@ Machiavel1983 :
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Pour commencer, voici une petite citation de Strauss, qui m’est chère :
"Il est plus prudent d’essayer de comprendre ce qui est bas à la lumière de ce qui est élevé que de comprendre ce qui est élevé à la lumière de ce qui est bas. En procédant de cette dernière manière, on déforme nécessairement ce qui est élevé, tandis qu’en suivant la première on n’enlève pas à ce qui est bas la liberté de se révéler pleinement tel qu’il est".
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L’homme est un être naturel, Machiavel, personne ne peut le nier. Or, il se comporte aujourd’hui comme s’il était autocréé. Et vous venez me dire : "puisqu’il se comporte comme tel, c’est donc qu’il l’est, bienvenue dans le monde réel, Éric Guéguen". M’est avis qu’un renard déguisé en cochon n’est jamais qu’un renard.
Ainsi, comprendre l’homme tel qu’il est réellement nécessite d’avoir recours à ce qu’Aristote appelait la phronesis, la sagacité, et peu importe que celle-ci ne soit pas universellement partagée au même degré. Chaque animal DOIT accomplir au mieux et par-dessus tout ce qu’il SAIT faire ici-bas. Dans le cas de l’homme, c’est l’exercice de la raison, qu’il le veuille ou non, et je n’ai pas besoin d’équations différentielles du second degré pour l’affirmer.
En tant qu’être de nature, l’homme conserve une part de soi qu’il ne connaît pas, qui ne lui est pas spontanément accessible (malgré Darwin, Einstein, Schrödinger et consorts)... et qu’il refuse de prendre en compte depuis des siècles. D’où la crise actuelle (je ne parle pas de la crisette économique dont je me fous pas mal, vous l’aurez compris). Il est ainsi devant une alternative : soit il est le fruit du hasard naturel et comporte donc un certain attachement au finalisme, à l’instar de n’importe quel autre animal ; soit il a destin particulier qui lui est assigné - ne serait-ce que du fait de pouvoir se donner à lui-même une seconde nature - et, dans ce cas, une intelligence autre que lui-même est intervenue. Dieu.
L’homme moderne a congédié ET la nature, ET Dieu. C’est un fait. Mais il ne s’agit pas du monde "réel". L’homme se ment à lui-même, il est renard et se voit cochon. Machiavel - le vrai - lui, SAVAIT les hommes renards, mais ils les VOULAIT cochons.