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Commentaire de Miroreur

sur 10 heures de marche à New York en tant que femme


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Miroreur Miroreur 31 octobre 2014 09:48

"D’où vient cette vidéo de haine" ...

"Le féminisme a détruit le rôle de l’homme galant .."

Premièrement ce genre d’expérience révèle une réalité assez navrante pour ces hommes (la frustration en l’occurrence de ne pas baiser ou de ne pouvoir baiser que des p... - bonjour l’image de la femme - en attendant de pouvoir se marier avec une fille bien que l’on a choisi pour eux). 
A NY comme à Paris cette situation est parfaitement reproductible : vous avez des rues de Paris où une femme (et j’hallucine quand je lis que celle de la vidéo est habillée de façon provocante : jean et t-shirt ?!? elle ne porte pas la robe de Mireille Darc ou le string par-dessus le futale façon Britney ... faut arrêter de délirer les mecs), même habillée sobrement va se faire interpellér à chaque fois qu’elle passera devant la terrasse d’un café, ou devant chaque porche d’immeuble où squattent des jeunes hommes qui ne font rien de leurs journées. 
Comme dit par ailleurs, la drague n’a rien à voir avec ces interpellations dont les auteurs savent très bien qu’ils n’auront aucune réponse (une étude de la motivation de ces interpellations serait interessante). Je connais peu de femmes qui répondraient à un "hé mademoiselle" lancé agressivement par un groupe d’hommes ... Souvent on entend fuser (après que la femme ait poursuivit sa route sans se retourner) des "vas-y fait pas ta re-sta chérie" (pour le plus soft). 
Certains appellent cela de la drague, parviennent à transformer ce comportement en "compliment"... en réalité c’est juste - c’est mon leitmotiv - un manque d’éducation criant souvent couplé à une vision de la femme nécessairement soumise. Dans une telle situation la femme est coincée : soit elle répond à l’invective (et c’est une pute), soit elle n’y répond pas (et c’est une pute qui se la joue).
Dans ces "hé mademoiselle", il y a la frustration (celle de savoir qu’ils n’ont aucune chance, sauf effectivement avec des filles faciles - et encore ... - ce qui conforte leur idée qu’"elles sont toutes des tasspèch" comme une chanson de rap des années 90 le serinait à chaque refrain), un mode d’éducation défaillant, le tout enrobé d’un bagage culturel distinguant à l’avance la personne vertueuse (la femme soumise, voilée, qui ferme sa gueule en gros) de la pute (celle qui ose porter une jupe, qui a le malheur d’être un peu plus désirable que les tromblons avec lesquelles ils devront faire leur vie que cela leur plaise ou non). Dés lors que la catégorisation est faite, dans le second cas tout devient permis. C’est ainsi que de nombreux "jeunes" poissés dans des tournantes expliquent que la fille le voulait (ou à laissé croire qu’elle le voulait) et que donc c’est de sa faute. Et le pire c’est qu’ils ne ressentent aucune culpabilité.

On peut critiquer les mécanismes du féminisme à la lumière du marxisme et en dégager des conclusions parfaitement valides (qu’il s’agit d’une horizontalisation d’une lutte factice pour masquer celle verticale bien réelle des rapports de classe) tout en admettant que les choses ont radicalement changé ces dernières décennies et qu’une certaine partie de la population, des jeunes hommes surtout, ont développé une animosité envers l’autre sexe qui n’a plus rien à voir avec de la drague. Comme dit plus bas, nous avions une tradition de la galanterie qui n’est absolument pas partagée par certaines populations dont le modèle traditionnel rentre en contradiction directe avec le reste de la population qui ne s’y soumet pas (en l’occurrence toutes les femmes dont on juge des bonne moeurs de part leur accoutrement et que l’on condamne en fonction de ses pré-supposés).

J’ai l’impression, à la lecture de toutes ces remarques, que la lutte anti-féministe est devenu l’alibi parfait pour ne pas regarder la réalité sociologique en face.

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