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Commentaire de Miroreur

sur La gouvernance mondiale coordonnée de Michel Drac


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Miroreur Miroreur 4 septembre 2014 15:57

Concilier l’idée d’une gouvernance mondiale avec des nations souveraines implique par définition que ces dernières abandonnent tout un pan de cette même souveraineté. J’ai la désagréable impression que dans les mouvances où il gravite, seul Drac l’a compris, et qu’effectivement, il ne peut pas le dire sans risquer de perdre ses lecteurs natio-complo-identitairo-survivalo-...istes 

Je vais prendre un exemple simple : dans ma famille quelqu’un a une grande propriété à la campagne. Une bonne quarantaine d’hectares de forêt. Quand vous avez une telle propriété, vous êtes astreints à établir un plan de forrestation assez complexe comme j’ai pu m’en rendre compte quand il me l’a présenté. Tout doit y être consigné : parcelles par parcelles vous devez détailler chaque lieu en indiquant les espèces d’arbres, devez fournir un plan très détaillé de votre propriété, etc. Mais ce n’est pas tout : vous devez également annoncer ce que vous allez abattre comme bois dans les 20 prochaines années. 
Autrement dit, vous ne pouvez pas faire ce que vous voulez alors que vous êtes chez vous. Et encore heureux ... puisque non seulement cet espace ne vous appartient que temporairement, mais en plus il est en interaction avec ceux alentours. 
Je pense qu’il en va de même à l’échelle de la planète à ceci près qu’il y a d’immenses espaces (les eaux internationales, le pôle sud) qui n’appartiennent à personne. On pourrait me dire que "non, ça nous appartient à tous", ce qui revient au même, la réalité étant que notre responsabilité individuelle se dilue dans l’océan et cela donne le "pas responsable donc pas vraiment coupable" et explique qu’une bâteau de pêche immense peut racler les fonds marins et tout détruire sans qu’aucune loi ne le condamne. 

Les conséquences de cette dilution de responsabilité et de l’assujettissement de la nature aux intérêts d’une poignée de particuliers sont dramatiques, outre les inégalités hallucinantes que cela provoque (85 personnes qui à elles-seules possèdent plus que la moitié de l’humanité). Une nation souveraine comme le Brésil ou l’Indonésie peut décider (ou plutôt laisser faire selon les seuls intérêts du marché) sur son sol de raser l’intégralité de la forêt pour la remplacer par des champs de canne ou de palmiers. Cette décision, bien que relevant de la souveraineté nationale, aurait (a déjà) des conséquences pour l’ensemble de la planète : en clair, tous nous asphyxier à petit feu à court terme. 
Aussi, il est évident que face à cette menace bien concrète et qui se précise à chaque minute qui passe, seule une entité mondiale dégagée des intérêts particuliers des nations, des personnes qu’elles soient physiques ou morales, pourrait enrailler les processus en marche qui nous mènent à notre propre destruction, sans compter celle des millions d’espèces sur lesquelles nous nous sommes arrogés un droit de vie et de mort. 
Et pour se faire, cette entité (je garde le nom de NOM car il est pertinent même si ceux qui y oeuvrent sont des criminels) devra mettre un terme à un certain nombre de pratiques à l’origine même de cette catastrophe. Cela ne peut se faire que par la contrainte et cela va bien au-delà de savoir si on peut ou pas chasser la baleine : Contraindre les nations à appliquer les mêmes conditions de travail partout, la même fiscalité, la même monnaie, les mêmes taux d’intérêt, interdire la spéculation sous TOUTES ses formes, soumettre à un cahier des charges draconien toute centrale de production d’énergie, toute usine, toute extraction de matière première, démanteler l’intégralité des 400 et quelques centrales nucléaires, contraindre les industriels à produire utile et proprement, établir un véritable droit international incluant monde le minéral, végétal, animal, obliger à rationaliser le transport (en clair, obliger à produire local pour une consommation locale), obliger chaque nation à gérer ses déchets existants et les industriels à ne plus produire qu’exclusivement des biens intégralement biodégradables, interdire toute industrie polluante (air, mer, sol, et même l’espace), garantir les mêmes droits et devoirs entre les individus sur toute la planète (hommes et femmes ...), interdire la production d’armements, internationaliser et rendre libres et gratuits tous les moyens de communication ...

Atali a raison : nous irons quoi qu’il arrive vers ce NOM, à la place de la guerre ou après (ou encore après une catastrophe majeure planétaire). Evidemment personne, à part l’hyper-classe, ne veut d’un NOM entre les mains de cette élite actuelle car tous savent qu’ils ne feront que défendre leurs intérêts propres.
Toutes les idées sont bonnes à prendre mais malgré les railleries habituelles et les exemples sensés démontrer que c’est une idéologie fondamentalement meurtrière qui serait à l’origine de 100 millions de morts, il n’y a, selon moi (et je ne suis pas seul, partout sur la planète des gens le pensent aussi) qu’un seul système est capable de répondre à ce qui sera le plus grand défi de l’humanité dans les décennies à venir.


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