crasse qui soit. Et vous avez préféré intenter un procès à la gauche.
Bien dommage d’avoir serré des pieds, des mains et que sais-je encore pour en arriver là.
EG


Voir ce commentaire dans son contexte





Palmarès


https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/